Récemment par William Accambray
Depuis le début de la Ligue des Champions cette saison, nous avons alterné le très bon et le très moyen. On avait bien commencé en allant s’imposer à Kiel mais c’est vrai qu’après, nous avons malheureusement eu du mal à confirmer. On a échoué à Copenhague, à Leon… Cela ternit en partie notre bilan et surtout, cela signifie que nous terminons à la 4e place de notre poule. Cela ne nous met pas en position favorable pour la suite de la compétition. En ce qui me concerne, je pense avoir été à l’image de l’équipe, à savoir bon au début, puis après j’ai eu un coup de moins bien et enfin il y a eu cette blessure au doigt. Depuis, j’ai pas mal galéré et je peine à revenir à 100% de mes moyens. Mais j’ai bon espoir que cela aille mieux face à Barcelone…
Barcelone justement, c’est certainement la meilleure équipe actuellement en Europe. C’est sans doute le plus gros morceau que l’on pouvait tirer. Maintenant, si nous voulons faire quelque chose d’important dans cette Ligue des Champions, il faudra bien que l’on gagne contre ce genre d’adversaires. Contrairement à Kiel qui est une équipe que l’on craint beaucoup plus pour son attaque, Barcelone est une formation très complète, à la fois forte en attaque et régulière en défense. J’ai le souvenir d’avoir déjà joué contre eux il y a quelques années et cela avait été deux matches serrés. On avait gagné chez nous d’ailleurs… Je nous crois capable de passer en tout cas. Et je ne compte pas appeler Xavier (Barachet) pour avoir des informations. Si je l’appelle, ce sera plutôt pour prendre de ses nouvelles. Car pour Barcelone, je pense que l’on aura le droit à suffisamment de vidéos pour être parfaitement préparés. Sans compter que Xavier joue arrière droit et que nous n’aurons donc pas le même vis-à-vis.
Mais le problème actuellement pour nous, ce n’est pas vraiment Barcelone. C’est davantage d’être capable de retrouver notre jeu, notre force collective. En ce moment, nous n’arrivons pas à être tous au diapason dans nos performances individuelles. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi. Physiquement, je pense que l’on est bien. En championnat de France, on arrive à s’en sortir mais face à une formation comme Barcelone, il faudra que l’on élève sérieusement le niveau. Après, de mon côté, je connais l’importance de ces deux matches mais pour mon club, pas pour moi et une possible sélection pour les JO. Londres, pour l’instant, je n’y pense pas. Cette Ligue des Champions est ma seule préoccupation car elle est très importante pour tout le club. Cela fait plusieurs années que l’on échoue trop tôt dans cette compétition et j’ai à cœur que cela change. En plus, on sait que si on parvient à éliminer Barcelone, d’une situation compliquée, on passera à une situation avantageuse. Ce serait vraiment quelque chose de bien pour nous.
J’ai vécu un Euro un peu à l’image de tout le groupe, c’est-à-dire avec beaucoup de frustration. On n’arrivait pas à produire du jeu sur le plan collectif. Pour moi, c’était une compétition particulière car je revenais tout juste d’une blessure de plus d’un mois. Je n’étais pas à 100%, j’ai pris la préparation en vol. Et puis sur l’Euro en lui-même, je n’ai pas eu énormément de temps de jeu, hormis sur le dernier match. Cette rencontre contre l’Islande, ce n’était pas une délivrance mais je reconnais qu’elle était bien pour moi, pour ma tête, pour me dire que même sur un match comme cela, je pouvais montrer au sélectionneur qu’il pouvait compter sur moi. Après, je sais bien que cela ne changeait rien à la donne et à notre décevant résultat final. Mais cela m’a quand même fait du bien d’avoir du temps de jeu, d’être sur le terrain, de retrouver du rythme car c’est vraiment ce qu’il me manquait.
Au sujet des déclarations du sélectionneur sur mon investissement, je dois avouer que je n’ai pas compris pourquoi il avait dit cela. Il a dit des choses qui, à mon sens, étaient fausses. Après, je suis allé le voir et on a pu discuter tranquillement. Il m’a dit qu’il pensait que j’avais fait la tête après le deuxième match de préparation contre la Norvège car je n’étais pas rentré sur le terrain. Je lui ai assuré que ce n’était pas le cas. Tout est parti de là. Il en a parlé de façon un peu maladroite je pense. Pendant deux jours, cela m’a miné mais dès que l’on a pu s’expliquer, il n’y a eu aucun problème, il m’a dit qu’il me faisait confiance. A aucun moment, il y a eu de clash, comme cela avait pu être dit dans la presse. Quant à mon rôle lors de cet Euro, très sincèrement, je ne m’attendais pas à grand-chose. Je ne réclamais rien car je savais que le sélectionneur pouvait s’appuyer sur les anciens du groupe et c’est ce qu’il a fait. Je n’étais pas plus que cela dans ses plans, mais je m’y étais préparé, surtout avec ma blessure qui est survenue au plus mauvais moment. Cela ne m’a pas aidé.
Après la compétition, cela m’a fait du bien de revenir à Montpellier, de retrouver mon chez moi, de revoir mes amis… Ce n’est pas évident de vivre comme cela, en vase clos pendant un mois. On a parfois envie d’autre chose. Et puis l’avantage avec Montpellier, c’est que l’on replonge de suite dans la compétition. L’Euro n’est pas un sujet tabou, que ce soit avec Niko (Karabatic), Mika (Guigou) ou Sam (Honrubia), mais on ne ressent pas le besoin d’en reparler. Aujourd’hui, je ne veux plus repenser à cet Euro. Je ne veux pas douter ni être perturbé par des pensées négatives. J’ai mes objectifs en club sur cette fin de saison et ils sont extrêmement importants. Quand je suis en sélection, je ne pense qu’à la sélection et quand je suis en club, même si c’est moins catégorique évidemment, je reste concentré sur ce que je dois y faire.
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