Ce matin hélas, je n'ai pu trouver en kiosque mon "Aujourd'hui Sport" que j'avais pris l'habitude d'acheter en compagnie d'un exemplaire de l'Equipe. Je vais faire 50 centimes d'euros d'économie, mais je le regrette. "Aujourd'hui Sport", c'est fini.
C'est d'autant plus triste que le ton de ce quotidien de sport rompait un peu avec le saint traitement de l'actualité sportive par l'Equipe. Sans compter les pages cultes signées BRL, Bretagne, Sitruk, et les signatures de petits jeunes qui montent Tésorière ou Salvaudon (humilié par mes soins en débat loyal sur I télé :)...) et tout plein d'autres talents encore.
Dommage que cette expérience, née à l'origine pour flinguer le "10 Sport" de Michel Moulin s'arrête là. Dommage que tout cela manque d'audace. Dommage, car ce quotidien sportif aurait pu rattraper les lecteurs qui désertent l'Equipe ces derniers mois, pour ce quotidien plus insolent, plus nerveux, qui aurait pu devenir un Charlie Hebdo du sport bien informé, et qui était bien né entre les mains de Karim Nedjari.
Dommage.
Il a 20 ans et est devenu la vedette d'une sorte d'affaire d'Etat politico-sportive qui a pris des proportions démesurées.
Rappel rapide des faits: membre de l'équipe de France de rugby en tournée en Nouvelle-Zélande, Bastareaud a justifié l'apparition de traces de coup sur son visage en expliquant qu'il avait été agressé à Wellington par plusieurs individus. La police néo-zélandaise ayant enquêté, il est apparu que Bastareaud avait menti. Il a donc délivré une nouvelle version de l'histoire, prétendant avoir heurté sa table de nuit à l'hotel. Le problème, c'est que le Premier ministre néo-zélandais avait déjà présenté des excuses au nom de son pays auprès de la FFR, et que suite à cette implication inattendue, les instances du rugby français et international ont demandé des comptes au malheureux Bastareaud exigeant punition, sanction et tout le bastringue et son train. Le maire de la ville de Wellington a demandé des excuses lui aussi, et toute la presse s'est emparée de l'affaire. Ajoutons pour être complet qu'il semblerait que l'histoire de la table de nuit ne soit guère plus crédible que la première, et qu'il s'agirait plutôt d'une histoire de bagarre entre joueurs suite à une 3e mi-temps où les esprits se seraient échauffés.
Hier, Bastareaud a été hospitalisé suite à cette affaire pour de graves troubles psychologiques selon son président de club, Max Guazzini qui en a profité pour s'en prendre à "l'acharnement de la presse contre un garçon de vingt ans. Des journalistes sont allés jusqu'à son domicile et à celui de ses parents. Il est complètement anéanti, il faut le laisser tranquille".
Bilan: un jeune homme de 20 ans dans une situation compliquée qui pourrait avoir de graves répercussions sur sa carrière pour une histoire qui au départ est ... sans aucune importance. Imaginons qu'il ait voulu couvrir le fait que ses stigmates soient le résultat d'une bagarre entre joueurs. Il n'imaginait pas que la police néo-zélandaise ferait du zèle, que le gouvernement de ce pays s'en mêlerait, que la FFR, l'international board et compagnie exigeraient ensuite une punition exemplaire et que la presse se passionnerait pour une histoire sans aucun intérêt autre qu'anecdotique.
Bastareaud est victime de cette gangrène qu'est devenue la peopolisation et qui s'attaque depuis peu au sport.
Cette peopolisation est un piège terrible pour les sportifs. D'une part elle se part du masque de la transparence journalistique pour justifier l'investigation par la presse d'un champ de la vie des sportifs qu'elle n'avait jamais exploré jusque là, c'est à dire tout ce qui se passe hors du terrain; d'autre part, elle impose à ces mêmes sportifs le fameux devoir d'exemplarité qui les transforme de fait en hommes de communication qui se doivent d'être parfaits et lisses en tout because ils sont aussi les ambassadeurs de leur sport et de ses valeurs, comme on dit de nos jours. Le problème, et cela vaut pour la FFR dans cette affaire, c'est que les fédérations sportives ne tiennent absolument pas compte de cet environnement nouveau et se comportent comme des amateurs. Dans le cas de Bastareau par exemple, il est patent que les responsables de l'équipe de France n'ont pas su maitriser l'événement à ses débuts, ce qui les a contraints à en rajouter par la suite, comportement aussi inutile que bêtement dévastateur.
Bastareaud est l'une des premières victimes de la tenaille people. On exige de jeunes sportifs une tenue et un comportement digne du Président des Etats-Unis avec la com' qui va avec, alors qu'ils ne sont pas absolument pas préparés à le faire. C'est aussi bête que disproportionné, voire démesuré. Quand on pense que Gasquet risque de voire sa carrière brisée pour quelques grammes de coke sans conséquences sportives sur ses performances, on rêve!
Les responsables du rugby français feraient mieux aujourd'hui d'aider Bastareaud à surmonter cette épreuve plutôt que de le menacer stupidement de mille sanctions; et nous, journalistes, devrions lui lacher la grappe pour mieux réfléchir aux conséquences de certains de nos actes enfantés par notre frénésie de faire du people qui vend du papier et attire auditeurs et téléspectateurs. Et le grand public aussi devrait s'interroger. Chers lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, vous qui êtes les premiers à juger que la presse dérape, c'est bien parce que le public, donc vous même, est au rendez-vous non? Internautes compris.
Coupet au PSG, c'est fait... C'est bien... Il rejoint Makelele, Giuly, Rothen (encore là pour le moment... d'ailleurs où peut-il aller?) et compagnie... Et peut être Viera aussi... Pourquoi pas après tout... Disons le tout de suite au PSG, Pirès lui, sera libre l'an prochain et il n'aura que 37 ans...
Ainsi va la vie. Le club des plus hautes ambitions n'a plus d'autre ressource que de tenter d'inventer l'avenir avec du passé. En 2009/10, on va demander à des poilus de 14 de gagner la guerre du Golfe. Forcément, tactiquement, techniquement, ça risque d'être un peu compliqué, mais comment faire autrement? Le PSG n'est pas européen, il est dirigé par un fantôme à la recherche d'un homme de paille, il n'inspire confiance à personne. Quel joueur jeune et de haut niveau pourrait avoir envie de venir dans un club pareil? Si Ronaldinho avait aujourd'hui 20 ans, il signerait à Nice, Lorient, Le Mans, mais surtout pas au PSG.
Le PSG désormais, c'est un petit club de retraités peinards qui finissent tranquillement leurs carrières et imposent aux quelques jeunes qui restent leur zizique dans le vestiaire et des amendes selon le bon vouloir de sa majesté Makelele. Et avec Coupet, grand joueur, mais pépé flingueur du football (cf les accrochages avec Ben Arfa et Benzema à Lyon) l'ambiance déambulateurs et soins va monter en intensité.
Je sais ce que qu'on va me dire: "que le PSG a fait une bonne saison et patati et patata", et aussi que: "Nous les supporters, nous avons été plus fiers de notre équipe que l'an passé", d'accord, très bien, je suis bien content pour ceux qui sont contents et qui s'en contentent. Mais les autres, les lucides, ne peuvent qu'être attristés par cette lente descente du PSG aux enfers du football.
Il y a dans cette situation quelque chose d'irrémédiable qui désespère l'amateur et supporter de football. On va vers le pire en sachant que c'est inévitable tel le Titanic dans les films.
Cette note ne fera pas avancer le schmilblick, j'en suis bien conscient. De toutes façons, comme le faisait dire Audiard à certains de ces personnages: "Je balance pas, j'évoque..." moi je dis: "Je balance pas, j'invoque..." En vain...
Me préparant à participer ce soir à 18 heures sur I télé, à l'excellente émission "Sports et news", réservée aux accros de "l'appétence et de l'expertise" sportive, j'ai parcouru ce matin la liste des transferts opérés, attendus, probables, hypothétiques en rapport avec notre chère Ligue 1.
Cette lecture m'a déprimé.
Pour le moment, le plus gros transfert prévu et connu est celui de Gourcuff et il va en couter 15 millions d'euros aux Girondins de Bordeaux. 15 millions d'euros? Seulement? Donc un Ronaldo vaut six Gourcuff? ou un Kaka quatre Gourcuff?
Le meilleur joueur de Ligue 1 vaut six fois moins que le meilleur joueur de Premier league?
Bien sur que non me direz-vous... Sauf que ces chiffres traduisent une réalité économique: l'écart budgétaire se creuse de plus en plus entre les clubs anglais, espagnols et italiens et les clubs français. Et cette situation conduit à en conclure que l'écart sportif va encore se creuser davantage d'ici quelques années. Un club tricolore ne pourra plus jamais gagner la Ligue des Champions désormais, sauf miracle. Quand on pense que Benzema, même signé et re-signé à Lyon est encore courtisé par Manchester United et Sir Alex les poches pleines des euros madrilènes...
Que faire, mon Dieu que faire? Platini où es tu? Que fais tu?
La guerre de Succession qui se déroule chaque jour sous nos yeux ébahis est en train de miner l'OM pour longtemps et les dommages collatéraux causés par l'arrivée (ratée) de Jean-Claude Dassier sont désormais plus que difficilement réparables.
Au centre du conflit se trouve José Anigo. Le bras droit de l'ex-président Diouf est devenu incontournable comme on dit, because il est le dernier relais entre les supporters et la nouvelle direction du club. Le problème c'est que Deschamps a suggéré à Dassier le recrutement de Bernès (celui-là, j'ai eu affaire à lui en 1990 au temps de sa splendeur et je garde depuis le souvenir d'un personnage odieux, mal élevé et grossier) ce qui a eu pour effet de braquer immédiatement Anigo contre Deschamps vu que Bernès serait venu (en gros) pour lui piquer sa place. Du coup, effrayé à l'idée de perdre Anigo, donc les supporters, tout puissants à l'OM, Dassier a renoncé à Bernès, ce qui ne peut que contrarier Deschamps.
Résultat des courses: Anigo en veut à Deschamps qui en veut à Dassier. Le tout sous l'oeil inquiet de l'instigateur de la chute de Diouf, Vincent Labrune, qui ne s'attendait pas à un début aussi cafouilleux alors qu'il avait habilement mené sa barque jusque là.
Le triumvirat Dassier-Anigo-Deschamps ressemble à celui qui formèrent à Rome César-Crassus-Pompée. Cela finira tout pareil, et pour les trois, et quand je dis ça, je parle au sens figuré, j'imagine mal les uns et les autres gavés d'or fondu sur la pelouse du Vélodrome, décapités sur une plage du Prado ou lardés de coup de couteaux dans les couloirs de la commanderie.
PS: dans mes archives, j'ai retrouvé une photo de Vincent Labrune prise dans la défunte boîte de nuit "la Villa Barclay", photo où il pose en compagnie de Casimir (le vrai)... Si ça intéresse quelqu'un...
Sur le blog de l'excellent Renaud Revel, je découvre que France Télévisions va inviter Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France dans l'émission dominicale de Michel Drucker, juste avant le départ de la Grande boucle 2009.
Cette intervention pose bien des questions.
D'abord, (faut-il le rappeler?) bien des suspicions cernent les victoires d'Armstrong. Dopage, dopage et/ou dopage? Ce qui n'est plus contesté en tout cas, c'est le fait que la victoire de 1999 ne fut pas très respectueuse de l'équité sportive; souvenons-nous des documents publiés par l'Equipe il y a quelques années et qui démontraient que le "champion" n'avait pas mangé que des pâtes et bu que de l'eau claire sur cette épreuve.
Donc, du point de vue de la morale sportive, Armstrong est plus que "douteux".
Par ailleurs, je suis comme vous tous. Chaque année, j'acquitte une redevance qui sert indirectement à financer la télévision publique. Lorsque France Télévisions achète les droits du Tour, c'est avec mon argent, le votre, le notre. Je considère par conséquent comme légitime le droit de me demander si l'emploi de mon argent, le votre, le notre, est conforme à la morale publique.
Tout cela pour vous dire que le tapis rouge que déroule depuis plusieurs mois les responables éditoriaux du sport à France Télévisions m'interpelle rudement.
Bien sur, je sais ce que l'on me répondra (en off) du côté de la télévision publique. "Le Tour, c'est beaucoup d'audience; le Tour sauve la part de marché annuelle de France 2 qui s'effondrerait sans lui; le Tour, c'est de la pub; Armstrong, c'est de la pub pour le Tour, donc tout le monde y gagne"...
Hélas, ce cynisme de l'audimat est aujourd'hui complètement dépassé et inacceptable.
D'abord parce qu'à court terme, la publicité va disparaitre complètement des écrans de la télévision publique. Plus besoin de se livrer à des opérations peu dignes pour raccoler le télespectateur. Voilà pour l'économie.
Ensuite, parce que quoi qu'on en dise, la télévision publique se dégrade à faire la promotion d'un plus que suspect de malhonnêteté, qui n'a jamais reconnu des faits avérés, ni fait de mea culpa. Oui, chanter la gloire d'Armstrong à longueur d'émissions n'est pas digne du service public. Bel exemple en effet que de s'extasier devant les performances d'un tricheur pris au moins une fois, donc une fois de trop, la main de le pot d'EPO! Voilà pour la probité.
On finit par être lassés de ce cynisme, de cette hypocrisie, de cette tartufferie... Lassés de cette complaisance de journalistes du service public, dépositaires d'une certaine forme de morale publique et payés avec de l'argent public pour glorifier des personnages louches à tout le moins... Lassés de cette débauche de la vertu du service public au service d'intérêts privés peu recommandables...
Comme le disait ma grand-mère, gaulliste de la première heure, "Si ça continue, il faudra que ça change!"
Diouf c'est fini et Anigo presque fini... Beaucoup de mes confrères versent des larmes sur la chute dy duo qui depuis quatre ans président aux destinées de l'OM, déplorant que le bilan sportif et financier honorable n'ait pas peser davantage en leur faveur. Ont-ils raison?
Oui et non.
Oui, parce que Diouf rend un club à peu près propre, à peu près sorti des ornières où il avait coutume de s'enliser. La rigueur financière règne là où s'épanouissait auparavant le n'importe quoi à la marseillaise et sportivement, l'OM dispute sérieusement le titre depuis trois saisons, se qualifiant régulièrement pour la Ligue des champions.
Non, parce que l'OM de Diouf a été incapable de gagner un titre; échouant deux fois en finale de Coupe de France et jouant les Poulidors en Ligue 1. Pour un investisseur du niveau de Dreyfus, c'est inacceptable.
Cela dit, qu'il soit aussi permis d'exprimer ici le malaise ressenti face à la campagne menée par Diouf et Anigo ces derniers jours à l'égard de Vincent Labrune, le président du conseil de surveillance du club. Cette campagne orchestrée autour de la thématique "Ce sont les Parisiens qui décident de l'avenir du club marseillais sans respecter le peuple marseillais au mépris des marseillais", cette campagne donc, était tout à la fois démagogique et insupportable.
Pour se sauver à n'importe quel prix, le duo a tenté de jouer sur un registre tribal-OM pas très honorable, et pour tout dire, cela ne sentait pas très bon, surtout lorsque l'on sait que des excités, toujours présents (hélas!) dans le sillage des grands clubs peuvent se montrer prêts à faire n'importe quoi. Les allusions du style "Si Labrune vire Diouf et vient au Vélodrome, ça va chauffer avec le public" étaient à la limite de l'indigne et c'est bien pour cette raison que je m'associerai pas au choeur des pleureuses qui regrettent la chute du duo Diouf-Anigo.
PS dédié à ceux de mes lecteurs qui me reprochent (parfois violemment, on se demande pourquoi) mes pronostics hasardeux: relisez donc ce petit post de janvier 2009, j'y avais tout bon... Mais les internautes sont comme les journalistes, ils ne parlent que des trains qui n'arrivent pas à l'heure...
Débat hier sur I Télevision dans le cadre de "Sports et news", l'émission animée par le sympathique David Vangerder (Sports et news, tous les samedis et dimanche de 18h à 20h). Daniel Riolo de RMC est présent. Moi qui déplore souvent la langue de bois en teck qui équipe le plus souvent les journalistes de sport, je suis ébahi (une fois de plus) par le culot d'acier éditorial de Riolo.
Alors que nous évoquons le combat impitoyable qui oppose Pape Diouf à Vincent Labrune dans les coulisses de l'OM, Riolo annonce sans se départir de son assurance coutumière que si Labrune fait débarquer l'OM, ce sera la révolution au Vélodrome, allant jusqu'à pronostiquer l'impossibilité pour Labrune d'apparaître au stade.
Quelques instants plus tard, tandis que nous sommes penchés sur le cas du PSG et le lancement par Luis Fernandez d'une sorte d'association des supporters mécontents, Riolo annonce qu'il en fera partie, genre "moi aussi je milite". Et le plus incroyable, c'est que ça passe comme une lettre à la poste, même moi, je finis par trouver cette sortie "des clous du journalisme", naturelle, logique, normale.
Depuis hier soir, je me dis que le journalisme est bel et bien en train de muter. Notamment dans le sport où le journalisme à la grand papa est en train de mourir. La langue de bois, les circonvolutions convenues, la complaisance, tout ça c'est en train de mourir. Riolo ou Menès ( et d'autres...) sont en train de dynamiter le genre. Et moi qui suis un fidèle lecteur de leurs blogs, je suis persuadé que la liberté qu'offre internet aux journalistes est un puissant accélérateur de cette nouvelle liberté éditoriale qui s'ouvre à eux... Quand on pense aux journalistes de France Télévisions qui font à Nelson Montfort des procès en pureté journalistique dignes de l'inquisition, on mesure l'avance des Menès, Riolo et autres...
Donc, Riolo a dit tout le mal qu'il pensait de la probable éviction de Diouf à la tête de l'OM. Il a plaidé pour Diouf, son bilan, les trois qualifications pour la Ligue des champions, la place de Dauphin pour cette saison 2008/09... J'ai trouvé son jugement très franco-français, une énième manifestation cocardière du syndrome Poulidor. Combien de titres remportés par l'OM de Diouf? Zéro. Rien. Néant. Deuxième de Ligue 1, deux finales de Coupe de France... Voilà le bilan. Des défaites glorieuses, mais des défaites quand même. Peut-on reprocher à Robert-Louis Dreyfus de vouloir se donner les moyens de contempler enfin le nom de cette équipe en tête des palmarès du football français? Peut-on reprocher à Vincent Labrune dont c'est le rôle de demander des comptes à Pape Diouf? Non et non.
Diouf dit ce dimanche que Labrune "vient du néant". Lors de la nomination de ce dernier à la présidence du directoire, début 2008, il déclarait: "je me réjouis aussi de voir nommé un passionné de football, Vincent Labrune, à la tête du conseil de surveillance. De par son parcours professionnel, il connaît bien les enjeux du football moderne et de sa médiatisation. De plus, Vincent est un proche de Robert Louis-Dreyfus. Il bénéficie lui-aussi de sa pleine confiance, et je suis ainsi certain que nous pourrons collaborer activement et contribuer ensemble a la réussite de notre club». La vérité de Diouf sur les personnes est-elle à géométrie variable?
Nuançons un peu. Diouf n'a pas échoué, mais il n'a pas réussi. Dans le football moderne, c'est impardonnable, d'autant que le règne a été long. C'est ainsi. Qui peut nier aujourd'hui que le système qu'il a mis en place à l'OM par Diouf est essoufflé? Personne. Donc, je persiste et je signe, il est temps pour l'OM de changer de gouvernance. C'est nécessaire, et au vu de la crise, c'est urgent.
Et le PSG dans tout ça? Là dessus, je suis comme Riolo, Fernandez et tant d'autres: affligé... Y en a marre!
J'ai fâché beaucoup de supporters sur ce blog lorsque je prédisais, il y a quelques mois, que le club mené par Bazin allait droit à la crise. Tout me donne raison aujourd'hui. Jusqu'au dernier choix de la direction actuelle. Symbole de ce grand n'importe quoi qui s'exprime à la tête du club, de cette méconnaissance des choses du football, de l'Histoire d'un club, de ses traditions, de ses valeurs, le choix du maillot pour la saison 2009/10. C'est quoi ce truc informe? le choix de ce fameux directeur général du club qui avoue ne rien connaître au football... Tristesse... le maillot du PSG, c'est celui dessiné par Hechter il y a trente cinq ans., point barre. Comme si l'Ajax d'Amsterdam se mettait à arborer un maillot blanc à fines rayures rouge... Hérésie!
En deux transferts, le Real Madrid s'est offert le PSG et l'OM. 94 millions d'euros pour Ronaldo, 65 pour Kaka et voilà alignés sur un carnet de chèques les budgets 2008/09 de deux des clubs phares du football français. 159 millions d'euros, un milliard de nos anciens francs!
Evidemment, on ne peut qu'être sidéré devant la manifestation du culot d'acier dont fait preuve le président du Real, Perez, de retour aux affaires après son éviction de 2006; surtout lorsque l'on sait que le Real est endetté jusqu'au cou. Ironie de l'histoire, si le Real était un club français de Ligue 1, le DNCG l'expédierait manu fooballari se refaire une santé financière en Ligue 2. Rien de tout cela en Espagne, où règne dans le football toutes les conséquences néfastes engendrées par l'arrêt Bosman: l'argent fou, la folie des grandeurs, la fuite en avant, la quête du titre à n'importe quel prix...
L'affaire est suffisamment inquiétante pour que de Platini à Bernard Laporte, de l'UEFA aux gouvernements, tous clament leur volonté de mettre un terme à cette dérive dont on pressent bien qu'elle est porteuse de mort. Quel intérêt à suivre des compétitions où l'on devine d'avance le nom du vainqueur au vu de son seul budget joueurs? Sans sompter que poussé jusqu'à sa logique la plus absurde, ce système se tuera lui même. Aujourd'hui, la Ligue des Champions ne peut plus être remportée que par un club anglais, espagnol ou italien. Et demain? Un club anglais ou espagnol... Et après demain? Par un seul club espagnol? Par le Real ou Barcelone? Ou par un seul club anglais? Manchester ou Chelsea?
Pour l'UEFA, la question n'est pas sans importance, d'un point de vue économique et politique. Les droits télévisuels de la Ligue des champions stagent en France. Logique, puisque les clubs français sont hors jeu. Les audiences déclinent doucement et les chaînes ne sont plus disposées à payer des fortunes pour de simples questions de prestige. Demain, si leurs clubs sont de plus en plus à la peine en Ligue des Champions, les chaînes allemandes ou italiennes ne seront-elles pas tentées d'imiter les chaînes françaises?Et si l'intérêt de la compétition se fait moindre dans tous les pays d'Europe, à terme, (à long terme, certes) le pouvoir de l'UEFA déclinera avec. La fédération européenne deviendra l'otage des clubs anglais et espagnols puis seulement anglais, car la Premier league est mieux armée que la Liga pour s'imposer à long terme.
A moins que l'Europe n'intervienne, accepte enfin de faire du sport une exception culturelle et concède à l'UEFA de mettre juridiquement sur pied la philosophie du 6+5. Ah oui! La voilà la solution! L'Europe! Cette usine à gaz politico-administrativo-technique qui, sur ces questions, chemine à la vitesse de l'escargot au galop... Perez et le Real ont encore de beaux jours devant eux.
Après le PSG l'OM?
Vu ce week-end l'entretien accordé par Pape Diouf à l'Equipe Magazine. Le président du club phocéen y taille comme qui dirait un costume sur mesure au président du directoire de ce même club Vincent Labrune.
On savait depuis janvier, que les relations entre les deux hommes étaient plus que tendues, mais on n'avait pas encore mesuré le degré de haine que Diouf vouait à Labrune. Ce dernier, si l'on en croit Diouf serait nul, incompétent, mauvais, dictatorial, manipulateur, j'en passe et des meilleures; bref, une quantité négligeable dont il ne se préoccupe plus tant elle est inexistante. Dans la foulée, Diouf entame son second couplet: "je suis le président tout puissant, je fais ce que je veux comme je le veux, où je veux, quand je le veux, moi! moi! moi! tout seul! Je décide de tout, je fais tout et donc, cela prouve que j'ai la confiance de Robert-Louis Dreyfus, propriétaire du club!"
Quelles conclusions tirées de cette double sortie stratégique et tactique?
Stratégiquement, comme me l'a fait remarquer un proche de Platini fin connaisseur du football français: "Un président qui éprouve le besoin de dire qu'il a la confiance de son actionnaire prouve qu'il ne l'a pas tant que ça"; observation qui me paraît couler de source. On peut donc en déduire que Diouf se sent menacé et que cet entretien est destiné à mettre la pression sur Dreyfus, genre "moi ou le chaos", un vieux classique.
Tactiquement, Diouf, qui n'est pas sot et qui sait, que malgré tout, une mise à l'écart est toujours possible, tente de cisailler à l'avance les pattes de l'animal qui lui paraît le plus dangereux, Vincent Labrune. C'est le complément du moi ou le chaos, le chaos est identifié, c'est Labrune.
Hélas pour Diouf! Il semble oublier que toute situation est porteuse de son contraire. A tant vouloir démontrer qu'il le seul super chef et qu'il est là pour trente ans, on finit par se demander s'il est aussi sur de lui que ça. Et à tant vouloir nous persuader que Vincent Labrune n'existe pas, on se demande pourquoi la moitié du gigantesque entretien accordé à l'Equipe est consacrée à détruire une peronnalité nulle, incompétente, mauvaise et par conséquent négligeable. A lire Diouf, on est tenté de conclure que si ce Labrune était aussi tarte qu'il le dit, il ne dépenserait pas autant de salive pour le couvrir de crachat (au sens figuré bien entendu), ce qui finit par nous convaincre que ce Labrune est un potentiel candidat à de hautes fonctions au sein du club et que Diouf a décidé de le tuer avant que le petit scarabée ne grandisse trop vite.
A l'OM, l'été sera chaud dans les t-shirts, dans les maillots... et dans les costumes aussi...
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