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  Si on y regarde de plus près, les Jeux de Pékin auront été un peu le terminus des prétentieux, surtout pour certains athlètes français qui s'y sont pointés comme si tout leur était dû. Teddy Riner et quelques autres comme Manaudou, Estanguet, Baala, Flessel, se sont vautrés, qui sur les tatamis, qui dans l'eau du Watercube ou ailleurs, qui sur la piste du stade du nid d'Oiseau, qui sur la moquette du pavillon d'escrime... Certes, il y a bien 40 médailles au compteur, médailles rapportées par des petits gars modestes (les frères Guénot, Absalon, Chausson ou encore Jeannet, Sanchez, Chu, Caranobe etc...) qui n'étaient pas présents avant les compétitions dans les colonnes des journaux people à exposer des muscles de papiers et recueillir par avance une gloire olympique qu'il faut conquérir avant de la célébrer.

 Oui, les athlètes bling-bling se sont étalés aux Jeux de Pékin, et ce sont les plus modestes, les plus obscurs, les moins médiatisés qui se sont imposés. Lutteurs, gymnastes, handballeurs, escrimeurs, VTTistes... Cela a un côté rafraichissant et exemplaire qu'il convient de méditer. Alors, méditons...

  Une méditation à laquelle Roselyne Bachelot et Bernard Laporte, nos ministres des Sports devraient se livrer rapidement plutôt que de chercher à démontrer que le sport français est en fait la 7e puissance mondiale et pas la 10e, que le classement des médailles est truqué et que les Anglais ne gagnent qu'en cyclisme sur piste. La vérité c'est que cette olympiade marque un nouveau recul français, le troisième depuis Atlanta après les Jeux de Sydney et Athènes. La vérité c'est que de trop nombreux responsables publics, sportifs, médiatiques surestiment sciemment les capacités des athlètes français pour des raisons de com'... Pour ces gens là aussi, ces jeux de Pékin constituent le terminus des prétentieux... et de leurs prétentions...

Voilà, c’est fini. Toutes les bonnes choses ont une fin, les Jeux de Pékin se sont terminés ce dimanche avec la traditionnelle cérémonie de clôture. Comme il y a quinze jours, les Chinois ont mis les petits plats dans les grands pour offrir une cérémonie haute en couleurs, féérique, musicale et pyrotechnique. Le maire de Londres, présent pour recevoir le drapeau olympique, a pu voir de ses yeux l’ampleur de la tâche qui attend sa ville pour la prochaine édition, en 2012. La balle, lancée par David Beckham, guest star de cette cérémonie, est dans le camp des Britanniques désormais. blog4.jpgblog3.jpgBLOGé.jpgblog1.jpg

 

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Dernier espoir: le facteur. Yohan Diniz est (à l'heure où ces lignes sont écrites) la derniere chance de médaille d'or pour l'athlétisme français aux Jeux de Pékin. Pierre Fulla, qui parcourt (son gros cahier à la main) en large en long et en travers les couloirs d'Europe 1 et d'Europe 1 sport, me faisait remarquer il y a quelques instants que tout cela était quand même très inquiétant. Et de faire le bilan: Hormis les places d'honneur de Doucouré, Djhones, Montebrun et la médaille d'argent "miraculeuse" de Mekhissi, le bilan est catastrophique. Certes, certes... Et que faire docteur? Après tout, le malaise ne date pas d'hier. L'athlétisme français n'était-il point déjà revenu bredouille des Jeux de Sydney en 2000?

 Si j'en crois certains de mes confrères, la Fédération Française d'Athlétisme est à côté de la plaque depuis des années, et le système de formation français obsolète. Et d'après eux, il faut le savoir, les choses vont empirer. Pas très optimiste tout ça. Quand on pense qu'un petit pays comme la Jamaïque est devenu la première puissance du monde sur le sprint, devant les Etats-Unis, cela laisse songeur. Et de penser au destin de Christine Arron, l'Arlésienne du sprint français, qui n'a jamais été présente aux grands rendez-vous, ce qui veut dire qu'elle n'a jamais été encadrée convenablement.

 Reste donc notre facteur sur le 50 km marche. Celui qui pourra nous hisser au 10e rang du classement des médailles. Mais soyons lucide, quand bien même il sera sacré champion olympique, il sera comme l'arbre qui cache la forêt d'un athlétisme français en crise profonde. Soyons positif toutefois, sur ces Jeux, on sera content de voir sonner ce facteur là. Ne serait-ce qu'une fois, ça ira.

 

Il existe des sports surréalistes aux Jeux Olympiques. La lutte gréco-romaine en est un. J'ai eu l'honneur d'assister à un combat de filles totalement irréel. Le but du jeu : se tirer les cheveux, se trainer la figure par terre et accessoirement utiliser des prises à la limite de l'indécence. Mais avant d'avoir la chance (?) d'assister à ce spectacle, il faut profiter de l'ambiance d'avant-match... Un grand moment à regarder en vidéo ! JO : Ambiance à la lutte gréco-romaine - Sport24
JO : Ambiance à la lutte gréco-romaine - Sport24

 

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 Bon. C'est fait. Usain Bolt a battu le record du monde du 200 m... Et hop! Une seconde médaille d'or avec celle du 100m... Pour autant, est-ce vraiment "le bol d'air frais" dont parle Patrick Montel sur France 2? Pour autant, peut-on éviter, s'empêcher de poser des questions?

  Ce matin à l'antenne d'Europe 1 sport Jean-Claude Perrin, qui s'y connait, se disait partagé. Oui, il était déjà bluffé par le coureur, oui, en tant qu'entraîneur d'athlétisme, il était je cite: "obligé de se poser des questions".

  A partir de là l'alternative est la suivante: on peut se laisser emporter par la vague du sport heureux mondialisé, communier universellement aux exploits de Bolt, "avoir envie d'y croire" comme le dit Montel, bref se comporter en Bisounours béat au pays des Jeux heureux. Ou bien, choisir de se poser des questions. Comment de tels exploits sont-ils possibles? Comment se construit un tel champion? Comment prépare-t-on un être humain à de telles performances? Est-on déjà aux limites du possible? Peut-on vraiment y parvenir naturellement?

  Ce ne sont là que questions de bon sens, mais la déferlante du bien-pensant olympique qui nous est servi depuis dix jours (les jeux sont bien organisés, les Chinois trop gentils, les athlètes formidables, les records trop top et patati et patata...) obligerait presque à s'excuser de formuler ainsi quelques interrogations de bon sens. Il est même parfois étonnant de constater que l'aveuglement est de rigueur dès qu'il s'agit de sport, y compris chez certains des lecteurs de ce blog, qui semblent être adeptes de la position de l'autruche la tête dans le sable dès que l'on émet l'idée que peut être telle ou telle performance soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponse. "Non! non! Je veux continuer à rêver telle une moule accrochée à son rocher devant mes exploits sportifs vus à la télé!" Voilà le credo de certains téléspecteurs shootés aux Jeux et qui ont la particularité d'avoir le cerveau disponible tout le temps (et pas seulement pour les pages de pub).

  Bref et pour tout vous dire, je suis de ceux qui s'interrogent sur le cas de Bolt... Et je vais continuer. C'est mon métier de journaliste.

Spectateur attentif de la finale du 1500 m mardi soir, Hicham El-Guerrouj livre son analyse de la course. Le champion olympique d’Athènes et quadruple champion du monde de la distance estime que le plus fort a gagné et regrette la 4e place de Mehdi Baala.
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La domination de Ramzi
«Ramzi a gagné car il a été beaucoup plus fort physiquement et moralement. Il a essayé de gérer sa fatigue et son stress en séries et en demi-finales. C’est tellement difficile d’entrer dans une finale olympique ! Posez la question à tous les athlètes du 100 m au marathon, ils vous répondront tous la même chose. C’est énorme comme pression. Il a été très serein et très présent dans la course. Et il a couru d’une manière très intelligente. Il a essayé de suivre au début, de se cacher au milieu et à la fin, il a été présent au moment où il le fallait.»

La tactique des Kényans
«Les Kényans ont voulu imposer leur rythme car ça les arrangent de courir en 3’32-3’33. Dans ces chronos là, ils sont sûrs de faire un podium. S’il y avait eu une autre tactique, un autre rythme de course, le podium aurait été différent avec peut-être trois athlètes différents. Ramzi en a profité en se montrant très intelligent. Pour le battre, il aurait fallu être beaucoup plus fort que lui.»

Le cas Mehdi Baala
«Mehdi, c’est une grande déception pour moi. J’aurais voulu le voir sur un podium. Tactiquement, il a été présent. Il a géré la course de façon sereine. Si on compare sa course à des courses passées, ce n’est pas le même Mehdi. Mais je crois qu’il était moins fort physiquement que les autres. Il n’a pas pu suivre le rythme et faire le finish comme les autres. C’est difficile d’être 4e mais il doit penser à l’avenir. Il n’a que 30 ans.»

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Quelle mouche a piqué Mehdi Baala ? Depuis trois jours, toute la presse française (et internationale aussi d’ailleurs, pas de jaloux !) court après le Français pour lui arracher une confidence, un témoignage, un petit mot… Et quand je dis «court», c’est au sens propre du terme. Au premier tour comme en demi-finales, dimanche soir, Baala ne s’est pas arrêté dans cette fameuse zone mixte dont mon collègue Cédric vous a parlé lors de l’Euro (en athlé, c’est le même principe qu’au foot sauf que c’est… de l’athlé et que les sportifs, hors Mehdi Baala, s’arrêtent plus volontiers). Depuis le début de ces JO, Baala, donc, ne s'y arrête pas. Mieux même, il la traverse en courant pour commencer son décrassage en quelque sorte. Alors pour obtenir un mot du Strasbourgeois, rendez-vous est pris avec son entraîneur à quelques encablures du stade après la course. «Mehdi sera peut-être là», nous dit-on. Mais après avoir discuté avec le coach pendant 20 minutes, mes confrères (moi, je n’y suis pas allé, j’ai un métier quand même !) ne feront qu’apercevoir le Français qui consentira enfin à parler pour dire… qu’il ne parlera pas ! Tout ça pour ça ! Baala ne s’est pas fait que des amis ce soir-là mais il y a fort à parier qu’une médaille mardi soir ferait oublier tout ça et rendrait le Français plus bavard…

  Amis du Parti Communiste Chinois passez votre chemin... On va en remettre une petite couche sur vos dirigeants favoris, quitte à poser des questions qui dérangent.

 

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Donc, ce matin, le monde entier a découvert ce qu'il en était du grand absent médiatique de l'athlétisme chinois: Liu Xang. Depuis plusieurs semaines, on était sans aucune nouvelle de l'icône du 110 m haies, distrait de la face du monde par les autorités supérieures de son pays. Deux mois de vide, de rien, de néant. Deux mois passés à rafistoler un pied en miettes. Deux mois de désinformation, de manipulation, de dissimulation, le tout au nom des intérêts supérieurs du Parti. Parce qu'il ne fallait pas que les masses doutassent de la victoire, de son champion, de son invincibilité, de sa supériorité censée refléter la supériorité du régime. Et voilà le résultat, il arrive que l'on soit rattrapé par ces mensonges. Et ce qui aurait du être une information banale, si la communication autour de l'état physique de Xang avait été transparente, se transforme en affaire d'Etat quand la vérité éclate. On en vient même au comble du ridicule et de l'absurde lorsqu'on oblige l'athlète à paraître dans l'enceinte du stade afin de démontrer que oui, il ne peut pas courir, il ne peut rien faire, et qu'il n'a pas disparu dans les oubliettes des prisons pékinoises pour cause de déviationnisme.

  On en revient toujours au même point. Les autorités chinoises ont tenté de confisquer ces jeux afin de vendre les qualités de leur régime aux yeux du monde. La vérité, c'est que tout se retourne contre elles jour après jour. Après les manifestations pro-Tibet interdites à Pékin, les pitoyables manips de la cérémonie d'ouverture (la fausse chanteuse, les faux enfants des minorités...) voilà désormais l'affaire Xiu Lang. Autant de maneuvres de propagande tout droit sorties du manuel de communication à l'usage des masses en vogue en Chine depuis les années Mao et qui s'en reviennent, façon boomerang, dans la face de leurs auteurs. "Ca n'est que du sport" me direz-vous. Certes, mais cela en dit long sur les arrières pensées de ce régime là. Cela ressemble à du totalitarisme d'Etat appliqué au sport, et ça fait froid dans le dos. Ne pas l'admettre, c'est se comporter en gogos bernés par des cocos.

 

 

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Vu sur France 2 le magazine consacré tous les soirs à la journée des Jeux. Cela s'appelle "Un jour à Pékin" et il faut bien le dire, c'est du beau travail. On mesurera d'autant plus l'exploit quotidien accompli par Lafond, Beaudoux et cie que cette heure de magazine est fabriqué en un temps record. Et pourtant rien à dire. Choix des images remarquable, illustration musicale de qualité, commentaires bien écrits... Bref de la télé de haut niveau, comme quoi à France Télévisions, quand on veut, on peut. C'est rassurant de se dire que le sport sur le service public ça ne se limite pas à Gégé et son désespérant "Vive le sport!"

 

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On sera moins enthousiaste s'agissant du "Beijing soir" de Canal plus. Rien à voir avec Ies excellents Isabelle Moreau et Hervé Mathoux, mais on y a entrevu hier une sorte de séquence façon journal de Yann Barthès modèle Jeux Olympiques qui est loin d'atteindre les sommets du journalisme à la télévision, "le journal des jeux" d'Olivier Gazio. C'était lourdingue et avec des vannes limites genre: "Regardez cette athlète, elle s'appelle Grentchen Kintana et comme son nom ne l'indique pas elle est Cubaine". Ca, c'est le genre de plaisanterie que l'on ne souhaite plus entendre. Pourquoi donc me dire-vous? Imaginez la même avec Djibril Cissé: "Comme son nom ne l'indique pas, Djibril Cissé est français." Vous seriez un peu dérangé peut-être non? Voilà, vous m'avez compris... "En télé, disait Pierre Desgraupes, on peut tout dire à condition de savoir l'écrire." Il avait bien raison. Encore faut-il déjà savoir ce que l'on dit et mesurer la portée de ses propos. N'est-ce pas Olivier Gazio? 

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Christine Arron a été une grande championne. Elle reste même la meilleure sprinteuse française, avec Muriel Hurtis. Pourtant, depuis un an, elle est très loin de son meilleur niveau. Et a toujours des excuses pour justifier ses mauvaises performances. L’an dernier, c’était des problèmes d’insomnie. Cette année, une intolérance alimentaire à certains produits. Toujours quelque chose, je vous dis. Vous voulez une preuve ? Samedi matin, au premier tour du 100m, la reine Christine raconte qu’elle a mal dormi, ce qui explique son chrono (11’’37). Dans la soirée, après son élimination en quarts de finale, elle raconte que son corps a un comportement bizarre. «Regardez là, j’ai une sorte d’allergie dans le dos, ça me gratte. C’est bizarre, non ?» Ça vous fait rire ? Moi aussi. Même si je trouve ça également pathétique...

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