Ce dimanche a lieu la 4e manche de Coupe du Monde,
à La Bresse, chez moi, dans les Vosges. C’est un grand moment de ma carrière de
sportif. Je pense que cela va être énorme au niveau du spectacle. Il va y avoir
énormément de monde qui va faire le déplacement. On annonce autour de
20 000 spectateurs ! Ça va être une grande fête du VTT.

Bien sûr, il y aura un peu d’émotion mais je ne me mets pas de pression. Je me suis préparé sérieusement. Malheureusement, j’étais malade la semaine dernière en République tchèque et j’ai préféré abandonner. Je ferai du mieux que je pourrai. Cela ne sert à rien de se mettre une pression inutile. Il faut juste que ce soit du plaisir. Quelque part, le fait d’avoir une Coupe du Monde pratiquement chez moi, c’est une récompense. J’ai une grosse motivation, mais il ne faut pas que cela se transforme en mauvais stress.
Il est certain que d’être le local de l’étape a un peu joué en faveur du dossier. Mais le dossier était de toute façon super. Les organisateurs de La Bresse ont déjà l’expérience de l’organisation de manches de descente. D’ailleurs, ils ont été désignés deux fois de suite meilleure organisation en descente. De mon côté, j’ai été sollicité pour donner mon avis sur le dessin du circuit parce qu’ils ont décidé de tout créer en centre-ville. Je leur ai apporté mon expérience sur des petits détails, des points de parcours, des petites modifications.
Il est sûr que personne ne connaît mieux le parcours que
moi. A chaque fois que je sors à l’entraînement, je vais rouler sur ce circuit.
Ce sera un bel avantage mais la concurrence sera rude. Je pense en effet qu’il
s’agira de la manche la plus intense de Coupe du Monde. Pour pratiquement tous
les pays, c’est la dernière manche qualificative pour les Jeux. Tous les
coureurs seront au top de leur forme pour obtenir ou finaliser leur sélection.
Cela va être un test grandeur nature avant les Jeux Olympiques.
Ce sera peut-être aussi la dernière fois que je cours devant le public français. Il a fallu attendre de 2003 à 2012 pour avoir une manche de Coupe du Monde en France. Je ne sais pas combien de temps il faudra attendre pour en avoir une nouvelle. Mais s’il faut attendre aussi longtemps, oui ce sera ma dernière Coupe du Monde en France. Parce qu’à 45 ans, je ne roulerai plus ! A moins qu’on ait une manche l’année prochaine et que je roule l’année prochaine, mais ça je n’en sais rien. En tout cas, je vais tout faire pour en profiter cette année parce que je ne sais pas si l’occasion se représentera.
C’est d’autant plus une bonne surprise que dans le timing, je ne devais pas être à 100 % sur cette manche. J’avais prévu d’être un peu mieux qu’à Pietermaritzburg mais pas encore à mon meilleur. C’est encourageant de voir que je peux gagner sans être forcément au top niveau. Qui plus est, ce fut une victoire en costaud. On s’est livré une super bagarre avec Nino (Schurter). On ne s’est pas quitté d’une semelle pendant quatre tours. Je savais qu’il ne fallait surtout pas attendre le dernier tour parce qu’il était plus rapide que moi dans la dernière descente et arriver au sprint avec lui, c’était quasiment perdu d’avance. Je devais donc attaquer le plus loin possible. J’ai attaqué une première fois dans la dernière montée de l’avant-dernier tour. Il est revenu sur moi et a même essayé de me contrer. Puis, j’ai réattaqué dans la première montée du dernier tour et là, il a décroché. Ça fait toujours du bien au mental de se rassurer, de voir qu’on est dans le coup. Le petit bonus est que je suis le premier vététiste à gagner trois fois à Houffalize. Il faut continuer à travailler dans ce sens-là. Si je peux en gagner encore quelques-unes avant les Jeux, je ne vais pas me priver.
C’était intéressant de voir ça maintenant, de voir sur quoi travailler. Il y avait tout un travail de trajectoires à faire. Je sais que je maîtrise les difficultés, c’est bien. Le circuit était ouvert deux jours. On a donc beaucoup roulé, on a profité de ces deux journées pour emmagasiner un maximum d’infos. C’était un peu éprouvant de rouler comme ça au lendemain et au surlendemain d’une Coupe du monde. Voilà pourquoi j’étais au repos le week-end dernier. Je sais que je dois continuer à travailler sur l’explosivité, ce que je fais déjà depuis deux ans. Je reprends ce week-end en Belgique. Le week-end suivant, je serai sur la route et ensuite nous reprenons la Coupe du monde à Nove Mesto. Ce sera un premier test avant La Bresse où là, ce sera très important pour moi devant mon public.
Je rentre d’Afrique du Sud où avait lieu le week-end dernier
la première manche de Coupe du monde, à Pietermaritzburg. Je termine 4e.
L’objectif était de faire un Top 5, donc une 4e place c’est tout à
fait dans les clous. C’est même vraiment bien puisque le but n’était pas
d’arriver à 100 %, étant donné que la saison va être très longue et que les
objectifs sont un peu plus loin. De plus, avec ma chute en février, j’avais
peur d’avoir pris un peu de retard mais finalement, cela n’a pas été
préjudiciable. C’est la première fois que je dispute une Coupe du monde avec si
peu de compétitions dans les jambes. Je suis arrivé avec seulement deux courses
sur route et une en VTT. C’est bien de constater que je suis à ce niveau avec
un programme si léger.

C’est une activité que j’aime bien et qui est très pratique quand les conditions météo ne sont pas bonnes pour rouler en plaine (verglas, neige). D’un point de vue physique, c’est idéal parce que cela permet de travailler le cardio. Sur les skis, on est à pratiquement 20 pulsations supérieures par rapport au vélo. Cela me procure également un renforcement musculaire du haut du corps, et on a beaucoup moins froid qu’à vélo. Une sortie de deux heures en ski de fond, cela équivaut à 3h30 en vélo. Ça fait la caisse et quand je reprends le vélo, je n’ai plus qu’à reprendre le geste de pédalage et je suis tout de suite dans le rythme. L’autre avantage, c’est de pouvoir travailler en pratiquant une autre discipline. Pour la tête, c’est sympa, c’est moins lassant.
J’ai profité tout le mois de janvier du temps clément dans les Vosges pour bien travailler à la maison. Cette semaine, c’est un peu plus compliqué avec le froid. J’ai roulé sous la neige mardi mais c’est surtout le froid qui glace. Hier matin (mercredi matin), j’ai fait une sortie de 3 heures par -7°C. Ça correspond au moins à 5 heures sous le soleil ! Je repars donc en fin de semaine à Fréjus pour trouver des conditions idéales et profiter des premières courses sur route organisées là-bas. Je reprendrai la compétition le 19 février lors du prix Jean Masse à Marseille.
A part ça, j’ai eu l’opportunité il y a deux semaines de participer au trophée Andros à Saint-Dié-des-Vosges. Un volant Skoda réservé aux personnalités s’est libéré l’avant-veille de la course. Max Mamers, l’organisateur, savait que je serais intéressé et a proposé mon nom. Je connaissais un peu, j’avais déjà fait quelques apparitions en sprint-car. Alors quand on me l’a proposé, je n’ai pas réfléchi bien longtemps ! Ça s’est super bien passé, j’ai assez vite trouvé les sensations. J’ai attaqué directement par la course parce que les conditions n’étaient pas assez bonnes lors des essais. Dès la deuxième course, j’étais dans le rythme du milieu de peloton. En fait, ce que me disait l’ingénieur de la voiture, tous les sportifs qui viennent des sports de vitesse, de glisse ou du cyclisme s’adaptent très rapidement parce qu’on a déjà la notion de trajectoire. On n’a pas peur de la vitesse, on s’y fait assez vite. Au niveau de la gestion des trajectoires, de la glisse, du freinage, on peut trouver des similitudes avec le VTT. Je me suis régalé !
J’ai commencé par des
cross régionaux chez moi dans les Vosges la semaine dernière. J’ai d’ailleurs terminé
2e à Remiremont derrière mon grand pote Steve Chainel, le
vice-champion de France, et j’ai gagné à Saint-Nabord dimanche dernier devant
le champion de Lorraine. Je vais enchaîner avec des courses plus relevées au
mois de novembre avec les meilleurs Français (Francis Mourey, John Gadret,
Steve Chainel…), les Belges, les Suisses, à Nommay notamment, et en
Superprestige. Je vais aussi courir pour la première fois en Bretagne à
Plougasnou. Cela fait des années qu’ils m’invitent, alors j’ai trouvé un peu de
temps pour eux.
Au-delà des
différentes courses, c’est un moment de partage, de convivialité, où l’on peut
échanger avec les passionnés, observer toutes les nouveautés techniques avec le
salon même si moi, je ne vois pas grand-chose ! Et puis, l’ambiance est festive,
il y a des apéros tous les soirs, c’est très sympa ! Je le fais avec grand
plaisir parce que c’est le seul moment en fait où je peux le faire, où je peux
être à 100 % disponible, au contact de passionnés de vélo. C’est sympa de
discuter avec eux, cela ouvre les yeux sur autre chose et puis quelque part, ce
sont aussi eux qui nous font vivre parce que ce sont des consommateurs. Ils
achètent les vélos, le matériel.
J’étais pourtant dans un bon jour. Pour gagner, il aurait fallu que je sois dans un jour extraordinaire. Je prends cela comme une source de motivation pour les Jeux. Maintenant, ils sont deux devant moi. Mais à Londres, il y aura d’autres paramètres. La course sera plus nerveuse, il y aura plus de relances, ce qui conviendra moins à Kulhavy. D’autres concurrents pourront prétendre gagner. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra réaliser la course parfaite ce jour-là, ne commettre aucune faute technique. 
En tout cas, je me suis prouvé que le circuit me convenait. Je
suis rassuré parce que c’est beaucoup moins pire que ce que je ne l’imaginais.
C’est même plutôt sympa à rouler, on se fait plaisir. Après, c’est totalement
atypique. On n’a pas l’habitude de rouler sur ce genre de circuit ultra
artificiel mais malgré tout dur physiquement et techniquement. Il y a des
passages très engagés, avec des sauts, des passages à l’aveugle. Cela a été
créé de toutes pièces pour la télévision. Ils ont voulu faire du spectaculaire,
et ça va être le cas. Il faudra se méfier de deux points critiques : ne
surtout pas rater le départ parce que c’est très difficile de doubler, et le
placement. Il y a tellement de virages, de changements de rythme, qu’on peut
rouler dans les roues mais pas en peloton. Au-delà de la 4e place,
on prend déjà beaucoup d’à-coups. Il n’y aura pas droit à l’erreur.
Cette année, je souhaitais vraiment trouver la meilleure façon d’arriver au top de ma forme aux Championnats du Monde à Champéry en septembre. J’ai pesé le pour et le contre. Je privilégie à fond ce Championnat du Monde cross court. C’est pour ça que je ne vais pas faire le déplacement outre-Atlantique pour les deux manches de Coupe du Monde canadienne et américaine. Je peux dire que je bride le classement général de la Coupe du Monde puisqu’en faisant deux fois zéro, je risque de voir échapper la victoire. Mais la Coupe du Monde, je l’ai gagnée cinq fois. Ce que je veux absolument, c’est retrouver le maillot de champion du monde qui m’échappe depuis un certain temps. Le but, c’est de garder de la fraîcheur physique. En évitant ce déplacement, l’enchaînement des courses juillet-août qui était hyper serré, je me mets dans les meilleures conditions.
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