Depuis mon forfait au Tournoi de Paris, ça va mieux. J’ai participé au tournoi de Pologne, que j’ai remporté, fin février à Varsovie. Cela m’a rassurée même si ce n’était pas un véritable objectif. J’avais surtout besoin de savoir où j’en étais par rapport au travail effectué, au régime pour être au poids et aussi d’essayer de mettre en place de nouvelles choses. A cet égard, ce tournoi, qui m’a permis de renouer avec la compétition, s’est bien passé. Même si tout n’a pas été parfait et qu’il reste des choses à travailler et à analyser, je suis très satisfaite de cette rentrée en compétition. Après, on a eu un stage de préparation de quinze jours en Mongolie. C’était une période de travail intensif avec deux entraînements judo par jour, un peu de préparation physique et un test match face aux Mongoles. Je suis ressortie gonflée à bloc au niveau judo et au niveau humain car on a été très bien accueillis par les Mongols. Au retour en France, après une semaine de récupération, on a eu un nouveau stage, au Touquet cette fois. Il s’agissait avant tout de préparation physique avec une batterie de tests avant de revenir en début de semaine (Ndlr : semaine du 9 au 15 avril) pour démarrer la préparation pour les Championnats d’Europe de Chelyabinsk (26-29 avril).
On a fait encore des séances de physique et une semaine type s’articule avec 6 séances de judo et 2-3 séances de préparation physique. On a gardé ce rythme là jusqu’aux Championnats d’Europe avec quelques ajustements en fonction de l’état physique des uns et des autres. Ces Championnats d’Europe ne sont pas l’objectif prioritaire de la saison mais pour moi, cela reste un championnat avec un titre à prendre. J’y vais dans cet état d’esprit. Je pense d’abord aux Championnats d’Europe et on verra la suite après. Si je peux essayer des choses durant la compétition, je le ferai mais j’y vais avant tout pour m’imposer, pas en touriste ! Ce sera un bon exercice en vue des JO.

Enfin, on a eu un dernier stage au Japon, à Tokyo, après le Grand Chelem de Tokyo. Là, il y avait de la qualité et de la quantité au niveau judokas (sourire). Et en termes d’intensité, on a grimpé d’un ou deux degrés. C’était vraiment très bien. J’aime bien être plongée dans des stages comme ça car cela me permet d’être vraiment concentrée sur le judo, sur ce que j’ai à faire. Et là, c’était une période propice au travail de fond. C’est maintenant qu’il fallait mettre des choses en place, essayer de nouvelles techniques. Avec les Japonaises, qui sont des tueuses au sol, on a pu bien travailler au sol par exemple. Ce genre de stage permet de bien se recentrer sur le judo avant d’aborder la saison qui arrive. Par rapport à mes stages passés, je n’ai pas vraiment senti de changement dans le regard des autres filles depuis mon titre de Bercy. Mais c’est sûr que quand la championne du monde en titre est là, elles ont envie d’aller la rencontrer, de combattre contre elle et de voir ce que ça donne en fait (sourire). En plus, les Japonais sont très accueillants, j’étais tout le temps invitée, jamais toute seule. Au moins, ça c’est bien (sourire). Mais j’ai quand même souffert, ce n’était pas «fingers in the nose», loin de là. C’est pour ça que ces stages à l’étranger sont très intéressants.
Là, je suis en repos mais je vais reprendre l’entraînement le 26 décembre pour préparer le Masters d’Almaty, qui va arriver très vite (Ndlr : 14-15 janvier). Il va falloir que je me remette au régime et ce n’est pas évident en période de fêtes. Je vais devoir faire attention, voire très attention durant les fêtes. Et si je fais un excès, le lendemain, il faut aller courir (sourire). Mais je sais pourquoi je fais ça. A six mois des Jeux, c’est beaucoup plus facile à accepter.
Depuis les Mondiaux de Bercy, j’ai eu pas mal de sollicitations médiatiques et autres. C’est bien car ça fait parler du judo. J’en ai bien profité en allant par exemple pour la première fois de ma vie à Monaco, pour assister au Sportel. J’ai vu le prince Albert, c’était sympa. J’ai également fait pas mal d’actions pour des associations, comme j’ai l’habitude de le faire. On n’a pas beaucoup de moments comme ça dans une carrière donc ça fait du bien d’être sollicitée. J’en ai bien profité mais maintenant, il faut se remettre au travail, en mode préparation pour les Jeux Olympiques de Londres.
Ma performance lors de ces Mondiaux me booste encore plus en vue des Jeux Olympiques de Londres 2012. J’ai toujours dit que les JO étaient l’échéance la plus importante pour moi et que ces Mondiaux n’étaient qu’une étape. Ils sont maintenant passés et je suis encore plus déterminée à aller jusqu’au bout pour être au top aux Jeux. En attendant, je vais prendre quelques semaines de vacances avant de reprendre l’entraînement un peu plus tôt que prévu en vue de la rencontre France-Japon du 23 septembre, encore à Bercy, en faveur des sinistrés du Japon (Ndlr : après le tremblement de terre de mars dernier). On redémarrera crescendo et c’est à ce moment-là, avec mon entraîneur, Christian Chaumont, et Martine Dupond, responsable de l’équipe de France féminine, qu’on analysera mes combats et on verra ce qu’il faut encore travailler en vue de Londres.
L’objectif à Rio n’était pas de gagner mais d’essayer de mettre en place des choses, continuer le travail entamé avec Christian (Ndlr : Chaumont). J’ai essayé de passer des clés de bras, de travailler sur des enchaînements de mouvements nouveaux en vue des Championnats du Monde de Bercy cet été. Sur ce plan-là, même si j’ai perdu en finale, je suis satisfaite de moi-même. D’autant que quand on va sur une compétition sans grand enjeu, comme ce tournoi l’était pour moi, c’est parfois difficile de se motiver mais j’ai tenté des choses. J’ai encore des choses à travailler mais je suis tout de même contente.
Chez les filles, on a bien cartonné dans ces Championnats. Ça fait plaisir car on était sortis frustrées des Mondiaux de Tokyo où on avait remporté une seule médaille avec le titre de Lucie (Ndlr : Decosse). On a vraiment une bonne dynamique de groupe combiné à un gros travail individuel et le résultat est là ! Maintenant, on sait que ce n’est qu’une étape. Il va falloir continuer à travailler en vue des Championnats du Monde à Bercy cet été et surtout en vue des Jeux Olympiques. Je vais continuer à travailler sur mes points forts et développer d’autres aspects de mon judo pour arriver au top.
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