J’ai effectué ma «vraie» rentrée ce week-end à Londres, lors de la dernière manche de Coupe du monde. Contrairement à Bordeaux il y a deux semaines où je n’ai pas pu m’exprimer à cause du froid, j’ai pris un réel plaisir du début à la fin. De toute façon, je ne me faisais pas de doute là-dessus. Ce n’est pas comme j’ai pu lire dans la presse, que mes soucis pouvaient influencer. Moi, je laisse ça à mon avocat, ça ne pèse pas sur moi. Chaque année à Bordeaux, il fait froid et là il faisait très froid ! Pour moi, je n’ai rien fait là-bas. J’attendais donc Londres et dès la vitesse par équipes, je me suis bien senti. J’ai commencé à retrouver des sensations sur le départ. Je ne réalise pas mes meilleurs temps, mais ce sont des chronos que j’ai l’habitude de faire sur mes courses de rentrée internationale. De plus, cela faisait depuis les derniers Championnats du monde que l’on n’avait pas couru avec cette configuration d’équipe. Par rapport aux autres nations qui ont bien travaillé, nous, on n’en est qu’au début. Dans ce contexte, faire 2e, c’est bien. On va continuer à monter en pression. L’objectif reste les Jeux. Logiquement, on n’est pas encore prêt.

vitesse équipes.jpgC’est la même chose en vitesse individuelle. Cela a été une longue journée, réveillé à 5h40 (!). Je signe le 8e temps du 200 mètres lancé, un temps que je fais sur mes reprises, ce qui fait qu’ensuite je tombe sur Chris Hoy en quarts. J’ai fait trois beaux matches. Je gagne la première manche, je perds les deux suivantes mais ça ne se joue à rien. C’est ce que j’attendais : me faire plaisir, faire de belles courses. Bien sûr, je suis un peu déçu de ne pas être allé au bout du tournoi mais ce qu’il faut savoir, c’est que tous les concurrents au-dessus de moi étaient dans leur forme des Championnats du monde. Il n’y a qu’à voir les temps réalisés sur 200 mètres. De mon côté, je suis à ma place du moment.

baugé.jpgAujourd’hui, il me manque encore un peu de condition. Mais chaque année, cela se passe ainsi. L’année dernière, je n’avais pas non plus remporté de Coupe du monde avant les Championnats du monde. Je monte petit à petit. L’évolution va se faire naturellement. Comme je le dis, j’ai confiance en moi, dans le travail que je fais avec mon coach. Ces prochaines semaines, on va continuer cette préparation. On va regarder à la vidéo mes adversaires, les courses que j’ai pu faire. Je vais également continuer les soins. Sur le vélo, je n’ai pas de douleur mais je dois encore soigner mon quadriceps.

L’autre objectif de ce week-end était de prendre ses marques sur le futur anneau olympique. On a vu que la piste était très rapide. Ça ira encore plus vite dans quelques mois. C’était important de prendre des repères pour les Jeux Olympiques. On a aussi eu une belle ambiance, avec le public anglais qui soutenait ses coureurs, notamment Chris Hoy contre moi ! Mais j’étais aussi encouragé. Une ambiance comme ça, c’est quelque chose qui te porte. La prochaine compétition, ce sont les Championnats du monde à Melbourne (4-8 avril). Départ pour l'Australie prévu le 23 mars !

«Beaucoup d’envie»

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Deux mois après ma fracture à la main gauche, je retrouve la compétition samedi pour le meeting Pole Vault Star de Donetsk. Avec ma blessure, j'ai été confronté à une chose nouvelle pour moi et je ne savais pas réellement comment j'allais réagir. Je pensais que je le vivrais assez mal mais finalement je trouve que ça s'est plutôt bien passé. Le fait que cela soit une fracture à la main m'a aidé dans le sens où je savais qu'une fois opérée et consolidée, cette fracture ne me poserait plus de problèmes, au contraire d'une blessure musculaire où le muscle est toujours un peu fragile. La fracture se produisant avant les fêtes, le repos forcé est du coup passé plus facilement. Depuis 10 ans, c'est la première fois que je ne faisais pas de perche pendant 7 semaines... Au maximum, je m'arrête 4-5 semaines… mais pour les vacances d'été ! Les deux premières semaines, je me suis beaucoup reposé et j’ai repris doucement le sport - du vélo d'appartement - pour bouger les jambes. Et je jouais à la console, cela me permettait de mobiliser mes doigts et donc de commencer ma rééducation...

renaudpied.jpg

Quand j'ai su que j'avais entre 5 et 7 semaines sans perche mais que je pouvais courir malgré tout, je savais que je pourrais quand même faire la saison en salle et que cela ne me retarderait pas trop dans ma préparation pour les Jeux. Cette préparation passe par des contretemps, mais j'avais une bonne avance avant l'accident, donc ça ne pose pas de problèmes. Il faut faire avec.

J’ai pu reprendre la perche le 25 janvier. Lors de ma première séance de sauts, tout s'est super bien passé. J'ai directement retrouvé mon niveau d'avant, comme si je ne m’étais pas arrêté 7 semaines. J'avais beaucoup d'envie car cela me démangeait de ne pas sauter... Aujourd’hui, à l'entraînement je suis déjà à des hauteurs de 5m60-5m70... Donc j'espère que lors de mes premières compétitions, tout va se mettre en place et que je franchirais au moins 5m72, les minima pour les Mondiaux en salle. Aujourd’hui, je pense que j'ai récupéré à plus de 95% sur ma main. Je sens encore qu'il me manque un peu de force et que c'est sensible lors de chocs dans la vie de tous les jours. Mais sportivement, ça ne devrait pas poser de problèmes même si j'aurais le verdict en compétition.

Après le meeting Pole Vault Star à Donetsk samedi, j’enchaînerai mardi avec le meeting du Nord Pas-de-Calais à Liévin puis samedi 18 la finale du Perche Elite Tour à Nevers. Ensuite, j'aurai les championnats de France à domicile le 25 avant les championnats du monde d’Istanbul (9-10 mars). Un programme qui devrait me permettre de vite retrouver le rythme des compétitions.

J’ai vécu un Euro un peu à l’image de tout le groupe, c’est-à-dire avec beaucoup de frustration. On n’arrivait pas à produire du jeu sur le plan collectif. Pour moi, c’était une compétition particulière car je revenais tout juste d’une blessure de plus d’un mois. Je n’étais pas à 100%, j’ai pris la préparation en vol. Et puis sur l’Euro en lui-même, je n’ai pas eu énormément de temps de jeu, hormis sur le dernier match. Cette rencontre contre l’Islande, ce n’était pas une délivrance mais je reconnais qu’elle était bien pour moi, pour ma tête, pour me dire que même sur un match comme cela, je pouvais montrer au sélectionneur qu’il pouvait compter sur moi. Après, je sais bien que cela ne changeait rien à la donne et à notre décevant résultat final. Mais cela m’a quand même fait du bien d’avoir du temps de jeu, d’être sur le terrain, de retrouver du rythme car c’est vraiment ce qu’il me manquait.

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Au sujet des déclarations du sélectionneur sur mon investissement, je dois avouer que je n’ai pas compris pourquoi il avait dit cela. Il a dit des choses qui, à mon sens, étaient fausses. Après, je suis allé le voir et on a pu discuter tranquillement. Il m’a dit qu’il pensait que j’avais fait la tête après le deuxième match de préparation contre la Norvège car je n’étais pas rentré sur le terrain. Je lui ai assuré que ce n’était pas le cas. Tout est parti de là. Il en a parlé de façon un peu maladroite je pense. Pendant deux jours, cela m’a miné mais dès que l’on a pu s’expliquer, il n’y a eu aucun problème, il m’a dit qu’il me faisait confiance. A aucun moment, il y a eu de clash, comme cela avait pu être dit dans la presse. Quant à mon rôle lors de cet Euro, très sincèrement, je ne m’attendais pas à grand-chose. Je ne réclamais rien car je savais que le sélectionneur pouvait s’appuyer sur les anciens du groupe et c’est ce qu’il a fait. Je n’étais pas plus que cela dans ses plans, mais je m’y étais préparé, surtout avec ma blessure qui est survenue au plus mauvais moment. Cela ne m’a pas aidé.

Après la compétition, cela m’a fait du bien de revenir à Montpellier, de retrouver mon chez moi, de revoir mes amis… Ce n’est pas évident de vivre comme cela, en vase clos pendant un mois. On a parfois envie d’autre chose. Et puis l’avantage avec Montpellier, c’est que l’on replonge de suite dans la compétition. L’Euro n’est pas un sujet tabou, que ce soit avec Niko (Karabatic), Mika (Guigou) ou Sam (Honrubia), mais on ne ressent pas le besoin d’en reparler. Aujourd’hui, je ne veux plus repenser à cet Euro. Je ne veux pas douter ni être perturbé par des pensées négatives. J’ai mes objectifs en club sur cette fin de saison et ils sont extrêmement importants. Quand je suis en sélection, je ne pense qu’à la sélection et quand je suis en club, même si c’est moins catégorique évidemment, je reste concentré sur ce que je dois y faire. 

«En mode Pom Pom Girl!»

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J’ai eu des petits ennuis de santé en début d’année qui ont fait que je n’ai pas pu m’aligner au Masters d’Almaty mi-janvier et que je ne m’aligne pas non plus ce week-end au Tournoi de Paris car je ne suis pas suffisamment préparée pour une si grosse compétition. Aujourd’hui, je suis un traitement et cela va beaucoup mieux. J’ai repris l’entraînement crescendo il y a un peu plus de quinze jours. Je n’ai pas de signes de fatigue, ce qui était la principale chose à surveiller, et tout se passe bien. L’objectif maintenant est de faire un bon stage juste après le Tournoi de Paris dans l’optique de bien préparer la tournée qui nous attend en Mongolie et qui sera très, très dure (sourire). C’est vrai que j’avais à cœur d’être présente à ce Tournoi de Paris mais à un moment donné, il faut se montrer suffisamment intelligente et faire des choix. Je n’ai pas pu m’entraîner correctement en raison de ces ennuis de santé et il n’était pas raisonnable de s’aligner à Paris. Il ne faut pas non plus se tromper d’objectif ! Et l’objectif, ce sont les Jeux Olympiques ! Je serai donc dans les tribunes de Bercy ce week-end, en mode Pom Pom Girl (rire) !

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Cela fait quelques semaines que j’ai repris le vélo maintenant. Pour reprendre les choses chronologiquement, j’ai d’abord effectué une période de cyclo-cross en octobre-novembre. Là-dessus, je suis parti à la Réunion pour faire la Mégavalanche. Ça s’est super bien passé puisqu’on est arrivé ensemble avec mon frère Rémy qui a gagné, et ça m’a permis de progresser en pilotage. Ensuite, après des vacances au chaud à l’Ile Maurice, j’ai repris progressivement l’entraînement fin décembre avec beaucoup de ski de randonnée, et de ski de fond.

complexe absalon.jpgC’est une activité que j’aime bien et qui est très pratique quand les conditions météo ne sont pas bonnes pour rouler en plaine (verglas, neige). D’un point de vue physique, c’est idéal parce que cela permet de travailler le cardio. Sur les skis, on est à pratiquement 20 pulsations supérieures par rapport au vélo. Cela me procure également un renforcement musculaire du haut du corps, et on a beaucoup moins froid qu’à vélo. Une sortie de deux heures en ski de fond, cela équivaut à 3h30 en vélo. Ça fait la caisse et quand je reprends le vélo, je n’ai plus qu’à reprendre le geste de pédalage et je suis tout de suite dans le rythme. L’autre avantage, c’est de pouvoir travailler en pratiquant une autre discipline. Pour la tête, c’est sympa, c’est moins lassant.

Ensuite, les deux premières semaines de janvier, la tendance a commencé à s’inverser avec de plus en plus de vélo et à la mi-janvier, j’ai rangé mes skis. La différence par rapport à l’année dernière est que j’ai intégré le VTT dès le début de ma préparation foncière. Avant, j’attaquais le VTT à l’approche des compétitions et j’avais toujours besoin d’un temps d’adaptation, que ce soit au niveau des automatismes, du pilotage et du pédalage spécifique au VTT. Le but cette année, c’est d’intégrer tout de suite des sorties VTT à ma préparation car la saison de Coupe du monde reprend tôt, dès la mi-mars en Afrique du Sud.

andros2.jpgJ’ai profité tout le mois de janvier du temps clément dans les Vosges pour bien travailler à la maison. Cette semaine, c’est un peu plus compliqué avec le froid. J’ai roulé sous la neige mardi mais c’est surtout le froid qui glace. Hier matin (mercredi matin), j’ai fait une sortie de 3 heures par -7°C. Ça correspond au moins à 5 heures sous le soleil ! Je repars donc en fin de semaine à Fréjus pour trouver des conditions idéales et profiter des premières courses sur route organisées là-bas. Je reprendrai la compétition le 19 février lors du prix Jean Masse à Marseille.

Depuis le mois de décembre, toute ma planification pour les Jeux Olympiques est déjà faite. On a bien travaillé avec mon entraîneur Gérard Brocks pour établir le meilleur planning possible afin d’être à 100 % aux Jeux. Cela va passer par un planning un peu plus allégé en nombre de compétitions pour arriver à Londres avec le plus de fraîcheur. La seule chose qu’on n’a pas programmée, c’est la possibilité pour moi d’être porte-drapeau de la délégation française ! Même si c’est une fierté d’être parmi les noms cités, ce n’est pas du tout quelque chose auquel je pense. Ça ne sert à rien de s’imaginer des scenarios tant que ce n’est pas fait.

absalon-skoda.jpgA part ça, j’ai eu l’opportunité il y a deux semaines de participer au trophée Andros à Saint-Dié-des-Vosges. Un volant Skoda réservé aux personnalités s’est libéré l’avant-veille de la course. Max Mamers, l’organisateur, savait que je serais intéressé et a proposé mon nom. Je connaissais un peu, j’avais déjà fait quelques apparitions en sprint-car. Alors quand on me l’a proposé, je n’ai pas réfléchi bien longtemps ! Ça s’est super bien passé, j’ai assez vite trouvé les sensations. J’ai attaqué directement par la course parce que les conditions n’étaient pas assez bonnes lors des essais. Dès la deuxième course, j’étais dans le rythme du milieu de peloton. En fait, ce que me disait l’ingénieur de la voiture, tous les sportifs qui viennent des sports de vitesse, de glisse ou du cyclisme s’adaptent très rapidement parce qu’on a déjà la notion de trajectoire. On n’a pas peur de la vitesse, on s’y fait assez vite. Au niveau de la gestion des trajectoires, de la glisse, du freinage, on peut trouver des similitudes avec le VTT. Je me suis régalé !

Pour commencer l'année 2012, j'ai pris la direction de l'Afrique du Sud pour rejoindre d'autres membres de l'équipe de France à Pretoria pour un stage en moyenne altitude. Après les championnats des États unis début décembre, je suis reparti sur une cycle de travail important pour préparer les championnats de France qui auront lieu en mars. Et contrairement aux autres saisons, il n'y a pas eu de coupure pour les fêtes.... Après ce séjour, il ne restera plus beaucoup de temps avant l'affutage !

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Les avantages d'un stage comme celui-ci sont multiples. Le premier, c'est de pouvoir quitter la grisaille de l'hiver et de profiter de l'été de l'hémisphère sud. L'organisme répond souvent mieux dans ces conditions et cela fait du bien au moral. Le deuxième objectif, c'est de profiter de la dynamique du groupe. Le fait de partager le quotidien avec d'autres nageurs qui ont les mêmes objectifs est motivant et permet de ne pas tomber dans la routine. Les bonnes performances des autres stimulent tout le monde. On prend également conscience que l'on n'est pas seul dans ce que l'on fait. Ici, mon groupe d'entraînement est composé de 4 nageurs et à l'année nous nous entrainons tous dans des structures différentes. Il y a très peu de routine dans ce que nous faisons et c'est aussi important.

Le retour en France est prévu pour le 17 janvier et j'irai directement à Nancy pour le premier grand prix de l'année. Je suis impatient de pouvoir retrouver la compétition après bientôt un mois et demi d'entrainement intense en volume. Même si je ne m'attends pas à des performances tonitruantes, la compétition reste le meilleur moyen d'évaluer le travail effectué à deux mois des qualifications pour les Jeux.

Quelques jours après l'annonce du retrait de ses titres mondiaux obtenus en 2011, Grégory Baugé revient longuement sur cette affaire. Reconnaissant ses torts, le pistard remet cependant en cause l’efficacité du système ADAMS et l’attitude de l’UCI.

Grégory Baugé

Grégory, on a appris que vous avez été suspendu un an rétroactivement (du 23 décembre 2010 au 22 décembre 2011) par la commission disciplinaire de la Fédération Française de Cyclisme. Que vous est-il reproché ?

Grégory Baugé :On me reproche par deux fois de ne pas avoir rempli correctement le logiciel ADAMS (Ndlr : le système de géolocalisation des athlètes), et un manquement à un contrôle avant décembre 2010.La première fois, je n’avais pas rempli à temps mon planning dans le programme. J’ai alors eu un rappel de ma Fédération que j’ai bien entendu fait dans l’immédiat, donc pour moi il n’y avait pas de manquement. La deuxième fois, j’avais oublié de remplir trois dates dans les trois mois donnés. En ce qui concerne le contrôle manqué, un contrôleur est venu un jour où je n’étais pas là. J’étais malade, c’est l’époque où j’avais la dengue.

Reconnaissez-vous ces torts ?
Grégory Baugé
 : Oui, c’est une faute professionnelle. Je suis sportif de haut niveau. Avec mon statut, j’aurais dû faire plus attention, c’est clair. Je ne le nie pas du tout. C’est une erreur de ma part. Maintenant, c’est arrivé à moi, cela aurait pu arriver à d’autres. Cela me servira de leçon pour l’avenir et je pense que cela servira aussi d’exemple pour d’autres sportifs.

Vous dites que cela aurait pu arriver d’autres, qu’entendez-vous par là ?
Grégory Baugé
 : Moi, je me demande combien de sportifs remplissent exactement ADAMS ? C’est un outil extrêmement compliqué. On doit renseigner dans un logiciel informatique son emploi du temps sur les trois mois à venir. Ce qui se passait, et ce que je ne fais plus maintenant bien sûr, c’est que, par exemple, si je décidais d’aller manger chez un ami, dormir chez lui ou aller voir ma famille, je n’avais pas le réflexe de faire le changement, ou bien en compétition, j’oubliais de mettre l’adresse de l’hôtel. Il suffit que les contrôleurs passent à ce moment-là et voilà.On est sous liberté surveillée, on est presque comme des prisonniers Maintenant, je me pose une question : avec ce logiciel-là, a-t-on pu attraper un athlète qui se dopait ?

De plus, l’UCI a décidé le 6 janvier de vous retirer vos titres mondiaux (Ndlr : vitesse individuelle, vitesse par équipes) obtenus durant cette période…
Grégory Baugé
 : Ce qu’il s’est passé, c’est que je suis passé devant la commission de discipline de la Fédération en novembre 2011. Une décision a été rendue, où je conservais mes titres, dans la mesure où lorsque j’ai couru les Championnats du monde à Apeldoorn en mars 2011, je n’étais pas au courant de cette histoire et surtout, il n’y a pas de cas de dopage. L’UCI avait ensuite un mois pour faire appel. Elle ne l’a pas fait. Puis, le 6 janvier, elle annonce de façon arrêtée qu’elle retire mes titres. Je ne comprends pas. Bien sûr, c’est une décision qui m’embête pour moi, mais aussi pour mes coéquipiers de la vitesse par équipes. Ils n’ont rien à voir avec ça.

Comment comptez-vous vous défendre ?
Grégory Baugé
 : Dans un premier temps, je vais m’entraîner parce que j’ai un objectif au bout de cette année 2012 : briller pour la France aux JO de Londres. Ensuite, oui, nous allons demander avec mon avocat une explication à l’UCI. Je pense également que la Fédération Française de Cyclisme ne doit pas être contente d’être remise en cause par l’UCI. On va s’unir, que ce soit la Fédération et mes avocats, pour obtenir justice.

Cette affaire ne tombe pas au meilleur des moments, à six mois des Jeux Olympiques…
Grégory Baugé
 : L’UCI aurait dû lancer une procédure contre moi dès l’instant où elle avait reconnu que j’avais trois manquements. Si elle l’avait fait (Ndlr : elle a transmis le dossier à la Fédération Française de Cyclisme le 30 septembre 2011), on n’en serait pas là aujourd’hui. Maintenant, le plus dur est derrière moi. En fin d’année dernière, j’étais dans le trou. Il y avait cette affaire, ma blessure, il y a eu deux décès dans ma famille. Tout est tombé en même temps.Je dois bien m’entraîner pour être performant sur les rendez-vous. Je sais qu’on m’attend aux Jeux, et c’est un des objectifs de ma carrière. Rien ne va m’empêcher d’aller au bout.Grâce à Dieu, je vais réussir à surmonter cette étape.

 

On arrive à la fin de l’année et là, je suis fatiguée, au bout du rouleau. Heureusement, je suis en vacances vendredi. De vraies vacances, sans escrime et sans travail. Cela ne m’est pas arrivé depuis cet été et cela va me faire du bien. Car entre l’entraînement, le travail et la préparation de Noël, je suis vraiment très fatiguée. Cette année, en plus, j’organise Noël chez moi donc j’ai plein de trucs à faire. D’habitude, c’est ma mère qui s’en occupe et je ne suis pas sûre d’avoir la même capacité d’organisation qu’elle (sourire). Ces dernières semaines ont été rythmées par le travail et l’entraînement. J’ai repris vers la mi-novembre avec une alternance d’entraînement physique et d’escrime. Le 11 décembre, j’avais un stage à Méribel avec l’équipe de France d’épée puis ensuite je suis allée aux Etoiles du Sport à La Plagne. Cela m’a fait du bien même si ce n’était pas des vacances et que je me suis entraînée quand même. Mais là, je faisais mes séances de préparation physique avec ma «jumelle», Gwladys Epangue (Ndlr : double championne du monde de taekwondo en 2009 et 2011). C’était moins difficile comme ça et plus facile pour la motivation d’être à deux.

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Cette année, j’étais ambassadrice des Etoiles du Sport et j’ai eu le temps de beaucoup discuter avec d’autres sportifs. J’ai ainsi beaucoup échangé avec l’entraîneur de l’équipe de France de football féminin, Bruno Bini, qui m’a impressionné humainement parlant. J’ai aussi vu Serge Betsen, que je connais depuis quelques années, mais que j’ai rarement le temps de voir longtemps… On a fait du sport, entre sportifs de différents horizons, dans une ambiance bonne enfant, c’était une sacrée respiration, un temps d’échange et de générosité appréciable. Lors de la soirée de gala, tous les ambassadeurs avons fait le show. J’ai dansé des danses africaines avec Laura (Ndlr : Flessel), Amélie Cazé, Carole Montillet, la femme de Stéphane Diagana… Et la soirée s’est terminée en concert improvisé avec Yannick Noah !

Après cela, je suis resté à la montagne mais à Courchevel, pour la Semaine Olympique. C’est un peu le même genre de manifestation que les Etoiles du Sport mais en plus petit comité et avec uniquement des sportifs des disciplines olympiques. C’est la récompense d’une médaille décrochée dans l’année donc quand j’obtiens une médaille, j’y pense. Il y avait encore Gwladys, Marie-Jo Pérec, Antoine Dénériaz, Sébastien Flûte… On passe toujours de bons moments car on est loin des tracas du quotidien, même si j’ai continué l’entraînement physique. On respire, on échange, ça fait du bien.

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Là, j’ai des vacances jusqu’au 2 janvier, date à laquelle je reprendrai la préparation physique et où je reprendrai à fond l’escrime pour préparer les premières compétitions. Je débuterai par une compétition nationale à Soissons mi-janvier (Ndlr : le 15), comme je le fais souvent car cela me permet de voir où j’en suis et de savoir sur quoi je dois encore travailler avant de débuter les épreuves de Coupe du Monde. La première étape est à Doha (11 février) donc après Soissons, j’aurai encore trois semaines devant moi. En attendant, place à Noël ! J’ai importé des produits de Martinique pour l’occasion (pain au beurre traditionnel, boudin…) pour amener un peu de l’ambiance de là-bas ici. Car en Martinique, Noël est plus traditionnel qu’ici. Dès la Toussaint, les gens font le tour des familles de leur entourage pour chanter des cantiques de Noël remixés à la sauce antillaise. Et le soir de Noël, on chante une dernière fois ces cantiques. Il y a une grande tradition de Noël et j’essaie de reprendre le flambeau pour suivre la tradition ici.

Je suis rentrée d’Asie jeudi dernier. Les stages se sont bien passés. Le premier a eu lieu à Jeju en Corée du Sud après la World Cup. Il n’y avait pas beaucoup de judokates dans ce stage mais suffisamment pour travailler et notamment les Mongoles, qu’on n’a pas trop l’habitude de voir. C’était donc intéressant de se battre avec elles d’autant qu’en mars, on a un stage prévu en Mongolie. Je peux déjà annoncer qu’on ne va pas rigoler ! C’était costaud, elles sont à la fois techniques et physiques, c’est très impressionnant. J’ai eu ensuite un deuxième stage à Séoul, à la Young University. Là, on avait un entraînement par jour. Le matin, technique et l’après-midi, judo. Comme il n’y avait pas beaucoup de filles, je faisais le judo avec les garçons. Cela permet de travailler autrement, notamment face aux Coréens qui sont très bons. Physiquement, les garçons sont meilleurs que nous, quand bien même je combattais des poids plus légers. Les Coréens qui étaient avec nous étaient très rapides, très techniques et ça m’a permis d’être beaucoup plus vigilante sur mes déplacements. Après, au niveau du judo en lui-même, cela me permet de lancer sans appréhension, c'est-à-dire qu’ils n’essayaient pas de nous faire mal comme cela arrive souvent quand on s’entraîne dans certains clubs face à des garçons. Dans ces cas-là, souvent les gars veulent bien faire et donc ils verrouillent leur défense et nous, on ne peut pas travailler. Là, on a pu bien travailler en essayant des techniques. L’objectif de ces stages, fixé avec Christian Chaumont (Ndlr : son entraîneur) et Martine Dupond (Ndlr : responsable de l’équipe de France féminine), était de mettre l’accent sur le judo et sur le lancement de techniques.

gevrisedecembre2.jpg Enfin, on a eu un dernier stage au Japon, à Tokyo, après le Grand Chelem de Tokyo. Là, il y avait de la qualité et de la quantité au niveau judokas (sourire). Et en termes d’intensité, on a grimpé d’un ou deux degrés. C’était vraiment très bien. J’aime bien être plongée dans des stages comme ça car cela me permet d’être vraiment concentrée sur le judo, sur ce que j’ai à faire. Et là, c’était une période propice au travail de fond. C’est maintenant qu’il fallait mettre des choses en place, essayer de nouvelles techniques. Avec les Japonaises, qui sont des tueuses au sol, on a pu bien travailler au sol par exemple. Ce genre de stage permet de bien se recentrer sur le judo avant d’aborder la saison qui arrive. Par rapport à mes stages passés, je n’ai pas vraiment senti de changement dans le regard des autres filles depuis mon titre de Bercy. Mais c’est sûr que quand la championne du monde en titre est là, elles ont envie d’aller la rencontrer, de combattre contre elle et de voir ce que ça donne en fait (sourire). En plus, les Japonais sont très accueillants, j’étais tout le temps invitée, jamais toute seule. Au moins, ça c’est bien (sourire). Mais j’ai quand même souffert, ce n’était pas «fingers in the nose», loin de là. C’est pour ça que ces stages à l’étranger sont très intéressants.

gevrisedecembre.jpg Là, je suis en repos mais je vais reprendre l’entraînement le 26 décembre pour préparer le Masters d’Almaty, qui va arriver très vite (Ndlr : 14-15 janvier). Il va falloir que je me remette au régime et ce n’est pas évident en période de fêtes. Je vais devoir faire attention, voire très attention durant les fêtes. Et si je fais un excès, le lendemain, il faut aller courir (sourire). Mais je sais pourquoi je fais ça. A six mois des Jeux, c’est beaucoup plus facile à accepter.

«Je reprends tout doucement le chemin du vélo. Ma tendinite au quadriceps est en cours de cicatrisation. J’ai repris l’entraînement en fin de semaine dernière. Pour l’instant, on essaie de voir quel est mon ressenti par rapport aux séances que l’on fait. Je roule, je fais des séances de train, avec quelques sprints à la fin. Ce ne sont pas de gros efforts, je ne mets pas de gros braquets. J’ai encore mal mais comme le médecin me l’a expliqué, la sensation de douleur n’est pas la bonne. Il faut plutôt se dire que c’est en train de guérir.

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C’est la première fois dans ma carrière que j’ai une telle blessure aux jambes. Il y a deux ans, après une chute, j’avais été gêné au niveau de l’épaule, mais au moins je pouvais appuyer sur les pédales ! Je savais au mois de septembre, quand j’ai commencé à avoir mal, que ce serait long mais je ne pensais pas qu’à l’aube du mois de décembre, ce serait encore là. Jusque-là, je n’avais jamais été perturbé plus de deux semaines. Je dois dire que ce n’est pas une situation facile. J’ai vu les autres partir pour Cali. J’aurais dû y faire ma rentrée le week-end prochain. Là, je me tâte. Je ne suis pas à terre mais c’est un peu chiant.

panoramic365_0045032_000001.jpgJ’essaie de gérer ça au mieux en me disant que les Jeux sont dans dix mois, qu’il vaut mieux que ça arrive maintenant que plus tard. Certainement que j’aurais dû couper totalement après le mois de septembre. Mais dès que j’ai senti des douleurs, Florian (Rousseau) m’a fait arrêter cinq, six jours. Ensuite, à l’entraînement, j’évitais de trop donner. Malgré tout, cela n’a pas voulu partir. Du coup, pendant une quinzaine de jours, j’ai lâché le vélo. Pour autant, je n’étais pas au repos complet puisque j’étais en soins quotidiens à l’INSEP, à faire de la mésothérapie, de la cryothérapie (plongé 2 minutes 30 dans une température à -110 °C !), des séances d’étirement, du travail excentrique.

Maintenant, je ne sais pas quand je vais reprendre. On part dimanche pour un stage à Miami avec le groupe de l’INSEP. Histoire de s’habituer à la chaleur, et quitter la météo difficile à Paris à cette période de l’année. On pourra ainsi discuter avec Florian de la suite du programme, puisqu’on n’a pas pu faire certaines choses qui étaient prévues. Peut-être que j’irai à Pékin avant Londres. On a vu à Astana que beaucoup d’athlètes étaient en forme. On ne peut pas être étonné dans une année de Jeux Olympiques. Tout le monde joue sa qualification. Ce qui est sûr, c’est que pour ma reprise, je ne serai pas au top.  Mais ce n’est pas le plus important. Aujourd’hui, le plus important, c’est de me soigner.»

À propos de ce blog

Ils sont champions olympiques, ou rêvent de le devenir. Ils vont goûter à leurs premiers Jeux, ou vivre leurs dernières émotions. Une seule et même volonté les anime : briller à Londres aux JO 2012. Dans un monde sportif parfois en perte de repères, il existe une «famille» où les valeurs chères au Baron Pierre de Coubertin signifient encore quelque chose. Cette famille, c’est celle des «sports olympiques». Une existence tournée vers un match, un assaut, une course de deux heures ou dix secondes, où tout se joue. Parce que le rendez-vous d’une vie se prépare, nous vous proposons de suivre pendant un an et demi le quotidien de Julien Absalon, Renaud Lavillenie, Maureen Nisima, Sébastien Rouault, Grégory Baugé, Gévrise Emane et William Accambray. Sept champions, sept sports, sept destins, sept histoires à découvrir en toute intimité jusqu’aux Jeux Olympiques de Londres, jour de gloire ou de désespoir.

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