
Ces Jeux olympiques de Londres, c’est la cerise sur le gâteau si l’on peut dire. J’aborde la compétition en étant bien évidemment concentrée car lorsqu’on s’engage dans une compétition comme les Jeux, et même dans toute compétition, c’est pour aller chercher l’or. Mais je l’aborde aussi avec fun, un petit grain de folie et l’envie de me faire plaisir. Car il y a quatre ans, je m’étais peut-être mis un peu trop de pression et je ne veux pas refaire cette erreur cette année. Les larmes de Pékin sont oubliées et j’espère cette fois verser des larmes de joie.
Mon départ pour Londres est programmé ce vendredi. Samedi, nous avons un premier entraînement sur le vélodrome. La vitesse par équipes, ma première épreuve, a lieu jeudi. Je n’assisterai donc pas à la cérémonie d’ouverture. Aucun pistard n’y sera. Pour en avoir déjà vécue, c’est extrêmement fatigant. C’est un peu regrettable parce que c’est grandiose mais l’objectif que je me suis fixé vaut bien plus qu’une cérémonie d’ouverture. Je vais aux Jeux Olympiques pour être acteur, pas spectateur.
A
quelques jours du début des Jeux, j’essaye de garder de la distance par rapport
à l’événement. On sait que les Jeux, c’est multiplié par mille par rapport aux
Championnats du monde. J’en entends beaucoup parler autour de moi. Mais je
reste dans mon truc. Par exemple, je n’ai pas cherché à savoir auprès
d’athlètes sur place comment étaient les chambres, ce genre de choses. On va
faire en sorte que tout se passe le plus naturellement. J’ai l’avantage de connaître,
par mes expériences passées, l’ambiance des Jeux.
En même temps, c’est la première fois où j’arrive dans la peau du grand favori. J’ai beaucoup échangé à ce sujet avec Florian (Rousseau, mon entraîneur) parce que lui a vécu cette situation. Il m’a parlé de la façon de gérer la pression, qui est énorme non seulement parce que les yeux du monde sont rivés sur cet événement mais surtout quand vous êtes un athlète français susceptible de décrocher une médaille d’or. Il m’a dit de relativiser, de reproduire tout simplement ce qu’on a fait depuis quatre ans sur les Championnats du monde mais à une plus grande échelle. Il n’y a pas de raison de changer ce qui a fonctionné.
De
plus, avec l’équipe de France, j’ai le sentiment qu’on arrive à Londres en
ayant tout bien revu en profondeur. Nous allons disposer des nouveaux vélos
Look, qui nous apportent un réel plus, et nous utiliserons aussi de nouvelles
combinaisons. Cela fait trois ans que nous travaillons sur un textile plus
performant. Avant cette semaine, nous étions réunis en stage pendant deux
semaines à Bordeaux où nous avons pu, entre autres, tester tous ces éléments.
On a mis l’accent sur la vitesse par équipes, notamment les passages de relais
parce que lors des derniers Championnats du monde, de nombreuses équipes ont
été disqualifiées. Puis, me concernant, il y a eu un travail axé sur la vitesse
individuelle. Chaque journée, l’attention a été mise sur le moindre détail.
Je pense ainsi m’être bien préparé. Je sais qu’il y aura une grosse attente à Londres. L’ambiance dans le vélodrome sera phénoménale. On ne se rend pas bien compte en France de l’engouement que suscite la piste en Grande-Bretagne. On est toujours super bien accueilli. Je crois qu’il y a eu 180 000 demandes pour 6000 places disponibles par jour ! De plus, les Britanniques chez eux vont vouloir reproduire ce qu’ils ont réalisé à Pékin et rester sur la lancée de Bradley Wiggins au Tour de France. C’est bien. J’aime ces ambiances.
Je ne suis plus qu’à quelques jours de l’objectif de ma carrière. Cela fait quatre ans que je travaille pour ça. Je n’ai pas besoin de m’imaginer avec l’or au cou pour être conscient de ce que cela représente. Je ne me fais d’ailleurs jamais de film. L’important est que je me sente bien dans les jambes, bien dans la tête. C’est le cas. Les temps sont convenables à l’entraînement, je pense avoir une meilleure condition physique qu’aux derniers championnats du monde. On verra le jour J.
Ce dimanche a lieu la 4e manche de Coupe du Monde,
à La Bresse, chez moi, dans les Vosges. C’est un grand moment de ma carrière de
sportif. Je pense que cela va être énorme au niveau du spectacle. Il va y avoir
énormément de monde qui va faire le déplacement. On annonce autour de
20 000 spectateurs ! Ça va être une grande fête du VTT.

Bien sûr, il y aura un peu d’émotion mais je ne me mets pas de pression. Je me suis préparé sérieusement. Malheureusement, j’étais malade la semaine dernière en République tchèque et j’ai préféré abandonner. Je ferai du mieux que je pourrai. Cela ne sert à rien de se mettre une pression inutile. Il faut juste que ce soit du plaisir. Quelque part, le fait d’avoir une Coupe du Monde pratiquement chez moi, c’est une récompense. J’ai une grosse motivation, mais il ne faut pas que cela se transforme en mauvais stress.
Il est certain que d’être le local de l’étape a un peu joué en faveur du dossier. Mais le dossier était de toute façon super. Les organisateurs de La Bresse ont déjà l’expérience de l’organisation de manches de descente. D’ailleurs, ils ont été désignés deux fois de suite meilleure organisation en descente. De mon côté, j’ai été sollicité pour donner mon avis sur le dessin du circuit parce qu’ils ont décidé de tout créer en centre-ville. Je leur ai apporté mon expérience sur des petits détails, des points de parcours, des petites modifications.
Il est sûr que personne ne connaît mieux le parcours que
moi. A chaque fois que je sors à l’entraînement, je vais rouler sur ce circuit.
Ce sera un bel avantage mais la concurrence sera rude. Je pense en effet qu’il
s’agira de la manche la plus intense de Coupe du Monde. Pour pratiquement tous
les pays, c’est la dernière manche qualificative pour les Jeux. Tous les
coureurs seront au top de leur forme pour obtenir ou finaliser leur sélection.
Cela va être un test grandeur nature avant les Jeux Olympiques.
Ce sera peut-être aussi la dernière fois que je cours devant le public français. Il a fallu attendre de 2003 à 2012 pour avoir une manche de Coupe du Monde en France. Je ne sais pas combien de temps il faudra attendre pour en avoir une nouvelle. Mais s’il faut attendre aussi longtemps, oui ce sera ma dernière Coupe du Monde en France. Parce qu’à 45 ans, je ne roulerai plus ! A moins qu’on ait une manche l’année prochaine et que je roule l’année prochaine, mais ça je n’en sais rien. En tout cas, je vais tout faire pour en profiter cette année parce que je ne sais pas si l’occasion se représentera.
Depuis mon forfait au Tournoi de Paris, ça va mieux. J’ai participé au tournoi de Pologne, que j’ai remporté, fin février à Varsovie. Cela m’a rassurée même si ce n’était pas un véritable objectif. J’avais surtout besoin de savoir où j’en étais par rapport au travail effectué, au régime pour être au poids et aussi d’essayer de mettre en place de nouvelles choses. A cet égard, ce tournoi, qui m’a permis de renouer avec la compétition, s’est bien passé. Même si tout n’a pas été parfait et qu’il reste des choses à travailler et à analyser, je suis très satisfaite de cette rentrée en compétition. Après, on a eu un stage de préparation de quinze jours en Mongolie. C’était une période de travail intensif avec deux entraînements judo par jour, un peu de préparation physique et un test match face aux Mongoles. Je suis ressortie gonflée à bloc au niveau judo et au niveau humain car on a été très bien accueillis par les Mongols. Au retour en France, après une semaine de récupération, on a eu un nouveau stage, au Touquet cette fois. Il s’agissait avant tout de préparation physique avec une batterie de tests avant de revenir en début de semaine (Ndlr : semaine du 9 au 15 avril) pour démarrer la préparation pour les Championnats d’Europe de Chelyabinsk (26-29 avril).
On a fait encore des séances de physique et une semaine type s’articule avec 6 séances de judo et 2-3 séances de préparation physique. On a gardé ce rythme là jusqu’aux Championnats d’Europe avec quelques ajustements en fonction de l’état physique des uns et des autres. Ces Championnats d’Europe ne sont pas l’objectif prioritaire de la saison mais pour moi, cela reste un championnat avec un titre à prendre. J’y vais dans cet état d’esprit. Je pense d’abord aux Championnats d’Europe et on verra la suite après. Si je peux essayer des choses durant la compétition, je le ferai mais j’y vais avant tout pour m’imposer, pas en touriste ! Ce sera un bon exercice en vue des JO.
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