Voilà que l'on s'apprête à célébrer en grand tralala les dix ans de la victoire des bleus d'Aimé Jacquet lors de la Coupe du monde 98. Dix ans déjà...
Cette commération, certes incontournable, laisse émerger un sentiment où, il faut bien le dire, l'amertume le dispute à la satisfaction. Je m'explique. J'appartiens à une génération qui n'imaginait pas assister un jour à une victoire française en Coupe du monde. Une troisième place encore, après une énième défaite en demi finale contre l'Italie ou l'Allemagne, oui, ça c'était envisageable... La 3e place d'honneur, comme en 58 ou 86, voire la quatrième, comme en 82, ça oui, mais la première, ça non, jamais. On vivait dans la nostalgie des défaites glorieuses du foot français. Glasgow 76 et les poteaux carrés, Séville 82 et l'infâme Schumacher, l'épopée de 58 s'achevant face au Brésil de Pelé, la main de Vata contre l'OM 90, j'en passe et des pires... Et puis en 93, toc! l'OM bat Milan en finale de la ligue des Champions, et puis en 98, nous voilà champions du monde et en 2000, dans la foulée, champions d'Europe... Des trucs qu'on pensait ne jamais voir, et vivre... Une fois la France avait bien remporté le Championnat d'Europe 84, mais on se disait que c'était grâce à Platini et que cela resterait unique parce que justement, cétait grâce à Platini.
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