Récemment par William Accambray

Acc.JPGC’était une semaine internationale (Ndlr : avec deux matches amicaux programmés contre la Suisse) qui devait surtout servir pour discuter de ce qui nous était arrivé lors du dernier Euro. On voulait voir tous ensemble s’il fallait régler certains points, s’il fallait corriger certaines choses. Au niveau de la préparation par exemple, je ne suis peut-être pas le mieux placé pour en parler puisque je l’ai prise en cours et que je n’étais pas avec le groupe pour la première semaine, mais on a constaté qu’il fallait sans doute que l’on gère mieux le temps que l’on accorde aux médias. Il ne faut pas que l’on mette des barrières pour autant, mais on doit gérer cela différemment. J’ai entendu dire que lors de la première semaine, les entraînements n’étaient même pas terminés que les journalistes étaient déjà sur le terrain. Cela fait partie des petites choses que l’on doit régler. 

Du coup, on a fait pas mal de réunions pour parler de tout ça en début de semaine, en utilisant aussi souvent la vidéo. On a fait le bilan et nous en sommes venus à la conclusion qu’il n’était pas utile ou indispensable de changer grand-chose, si ce n’est revenir à un peu plus de simplicité dans le jeu. On doit peut-être réduire le nombre de nos enclenchements pour les faire un peu mieux. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire face à la Suisse lors des deux matches et cela nous a plutôt bien réussi. Mais pour le reste, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de faire une révolution. Et tout ce qui s’est dit lors de cette semaine l’a été de manière cordiale, sans méchanceté. On ne s’est pas tiré dans les pattes comme le laissait entendre la polémique Fernandez-Karabatic qui, de mon avis, a surtout été habilement montée en épingle par une certaine presse. On a eu l’impression qu’il s’agissait d’un gros conflit alors qu’en fait, il n’y avait quasiment rien.

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Après, en ce qui me concerne, ces deux matches et ce rassemblement m’ont fait du bien, même si déjà avec Montpellier lors des deux derniers matches contre Nantes j’avais repris du poil de la bête. J’ai retrouvé un peu mon jeu. Depuis deux semaines, je me sens bien, je ne me pose plus de questions comme un mois auparavant. Face à la Suisse, j’ai joué libéré, même si je savais que d’une certaine façon, je jouais gros avant les Jeux. C’était bien pour moi de montrer ce que je savais faire avant le début de la préparation et de prouver au sélectionneur qu’il pouvait compter sur moi, y compris même sur le poste d’arrière droit. Dans cette équipe de France, les places sont très chères et il faut toujours montrer que l’on peut apporter un plus, notamment en termes de polyvalence. Que ce soit à gauche ou à droite, je dois donc m’efforcer d’être le plus performant possible. A ce titre, je suis assez satisfait de mes prestations. 

Maintenant, il faut se replonger avec le club et cette finale de Coupe de France face à Ivry (le 15 avril à Bercy) pour laquelle nous ferons figure de grand favori sur le papier. Mais sur le papier seulement car on peut me dire ce qu’on veut, cela reste une finale. Le résultat n’est jamais acquis à l’avance, surtout dans ce type de match. A Montpellier, tous ceux qui l’ont joué se souviennent de la finale de Coupe de la Ligue perdue face à Istres à Miami. Et à l’époque, on était déjà donné grand favori. En plus, on a quelques pépins physiques avec la sérieuse blessure de Vid Kavticnik ou l’incertitude qui pèse sur la participation de Niko (Karabatic). Donc cela ne sera pas facile et il faudra vraiment tout donner pour décrocher ce titre.

Depuis le début de la Ligue des Champions cette saison, nous avons alterné le très bon et le très moyen. On avait bien commencé en allant s’imposer à Kiel mais c’est vrai qu’après, nous avons malheureusement eu du mal à confirmer. On a échoué à Copenhague, à Leon… Cela ternit en partie notre bilan et surtout, cela signifie que nous terminons à la 4e place de notre poule. Cela ne nous met pas en position favorable pour la suite de la compétition. En ce qui me concerne, je pense avoir été à l’image de l’équipe, à savoir bon au début, puis après j’ai eu un coup de moins bien et enfin il y a eu cette blessure au doigt. Depuis, j’ai pas mal galéré et je peine à revenir à 100% de mes moyens. Mais j’ai bon espoir que cela aille mieux face à Barcelone…

Accambray.JPGBarcelone justement, c’est certainement la meilleure équipe actuellement en Europe. C’est sans doute le plus gros morceau que l’on pouvait tirer. Maintenant, si nous voulons faire quelque chose d’important dans cette Ligue des Champions, il faudra bien que l’on gagne contre ce genre d’adversaires. Contrairement à Kiel qui est une équipe que l’on craint beaucoup plus pour son attaque, Barcelone est une formation très complète, à la fois forte en attaque et régulière en défense. J’ai le souvenir d’avoir déjà joué contre eux il y a quelques années et cela avait été deux matches serrés. On avait gagné chez nous d’ailleurs… Je nous crois capable de passer en tout cas. Et je ne compte pas appeler Xavier (Barachet) pour avoir des informations. Si je l’appelle, ce sera plutôt pour prendre de ses nouvelles. Car pour Barcelone, je pense que l’on aura le droit à suffisamment de vidéos pour être parfaitement préparés. Sans compter que Xavier joue arrière droit et que nous n’aurons donc pas le même vis-à-vis.

Mais le problème actuellement pour nous, ce n’est pas vraiment Barcelone. C’est davantage d’être capable de retrouver notre jeu, notre force collective. En ce moment, nous n’arrivons pas à être tous au diapason dans nos performances individuelles. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi. Physiquement, je pense que l’on est bien. En championnat de France, on arrive à s’en sortir mais face à une formation comme Barcelone, il faudra que l’on élève sérieusement le niveau. Après, de mon côté, je connais l’importance de ces deux matches mais pour mon club, pas pour moi et une possible sélection pour les JO. Londres, pour l’instant, je n’y pense pas. Cette Ligue des Champions est ma seule préoccupation car elle est très importante pour tout le club. Cela fait plusieurs années que l’on échoue trop tôt dans cette compétition et j’ai à cœur que cela change. En plus, on sait que si on parvient à éliminer Barcelone, d’une situation compliquée, on passera à une situation avantageuse. Ce serait vraiment quelque chose de bien pour nous.

J’ai vécu un Euro un peu à l’image de tout le groupe, c’est-à-dire avec beaucoup de frustration. On n’arrivait pas à produire du jeu sur le plan collectif. Pour moi, c’était une compétition particulière car je revenais tout juste d’une blessure de plus d’un mois. Je n’étais pas à 100%, j’ai pris la préparation en vol. Et puis sur l’Euro en lui-même, je n’ai pas eu énormément de temps de jeu, hormis sur le dernier match. Cette rencontre contre l’Islande, ce n’était pas une délivrance mais je reconnais qu’elle était bien pour moi, pour ma tête, pour me dire que même sur un match comme cela, je pouvais montrer au sélectionneur qu’il pouvait compter sur moi. Après, je sais bien que cela ne changeait rien à la donne et à notre décevant résultat final. Mais cela m’a quand même fait du bien d’avoir du temps de jeu, d’être sur le terrain, de retrouver du rythme car c’est vraiment ce qu’il me manquait.

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Au sujet des déclarations du sélectionneur sur mon investissement, je dois avouer que je n’ai pas compris pourquoi il avait dit cela. Il a dit des choses qui, à mon sens, étaient fausses. Après, je suis allé le voir et on a pu discuter tranquillement. Il m’a dit qu’il pensait que j’avais fait la tête après le deuxième match de préparation contre la Norvège car je n’étais pas rentré sur le terrain. Je lui ai assuré que ce n’était pas le cas. Tout est parti de là. Il en a parlé de façon un peu maladroite je pense. Pendant deux jours, cela m’a miné mais dès que l’on a pu s’expliquer, il n’y a eu aucun problème, il m’a dit qu’il me faisait confiance. A aucun moment, il y a eu de clash, comme cela avait pu être dit dans la presse. Quant à mon rôle lors de cet Euro, très sincèrement, je ne m’attendais pas à grand-chose. Je ne réclamais rien car je savais que le sélectionneur pouvait s’appuyer sur les anciens du groupe et c’est ce qu’il a fait. Je n’étais pas plus que cela dans ses plans, mais je m’y étais préparé, surtout avec ma blessure qui est survenue au plus mauvais moment. Cela ne m’a pas aidé.

Après la compétition, cela m’a fait du bien de revenir à Montpellier, de retrouver mon chez moi, de revoir mes amis… Ce n’est pas évident de vivre comme cela, en vase clos pendant un mois. On a parfois envie d’autre chose. Et puis l’avantage avec Montpellier, c’est que l’on replonge de suite dans la compétition. L’Euro n’est pas un sujet tabou, que ce soit avec Niko (Karabatic), Mika (Guigou) ou Sam (Honrubia), mais on ne ressent pas le besoin d’en reparler. Aujourd’hui, je ne veux plus repenser à cet Euro. Je ne veux pas douter ni être perturbé par des pensées négatives. J’ai mes objectifs en club sur cette fin de saison et ils sont extrêmement importants. Quand je suis en sélection, je ne pense qu’à la sélection et quand je suis en club, même si c’est moins catégorique évidemment, je reste concentré sur ce que je dois y faire. 

À propos de ce blog

Ils sont champions olympiques, ou rêvent de le devenir. Ils vont goûter à leurs premiers Jeux, ou vivre leurs dernières émotions. Une seule et même volonté les anime : briller à Londres aux JO 2012. Dans un monde sportif parfois en perte de repères, il existe une «famille» où les valeurs chères au Baron Pierre de Coubertin signifient encore quelque chose. Cette famille, c’est celle des «sports olympiques». Une existence tournée vers un match, un assaut, une course de deux heures ou dix secondes, où tout se joue. Parce que le rendez-vous d’une vie se prépare, nous vous proposons de suivre le quotidien de Julien Absalon, Renaud Lavillenie, Maureen Nisima, Sébastien Rouault, Grégory Baugé, Gévrise Emane, William Accambray, Alexis Vastine et Jimmy Vicaut. Neuf champions, neuf sports, neuf destins, neufs histoires à découvrir en toute intimité jusqu’aux Jeux Olympiques de Londres, jour de gloire ou de désespoir.

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  • sisi : étoile brillante...félicitation championne ,,,sincerement j ss trop impressionée par ton lire la suite
  • BioDours : Détermination dans les compétitions, et douceur en soutenant BioDours le lire la suite
  • smurfi : bravo julien , les vosges comptent sur toi et te lire la suite
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