Même à l'heure où le vent de Sibérie légitime nos envies de cocooning télévisuel, s'infuser un match du Barça devant son écran surdimensionné est le plus vulgaire remède à un samedi soir sans fièvre. Le FC Barcelone n'est-il pas devenu, au fil de ses triomphes, l'équipe de foot la plus prévisible, la plus ennuyeuse, la plus insupportable de tous les temps?

pepemessi.jpgUn: ils gagnent toujours ou presque. Songez plutôt: depuis que le trop lisse pour être honnête Pep Guardiola en a pris les commandes, les Blaugranas ont remporté cent cinquante-neuf de leurs deux-cent vingt-et-un matches officiels, toutes compétitions confondues. 71,95% de victoire: quelle abominable routine, en effet!

Deux: corollaire, ils ne perdent jamais. Depuis le 13 août 2008, Lionel Messi et son gang n'ont lâché que dix-huit matches (8,14% de défaites!), taillant gaillardement des croupières à la prétendue "glorieuse incertitude du sport" via deux ratios qui en disent long sur l'irréalité de leur domination: douze matches joués pour un perdu; 3,56 buts marqués pour 1 encaissé!

Rarement, de mémoire de footballogue, le fleuve tri-séculaire du sport d'élite moderne n'aura été pareillement détourné au seul profit de l'un de ses acteurs. Pareille emprise est rarement exempte de suspicion, soit dit en passant.

Résultat, notre société de zappeurs idolâtres et versatiles n'en peut plus. Insidieusement, le Barça bashing s'empare de nos esprits. Après s'être grégairement abreuvée d'hagiographie blaugraniste (Barca-plus-grande-équipe-de-tous-les-temps, Messi-génie-plus-fort-que-Pelé-et-Maradona-réunis), il semble que la vox populi soit sur le point de se détourner du "mythe de la Manita" et son euphorisante idéologie. 5-0logo.jpg

Ah! La Manita! J'ai failli oublier de vous en causer. Quand seulement dix des deux-cent vingt-et-un matches (4,52%) du "Barçiola" ont accouché d'un 0-0, vingt (9,05%) ont laissé son adversaire fanny en ayant encaissé cinq buts ou plus!

Si cela continue, il faudra que cela cesse. Voilà comment et pourquoi l'obscène cerbère madrilène Pépé est devenu le héros des deux derniers Clasicos, les 18 et 25 janvier en quart-de-finale de la Coupe du Roi (1-2, 2-2). Volant d'attentat en simulation, jusqu'à voler la vedette au triple Ballon d'Or, auquel l'ineffable milieu-défenseur luso-brésilien fit péter les plombs, au match retour, sous forme d'une vendetta inattendue, quoique méritée.

Tout ça pour en revenir au vent de Sibérie et à nos envies de cocooning télévisuel. Ce soir, l'insupportable Barça de Lionel Messi reçoit, devant l'arrogant public du Camp Nou, la Real Sociedad coachée par le Français Philippe Montanier, à Saint-Sébastien depuis l'été 2011 après avoir fait ses classes d'entraineur à Boulogne sur Mer et Valenciennes. Rien que ça!        

En préambule, quatre réflexions pour replacer le match dans toute sa dimension dramaturgique.

Un: le Barça jouera sans Villa, Iniesta, et Alexis Sanchez, blessés à plus ou moins long terme.

Deux: la Real Sociedad est l'avant-dernière équipe à avoir eu la peau de la tornade catalane. 2-1 à Anoeta, pour la 34e journée de Liga 2010-11, le... 30 avril dernier!

Trois: le Barça reste sur trois matches sans victoire (trois nuls). Vous avez bien lu: trois! Sous le règne de Guardiola, pareil événement n'est arrivé qu'à deux reprises auparavant: du 26 août au 13 septembre 2008 (deux défaites et un nul) puis du 14 février au 4 mars 2009 (deux nuls et trois défaites). Cette saison-là, le Barça avait accompli un fameux autant qu'inédit sextuplé. Enfin moi, ce que j'en dit...          

Quatre: ce piteux triptyque coïncide avec l'hallucinant mutisme de Lionel Messi, coupable de 30,9% des buts du Barçiola et dont les dernières réalisations (un banal triplé) remontent au 22 janvier et une victoire 4-1 à Malaga, en Liga.  

Tout cela sent la crise, mes amis. La crise de foie d'une société gavée de caviar et en attente de malbouffe. La crise de rire, me concernant.

En attendant que la Maison Bleue (et Rouge) ne chute de la colline dorée à laquelle elle s'accroche depuis bien trop longtemps, je crois que je vais me replonger dans Nietzsche. 

"La beauté ne doit rien au hasard (...) C'est, comme le génie, le résultat final du travail accumulé des générations..." (Le Crépuscule des idoles).

PS: le Barçiola ayant remporté hier soir (2-1) sa 160e victoire en 222 matches, Messi ayant marqué son 175e but, les pourcentages sont à recalculer. Ce qui ne change rien sur le fond du propos. Vu?
Quelques nouvelles du front, en ces temps de turbulences monétaires et de repli identitaire.
 
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En France, le PSG, l'OM, le LOSC, l'OL et Bordeaux se sont qualifiés ce week-end pour les huitièmes de finale de la Coupe de France (7 et 8 février). Passons sur la manière, inégale, le talent, inégalement réparti. L'aspect du réel à souligner, c'est que les cinq plus grands clubs français des dix dernières saisons, ceux qui ont thésaurisé 90% des trophées nationaux depuis la saison 2006-2007, poursuivent leur route dans la plus vénérable épreuve de France. Il faut remonter quatre ans en arrière pour retrouver semblable configuration: et si, comme partout en Europe, les lois de puissance économico-mathématiques s'appliquaient désormais à vieille dame naguère si portée sur la rébellion?  .

Deux de ces clubs, l'OM et l'OL, disputeront par ailleurs les demi-finales de la Coupe de la Ligue, les 31 janvier (Lorient - Lyon) et 1er février (OM - Nice) prochains. Leur affrontement final, le 14 avril au Stade de France, semble programmé et souhaitable à la fois. Et pas seulement par les gestionnaires de la Ligue de Football Professionnel: la répétition d'affiches majeures, telles que l'Olimpico, est l'un de ces facteurs pouvant permettre au football français de surmonter les turbulences financières tout en évitant le piège du repli identitaire.

En Ligue 1, pour finir, l'affiche retour de ce duel olympique à la charnière des deux tour de coupes déjà citées. OM-OL: cette opposition majuscule du football français, rituellement épique et dont le match aller, le 18 septembre (2-0 pour Lyon en clôture de la 6e journée) fut un remarquable trompe-l’œil, risque d'être le match le plus important de cette deuxième partie de saison.

Observez attentivement le classement de L1: huit points séparent déjà le PSG possède de Lyon, neuf de Marseille. Entre un Paris démultiplié par le business model qatarien et le savoir-faire ancelottien et le tandem olympique, il y a l'émergence de la génération Y (Yanga-Mbiwa) montpelliéraine et le courant statistique sur lequel surfent les Lillois: sur les quinze clubs ayant précédé le LOSC au panthéon du doublé Championnat-Coupe de France, entre 1934 (Sète) et 2008 (Lyon), les deux-tiers ont terminé le championnat suivant sur le podium et 87%, dans les quatre premiers.

Conclusion: du lyonnais ou du marseillais, l'un des deux piliers sur lesquels repose la souveraineté française en Europe, financière et identitaire, est menacé d'effondrement en fin de saison.

Depuis l'été 2003, celui de la canicule, qui vit le football européen franchir le point de non-retour, monétaire et réglementaire, Lyon a toujours participé à la phase de poules de la Ligue des Champions. A pouvoir se targuer de pareille performance, ils ne sont que six, à travers le continent (Real, Inter, Lyon et le trio anglais Manchester United, Chelsea et Arsenal); quatre, seulement, à s'être chaque année hissé au niveau des huitièmes de finale: Real, Chelsea, Arsenal et Lyon.

Sur la même période, l'OM en est à six participations aux phases de poule, dont cinq consécutives, et deux accessions d'affilée au Top 16. Cela en fait l'incontestable numéro 2 français, un statut consolidé par l'arrivée aux commandes du marqueur historique absolu pour l'OM, j'ai nommé Didier Deschamps.

L'un des deux, pourtant, restera sur la touche la saison prochaine. Je penche pour Lyon, dont le nombre de défaites (sept) après vingt journées renvoie aux aléas de la première décennie de l'ère Aulas, entre 1989 et 1998. Quoiqu'il en soit, il est probable que le perdant de ce poignant choc olympique doive accepter l'une des deux coupes nationales comme salaire de sa rétrogradation en Ligue Europa, laquelle peut-être un toboggan vers l'oubli: voir le destin de Liverpool, le PSV ou la Juventus ces deux ou trois dernières saisons.

Personnellement, cette situation ne me réjouit pas. Soyons clair: je n'ai rien contre les petits, les sans grade, les damnés de la terre. C'est juste que le modèle économique lillois est bien trop léger, même assis sur ce grand stade dont les bénéfices mettront des années à éclore; que la renaissance de Montpellier ne peut être autre chose qu'une anomalie saisonnière, le temps que le duo maléfique agents-dirigeants n'accomplisse son travail de sape coutumier.

C'est la loi du sport, dirons certains. Plus sûrement, la loi d'airain du capitalisme ancestral ou l'argent est toujours le nerf de la guerre. Le dilemme cornélien entre l'un ou l'autre des deux Olympiques (seize titres de Champion, quatorze coupes de France et trois Coupes de la Ligue à eux deux) marque le déclin du modèle entrepreneurial français, celui du capitanat d'industrie comme celui du mécénat d'héritage. Et en attendant l'hypothétique arrivée, d'un repreneur venu d'Orient (moyen ou extrême, peu importe), l'axe Paris-Lyon-Marseille restera introuvable.

Hors des frontières françaises, en Angleterre, un crash similaire est sur le point de se produire: celui qui devrait voir Arsenal sortir du "Big 4" d'outre-Manche, où le club londonien figure sans interruption depuis 1996-97 et l'arrivée d'Arsène Wenger au poste de "General Manager". Songez que dans l'ordre du mérite de la Ligue des Champions, Arsenal, finaliste de l'épreuve en 2006, figure au troisième rang européen avec quatorze participations consécutives à l'épreuve, juste derrière le Real (quinze) et Manchester United (seize).

Sic transit gloria mundi, parait-il. Le passé n'a pas empêché hier une partie des soixante mille spectateurs de l'Emirates Stadium de huer le commandeur Wenger, en désaccord avec son coaching, responsable selon eux de la victoire tardive de Manchester United sur leurs Gunners favoris (1-2). Du désaccord au désamour, il n'y a guère de distance, statistique à l'appui: Arsenal n'a gagné qu'un de ses dix derniers matches face aux Red Devils; avec 36 points après 22 journées, le club, désormais cinquième à cinq points du quatrième, Chelsea, connait sa pire saison depuis le début de l'ère Wenger ...   

Conclusion: l'an prochain, pourtant, Arsenal (ou Chelsea) et Liverpool, Lyon (ou Marseille) et Bordeaux, peut-être l'Ajax, la Roma voire l'Inter et l’ineffable duo Celtic-Rangers, seront privés de Ligue des Champions, l'une de leurs sources de vie. S'y abreuveront à leur place une escouade de figurants médiocres (à choisir parmi Debrecen, Zilina, Cluj, Borisov, Partizan et autres Galati) dont l'impéritie amoindrit la compétition jusqu'à la fausser (Zagreb).

Dire qu'il existe une autre solution, bien plus simple et plus équitable, pour pondérer l'impact des imposteurs; et ainsi, assurer la pérennisation des grands clubs de football et leur éviter de catastrophiques atterrissages dans le marais des clubs de dimension, condition et ambition inférieures: leur inscription au patrimoine historique européen, via la modification au mérite des conditions d'accession à la Ligue des Champions.

Si cela n'est pas possible, alors faudra-t-il un jour refonder l'épreuve sur les bases d'une juste et vraie compétition continentale, inspirée des Ligues Professionnelles d'outre-Atlantique. Après tout, le football n'a-t-il pas toujours été l'avant-garde de l'intégration européenne?

Le projet existe. Je suis prêt à vous en dévoiler les contours un prochain jour. En attendant, ce sera évidemment trop tard pour Lyon et/ou Marseille, et Arsenal. Les nouvelles du front sont décidément bien inquiétantes, ces temps-ci...    
En cette année annoncée critique, en cette France dégradée si vite, tenir ses résolutions pourrait être l'amorce d'une solution. De PSG - Toulouse (3-1) et Montpellier - Lyon (1-0), hier, à Marseille - Lille, ce soir (21h, Canal Plus): la Ligue 1 est repartie plein pot, via trois chocs opposant six des sept premiers du classement à mi-parcours.

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Pareille reprise valait bien un petit exercice de Footballogie pure. L'Histoire de la Ligue 1, comme celle des grandes compétitions, le stipule en effet: la logique systémique s'impose à toute autre. De fait, en se basant sur les vingt dernières saisons de L1, de 1991-92 à 2010-11, il était aisé d'isoler un certain nombre de lois, lesquelles établissent une véritable Constitution footballogique française. Celle-ci vise à prévoir le podium de la saison en cours, celle du 74e championnat de France professionnel de l'histoire. Attendu que...

Article 1
Dans 100% des cas, au moins un des clubs constituant le trio de tête à mi-parcours a conservé sa place sur le podium en fin de saison. Dans 75% des cas, au moins deux des clubs constituant le même trio à mi-parcours ont conservé leur place sur le podium en fin de saison (moyenne sur vingt ans: 1,9/3).

Article 2
Les deux premiers du classement au terme de la saison étaient déjà en tête à mi-parcours dans 25% des cas depuis la saison 1991-92 (35,6% depuis 1932-33), 10% seulement dans le même ordre (15,3% depuis 1933-34).

Article 3
Les trois mêmes clubs sur le podium au mitan et à la fin d'un championnat? Pareille conjonction ne s'est produite que dans 15% des cas depuis vingt ans, et jamais dans le même ordre: 1994-95 (Nantes, PSG, Lyon), 1999-00 (Monaco, Lyon, PSG) et 2001-02 (Lens, Lyon, Auxerre). Dénominateur commun: la présence de l'OL dans la triangulaire.

Rappel 2011-12: le podium à mi-parcours est constitué par le PSG (1er, 40 pts), Montpellier (2e, 37 pts) et Lille (3e, 36pts).

Article 4
Dans 100% des cas, lorsque le champion de France ne parvient pas à marquer plus d'un point lors des deux premiers matches de la saison de défense de son titre, il est au mieux deuxième en fin de saison. Cas de Monaco en 1997-98, Lens en 1998-99, Monaco en 2000-01, Nantes en 2001-02 et Marseille en 2010-11.

Article 5
La loi édictée à l'article 2 est vérifié dans 100% des seize cas similaires depuis la saison 1933-34, soit la deuxième édition de la compétition.

Article 6
Lorsque ce cas de figure se présente, le champion de France déchu termine à la deuxième place dans 25% des cas, dans les quatre premiers dans 50% des cas, dans les sept premiers dans 75% des cas. Reims en 1955-56 (10e), Nice en 1956-57 (13e), Monaco en 2000-01 (11e) et Nantes en 2001-02 (10e) se sont situés dans les 25% restants. Des quatre, seul Reims était sur le podium à mi-parcours: 1er, avant de s'écrouler alors qu'en parallèle, Kopa and co atteignaient la finale de la première Coupe d'Europe des clubs Champions, perdue face au Real Madrid (4-3). Fait curieux, il s'agissait à chaque fois d'un championnat à 18 clubs.

Rappel 2011-12: champion de France en titre, Lille comptait un point (un nul et une défaite) au terme des deux premières journées.

Article 7
Dans 95% des cas, au moins l'un des trois clubs ayant terminé sur le podium d'une édition du Championnat de France l'a à nouveau été un an plus tard. Seule la saison 1998-99 échappe à la règle: ni Lens, ni Metz, ni Monaco, les trois premiers du championnat 1997-98, ne se hissèrent sur le podium un an plus tard. Dans l'histoire de la L1, cette proportion est de 93%.

Article 8
Dans 90% des cas, les trois clubs ayant fini la saison sur le podium figuraient parmi les six premiers à mi-championnat. Exceptions: Monaco 1995-96 (de la 11e à la 3e place); Nantes 1996-97 (13e/3e); Lyon 2000-01 (7e/2e); Lille 2005-06 (8e/3e); Toulouse 2006-07 (10e/3e); OM 2007-08 (11e/3e). Hormis le cas lyonnais de 2000-01, qui contrairement aux autres disputait un championnat à dix-huit clubs et ne comptait que quatre points de retard à la fin des matches aller, toutes les équipes concernées n'ont pas fini mieux que troisième. 

Article 9
Le podium de la Ligue 1 n'a été constitué des trois mêmes clubs lors de deux saisons consécutives que dans 10% des cas (1991-92 et 1992-93, 2007-08 et 2008-09). Le cas de figure des trois premiers classés dans le même ordre deux années de suite ne s'est produit qu'une fois depuis l'aube de l'épreuve: Nantes, Bordeaux et Valenciennes, en 1964-65 et 1965-66. Soit 1,4% des cas!    

Rappel 2011-12: le podium de la L1 2010-11 était constitué de Lille (1er), Marseille (2e) et Lyon (3e).

Article 10
Dans 50% des cas, le futur champion de France est en tête à mi-parcours. Dans 80% des cas, il occupe l'une des deux premières places du classement de Ligue 1 au même stade de la saison. Sa position moyenne sur les vingt dernières saisons (2e) renforce la loi.

Article 11
Dans 20% des cas restants, le futur champion de France occupait la quatrième place du classement de Ligue 1 à mi-parcours (OM 1992-93, privé de son titre suite à l'affaire de corruption dite VA-OM, et Lyon 2002-03), la cinquième place (Nantes 2000-01), voire la sixième (Lens 1997-98).

Article 12
Depuis l'instauration de la victoire à trois points en Ligue 1 (1988-89 et depuis 1994-95), l'écart maximum ayant séparé le leader du classement, à mi-parcours, et le futur champion a été de huit points: entre Bordeaux (1er) et Marseille (2e), en 2009-10. Sur les dix saisons en question où le leader à mi-parcours n'a pas été couronné, l'écart moyen par lequel il devançait le futur champion de France a été de 2,15 pts.

Rappel 2011-12: à mi-parcours, les équipes classées de la quatrième à la sixième places sont Lyon (4e, 35 pts), Rennes (5e, 32 pts) et Marseille (6e, 31 pts).

De ces douze points, nous déduisons que:

_Paris et Lille monteront sur le podium de la Ligue 1 2011-2012 (cf: articles 1 à 3).

_Montpellier ne sera pas dans les trois premiers (cf: articles 3 et 7).

_Lille terminera vice-champion de France (cf: articles 4 à 6).

_Qualificative pour les Play-offs de la Ligue des Champions 2012-2013, la troisième place se jouera entre Lyon, Marseille et Rennes (cf: articles 8 et 9).

_Le PSG remportera son troisième titre de Champion, après ceux de 1986 et 1994 (cf: articles 10 à 12). Je l'ai écrit il y a déjà cent jours, je me répète, donc.

C'est tout pour l'instant. Je reviendrai bientôt sur cette affaire pour en préciser quelques détails.

Portez-vous bien! 

Le Footballogue

Ce sera le match de l'année, déferlement médiatique à la clé, cortège de lieux communs pour étoffer le trousseau. David contre Goliath, le retour! Le dimanche 8 janvier, 17h30, galette frangipane et champagne à peine ingérés, Saint-Colomban Locminé, 8e du groupe H de CFA 2 (la cinquième division), défie le Paris Saint-Germain en 32e de finale de la Coupe de France. Le PSG, oui Monsieur, leader de la Ligue 1, le meilleur club français!

med_Didier_NOBLET.jpgVous imaginez l'affaire? Sur le banc breton (pour ceux d'entre vous que la France profonde rebute ou déprime, Locminé, 4034 habitants au recensement de 2008, c'est dans le Morbihan, pays des algues vertes et des rivières saturées de nitrates), Didier Noblet! Didier who? Vous imaginez? Le gars n'a même pas sa bio sur wikipedia! Alors que sur le banc parisien (tout le monde sait où est Paris, même dans le Texas profond), Mesdames et Messieurs, ladies and gentlemen, signore é signori...

Caaaarrrlooooooooooooo Aaaaaannnceeeeeloooooooottttttiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Pardonnez mon émotion, amis lecteurs de ce blog récemment sous-alimenté pour causes successives de surmenage, brèves vacances au Maroc et fêtes de fin d'année, mais je n'ai pas l'habitude. Alors forcément, je m'exalte. De mémoire de footballogue, c'est la première fois qu'un Chasseur de Graal patenté, quadruple vainqueur de la Ligue des Champions (AC Milan 1989 et 1990 comme infatigable milieu relayeur, 2003 et 2007 en tant qu'indéfectible Mister) en tête de gondole d'un palmarès long comme le bras, vient illuminer de son expertise notre triste hexagone.

Feu Raymond Goethals (1921-2004) n'avait gagné "que" la Coupe des Coupes (Anderlecht, 1978) en débarquant à l'OM (1991-1993). Son prédécesseur Franz Beckenbauer avait certes conquis trois Coupes aux Grandes Oreilles (Bayern 1974-1975-1976) et une Coupe du monde (1974) comme joueur, plus une comme sélectionneur (1990). Mais le Kaiser n'avait jamais entrainé de club avant Marseille. C'est peut-être pour cela qu'après trois mois assis aux premières loges du cirque Tapie, il jeta l'éponge et jura, comme dans la fable, qu'on ne l'y reprendrait plus.

Alors qu'Ancelotti, guys, là, c'est du sérieux. Du lourd. L'homme a fait ses preuves dans tous les cirques de la planète. Le Tanzi (Parme, 1996-1998). L'Agnelli (Juventus, 1999-2001). Le Berlusconi (AC Milan, 2001-2009). L'Abramovitch (Chelsea, 2009-2011). Soyez-en sûr, il fera le métier au cirque Al-Thani (PSG, 2012-20??).

A ce point de l'histoire, il convient de rappeler quelques fondamentaux. Le plan de QSI pour le PSG doit probablement se lire à travers la quête de notoriété mondiale du Qatar (Al Jezira, Coupe du monde 2022); avec en filigrane, l'accession au pouvoir géopolitique suprême des états de la péninsule arabique. Il faut se faire à l'idée: la France a transféré une partie de son pouvoir décisionnaire à Doha, qui cumule les participations au capital de grandes entreprises nationales relativement stratégiques (EADS, Veolia, Lagardère, Vinci)...

Logiquement, c'est dans la capitale qatarienne que le PSG version Ancelotti fera, le 4 janvier, ses premières gammes contre l'AC Milan. Un match improprement qualifié d'amical quand il s'agit, purement et simplement, d'un de ces duels préfigurant la future Ligue planétaire financée par les bien-nommées BRIC's (Brésil, Russie, Inde, Chine, plus les pays du golfe et d'autres à venir).

Car la première étape est, ne peut être que, sportive. Intégrer durablement l'Eurocratie du football, participer chaque année à cette Ligue des Champions qui méprise le PSG depuis un septennat et, à terme, la gagner: c'est ça, le plan.

Et pour cela, quoiqu'en dise l'ineffable Louis Nicollin, Ancelotti est l'homme de la situation. Le président de Montpellier l'ignore probablement, mais le souvenir d'un club remportant pour la première fois la Coupe/Ligue des Champions sans entraineur ni joueur ayant gagné la moindre Coupe d'Europe, commence à s'estomper: le PSV Eindhoven de Guus Hiddink en... 1988. Au temps du ban post-Heysel frappant les clubs anglais, de l'avant-Cruyff au Barça, de l'avant-Milan de Sacchi, Van Basten et... Ancelotti. 

Un temps pressenti pour succéder à Antoine Kombouaré (Antoine who?), Claude Makélélé sera finalement l'adjoint d'Ancelotti au PSG. Lui-même vainqueur de l'épreuve en 2002 avec le Real Madrid, l'ancien milieu de terrain international (71 sélections entre 1995 et 2008) Miniature de l'image pour makeleledeschamps.jpgdétient en outre un record mondial: huit demi-finales de Ligue des Champions sous trois maillots différents. La première en 1995-96 avec le FC Nantes contre le futur vainqueur, la Juventus de Didier Deschamps (si certains croient reconnaitre Japhet NDoram et non "Kéké" sur la photo, je m'en excuse par avance, j'ai moi-même un doute).

Si l'hypothèse David Beckham venait à se réaliser, le nombre de Ligue des Champions thésaurisées au sein de la collectivité humaine du PSG se monterait à six. Voire sept, si l'hypothèse Kàkà... Il est possible que le montant dépasse la dizaine assez rapidement. C'est le sens de l'histoire.

Tout comme le fait que le PSG quitte un jour le Parc des Princes. Si vous voulez mon opinion, le plus tôt sera le mieux. La dernière fois qu'un club jouant dans un stade de moins de cinquante mille places a remporté la Ligue des Champions, ce doit bien être l'OM, en 1993. Autant dire au Jurassique. Que les fans parisiens de la première heure (Quelle heure au juste? J'allais au Parc dans les années 1976, 1977, ça sonnait souvent le creux) se rassurent: leur club favori survivra très bien à un déménagement. Fondé en 1899, le Barça n'est pas devenu plus petit après 1957, et sa migration du vieux "Camp de les Corts" vers les cent mille sièges du Camp Nou, lequel deviendrait l'une des dix arènes mythiques du football mondial.

Mais bon, il parait qu'avec tout ça, le Paris Saint-Germain est en train de perdre son âme. C'est même Lorant Deutsch, l'inoubliable interprète de "Trois Zéros", qui le dit. Alors ça, c'est gonflé. Si quelqu'un peut me dire, en quelques mots de Français et sans faute de syntaxe ni d'orthographe, à quoi ressemble l'âme du PSG, je lui donne full access à ce blog pour écrire ce que bon lui semblera. Je vous préviens: si la description ressemble à la pitoyable croûte racaillo-nationaliste des virages d'avant Robin Leproux, je la mets direct à la corbeille.

Résumons. Que QSI, même avec l'improbable tandem Khelaifi - Leonardo full_article_image_sport24_497092_11449334_3_fre-FR.jpgaux commandes, préside à ses destinées depuis juin 2011 est la meilleure chose qui soit jamais arrivée au Paris Saint-Germain depuis sa création, en 1970. Quarante-et-un ans, c'est la majorité footballistique. C'est le temps que dut attendre un bon club d'une grande capitale européenne, fondé en 1902, pour voir un visionnaire en conquérir la présidence, en 1943. 220px-Don_santiago_bernabeu-300x175.jpgSous le règne de cet homme, Santiago Bernabéu Yeste, le Real Madrid prit son envol jusqu'à devenir le plus grand club d'Espagne, puis d'Europe, puis du monde.

La vendre au diable qatari: ce doit être cela qu'on appelle "perdre son âme". C'est à dire, après dix-huit ans d'attente, redevenir champion de France. Puis, à terme, gagner la Ligue des Champions. Enfin, dans dix, vingt ou trente ans, jouer dans la même cour mondialisée que le Real, le Barça, le Milan ou Manchester United.

Lire ou relire "Le Monde d'Hier. Souvenirs d'un Européen", de Stefan Zweig. Chronique désenchantée d'un passé évanoui en forme de paradis perdu, d'une civilisation raffinée dissoute dans les tourbillons insensés des Trente Honteuses (1914-1945). Remplacez la Vienne des années 1900-1910 par le Paris des années 2000-2010, c'est assez troublant. Zweig-Stefan-Monde-D-hiver-Livre-896812514_ML.jpgZweig écrivit ce livre du Brésil, où il devait achever sa fuite de la décadence européenne et de l'horreur nazie. Le 21 février 1942, il posta à son éditeur le manuscrit du "Monde d'Hier". Le lendemain, sa compagne et lui mirent fin à leurs jours.

A mes yeux, Qatar ne rime pas avec barbare et ce nouveau Paris me réjouit. C'est le monde de demain.

Voilà pour 2011. Bon Réveillon, et à l'année prochaine...
Le Footballogue a ses obsessions. En voici l'une des plus prégnantes: les clubs français engagés en Ligue des Champions ou en Ligue Europa sont-ils définitivement condamnés à l'errance? En clair, la France est-elle déjà sortie de la zone euro?

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Elle est, à tout le moins, au pied du mur. J'en débattais hier soir encore sur le plateau des "Décodeurs", auxquels je participe chaque soir (entre 22h30 et 23h30, du lundi au jeudi) sur Infosport+, autour de Thomas Sénécal et Marina Lorenzo. Je ne veux pas faire mon Roger Gicquel de base mais tout de même: la France a peur!

La France a peur du déclassement, problématique bien connu des sociologues. A l'aube de la dernière journée des phases de poules des deux compétitions inter-clubs du Vieux Continent, le constat est troublant. Passons rapidement sur la Ligue Europa: Rennes, toujours en quête de sa première victoire en Coupes d'Europe (hors tours préliminaires) depuis 1965, est déjà éliminé; l'avenir du PSG ne tient qu'à un fil depuis sa défaite à Salzbourg (0-2), jeudi; ne parlons pas de Sochaux, hors-course depuis le troisième tour préliminaire.

Ce scénario de relégation dans un espace virtuel mais hautement symbolique, la Ligue 2 du Vieux Continent, sera validé mercredi soir si l'inconcevable, se produit. Si, pour la première fois depuis la saison 2003-04 et la suppression du deuxième tour de poules, aucun club français n'atteint les huitièmes de finale de la Ligue des Champions.

Sur les huit dernières saisons, la France a hissé deux de ses clubs dans le Top 16 à cinq reprises, soit 62,5% des cas: en 2003-04 et 2004-05 (Monaco, Lyon), 2006-07 (Lyon, Lille), 2009-10 (Lyon, Bordeaux) et 2010-11 (Lyon, Marseille). A trois reprises, soit 37,5%, un club s'est qualifié: en 2005-06, 2007-08 et 2008-09, quand seul Lyon avait été au rendez-vous du printemps.  

Restent donc deux scénarios inédits: celui de la réussite absolue et celui du fiasco intégral.

Depuis le 0-0 de l'OL à Gerland face à l'Ajax, le 22 novembre, on sait que le carton plein ne sera pas pour cette année. La probabilité d'une défaite du Real Madrid à l'Arena d'Amsterdam face à l'Ajax, conjuguée à une victoire de Lyon au Maksimir de Zagreb contre le Dinamo, le tout dans une proportion effaçant les sept buts de retard de l'OL sur l'Ajax à la différence de buts générale, est trop faible pour être considérée.

Les Lyonnais, qui participent pour la douzième année consécutive (seuls Manchester United, le Real Madrid et Arsenal ont fait mieux) à la phase de poules de la plus grande compétition sportive du monde, devraient ainsi revenir neuf années en arrière: en 2002-03, ils avaient du se contenter de la Ligue Europa après avoir subi, en poules, la loi de l'Inter et de... l'Ajax, déjà!

En revanche, le scénario-catastrophe n'est pas à exclure, même si ce n'est pas l'hypothèse majeure.

Lille et l'OM, en effet, ont selon l'expression consacrée "leur destin entre les mains". Une victoire marseillaise à Dortmund, ce soir, tout comme un succès lillois à Villeneuve d'Ascq face à Trabzonspor, qualifierait les deux clubs à coup sûr. Est-ce pour autant aussi simple? Il est permis d'en douter.

Le LOSC doit en effet emprunter une piste difficile, escarpée, aux traces quasiment indécelables: dans l'histoire de l'épreuve sous sa forme actuelle, un seul club en effet a réussi à se propulser en huitièmes de finales en ayant gagné uniquement ses deux derniers matches de poules. Ce club est le FC Porto de la saison 2004-05, celle d'après son deuxième titre européen. Comme Lille, les Dragons ne comptaient que deux points après quatre journées; comme Lille, ils s'étaient imposés lors du match 5 sur le terrain du CSKA Moscou (1-0), avant de sceller leur exploit via une ultime victoire, lors du match 6, en battant (2-1) le Chelsea de... leur ex-entraineur, José Mourinho!

Reste aux Lillois, pour parachever la similitude, à remporter le match 6. En trois précédents, le club de Michel Seydoux n'a réussi cette performance à qu'une reprise, le 6 décembre 2006, il y a cinq ans jour pour jour. Une victoire 2-0 à Milan, face à un AC Milan déjà qualifié et démobilisé. Face à Mathieu Debuchy, seul témoin de l'exploit encore lillois, Carlo Ancelotti, l'ex-futur coach du PSG, avait aligné ses "coiffeurs" à San Siro, parmi lesquels un certain Yoann Gourcuff...

Quant à l'OM, il peut s'appuyer, au matin de son déplacement au Signal Iduna Park de Dortmund, le plus fabuleux stade européen en terme d'ambiance et de majesté, sur cette statistique en guise de certitude: depuis 2003-04, quarante-trois des quarante-neuf clubs ayant remporté leurs deux premiers matches en phase de poules se sont qualifiés pour les huitièmes de finale. Soit 87,7% de réussite!

Vainqueur sur le terrain de l'Olympiakos (1-0), puis au Vélodrome face au Borussia Dortmund (3-0), les 13 et 28 septembre, l'OM a également conscience de ses obligations. Trois scénarios seront favorables aux Marseillais.

1/Une victoire ce soir en Allemagne.

2/Un nul, à condition qu'Olympiakos ne batte pas les "coiffeurs" d'Arsenal, dans le même temps.

3/Une défaite, enfin, peut qualifier l'OM en cas de match nul entre Olympiakos et Arsenal. Il faut pour cela qu'elle n'excède pas un but d'écart, voire deux mais à condition que l'OM marque au moins un but.

Cela fait beaucoup de conditions pour se fier entièrement à la statistique citée plus haut. D'autant que les Champions d'Europe 1993 font partie des 12,3% d'exception à la règle: lors de la saison 2007-08, déjà, ils avaient remporté leurs deux premiers matches de poule. Un nul lors du match 6, face à Liverpool, leur suffisait. Le 11 décembre 2007, le suspense ne dura pas plus de quatre minutes, le temps d'un but de Steven Gerrard, pour une brutale victoire finale des Reds (4-0) de Rafael Benitez, probable ex-futur entraineur du PSG. Mandanda, Benoît Cheyrou et Valbuena, sur le terrain ce soir-là, s'en souviennent probablement, à l'heure de prendre place au pied de l'effrayant "mur jaune" de Dortmund, même réduit à 17000 places en configuration Ligue des Champions......

Je ne suis pas Roger Gicquel mais je veux dire, ou plutôt redire, ceci: le football de clubs français doit ouvrir les yeux et accepter la réalité dans toute sa brutalité; il n'est pas une puissance majeure en Europe. Lors des sept dernières saisons, un seul club hexagonal s'est hissé dans le dernier carré d'une des deux compétitions: Lyon en Ligue des Champions, en 2009-2010.

A part ça? 1,43% de coupes d'Europe gagnées depuis 1956, 4,36% de finales disputées
. Le ratio du Portugal, pourtant six fois moins peuplé, est respectivement de 4,73 et 5,37%! Sur la scène européenne, le Portugal a toujours le vent dans le dos. Le pays vient de dépasser la France à l'indice Uefa.

Qu'est-ce que les Portugais ont de plus que nous? De l'argent? Non. Du talent? Peut-être. Cristiano Ronaldo est en lutte pour le Ballon d'Or, pas Benzema. De la compétence? Oui, ce doit être ça...




Le mythe de l'homme providentiel a la peau dure. De Vercingétorix à De Gaulle, la France, a vécu, vit toujours, dans le culte du chef fédérateur, souverain côté pile, résistant côté face. Idem en matière de football: sans ses Kopa, Platini, Zidane, les Bleus ont été, sont toujours, bons à rien. Même pas bons, en tout cas, à franchir le premier tour d'une Coupe du Monde ou d'un Championnat d'Europe.

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Or, Zidane est de retour. Le Ballon d'Or 1998 est sorti de sa retraite hier à Kiev, pour le tirage au sort de l'Euro 2012 (8 juin au premier juillet en Pologne et Ukraine). Alors qu'un "groupe de la mort" était unanimement promis aux Bleus, la main de leur guide suprême des années 1994-2006 leur a offert la meilleure destination théorique possible: le groupe D, celui de l'Ukraine, coorganisateur, de la Suède et de l'Angleterre. Un groupe qui rappelle étrangement le groupe 1 de l'Euro 1992 (Suède, France et Angleterre, déjà, avec le Danemark, futur vainqueur, en lieu et place de l'Ukraine).

Le 11 juin, dans la très futuriste Donbass Arena de Donetsk (50149 places), l'antre habituelle du Chakhtior, l'équipe de France entrera en scène à (18 heures) face à l'Angleterre; rebelote le 15 juin (même lieu, 20h45 cette fois), face à l'Ukraine. Le 19 juin enfin (20h45), la qualification pour les quarts-de-finale devrait se sceller face à la Miniature de l'image pour NSC_Olimpiyskyi2.jpgSuède, au Stade Olympique de Kiev cette fois (70050 places).

Avec ou sans homme providentiel, le Footballogue est optimiste. Bien plus qu'avant le Mondial 2010, ou l'échec français au premier tour lui était apparu évident dès le tirage au sort. L'utilisation des Footballogics, outils fondamentaux du système analytique d'avant-garde qu'est la Footballogie, donne déjà, groupe par groupe, une vue assez claire de la situation. En exclusivité et avec plus de six mois d'avance, voici mon analyse sur celle des Bleus, laquelle est donc assez flatteuse.

L’Ukraine dirigée par Oleg Blokhine, Ballon d'Or 1975, possède, dit-on, l'avantage théorique de jouer à domicile. Un avantage très relatif, néanmoins. Pour la victoire finale, oublions-les. Depuis l'origine de l'épreuve (1960), seules trois nations se sont imposées à domicile: l'Espagne (1964), l'Italie (1968) et la France (1984). Depuis l'instauration d'un tournoi final à seize équipes (1996), un seul organisateur a atteint la finale: le Portugal, en 2004. L'année même où le meilleur joueur ukrainien de tous les temps, Andreï Chevtchenko (105 sélections 46 buts), fut sacré Ballon d'Or, sous les couleurs de l'AC Milan... A 35 ans, toujours troisième sur le podium des meilleurs buteurs de l'histoire de la Ligue des Champions (59), "Cheva" est "de l'autre côté de la colline", et n'a toujours pas été remplacé...

ukraine.jpgIl y a pire: lors des deux précédentes éditions de l'Euro organisées conjointement par deux nations (2000, 2008), une seule d'entre elle a réussi à sortir des poules: les Pays-Bas en 2000. Récompensés en tant qu'ancien vainqueur et participant régulier, bien plus que pour leurs qualités d'organisateurs... Les autres se sont ramassés: Belgique en 2000, Suisse et Autriche en 2008.

Pour épuiser le florilège des handicaps ukrainiens, rares sont les nations capables de s'extirper de la phase de groupe à leur première participation: le Portugal en 1984, la Suède en 1992 (organisatrice). Depuis l'extension du tournoi à seize équipes, rien. Suisse, Bulgarie et Turquie en 1996, Norvège et Slovénie en 2000, Lettonie en 2004, Pologne et Autriche en 2008? Circulez! L'ascenseur social ne prend plus de passagers. Pour la première fois de l'histoire de l'Euro, la phase de qualification n'a promu aucune nation inédite!

J'entends d'ici protester les érudits. Et la Croatie, quart-de-finaliste en 1996? A mes yeux perçants de Footballogue, l'exception croate doit-elle être vue comme survivance de la splendeur yougoslave (double finaliste en 1960 et 1968), plutôt qu'en bénéficiaire des œuvres de charité de l'Eurocratie au pouvoir. La preuve: la Croatie s'est par la suite qualifiée pour les Euros 2004, 2008 et 2012. Lors de son seul raté, en 2000, elle fut remplacée par un duo Yougoslavie (réduite au duo Serbie-Monténégro) et Slovénie. Ce fut la seule année qu'une ex-république yougoslave autre que la Croatie ne réussit à se hisser en phase finale de l'Euro. CQFD.

Conclusion? Exit l'Ukraine, donc.

L'Angleterre est, jusqu'à nouvel ordre, l'homme malade de l'Euro. Des cinq nations européennes ayant remporté au moins un titre mondial, Albion est la seule à n'avoir jamais porté la couronne européenne, ni même atteint une seule finale continentale! Son plafond: demi-finaliste en 1968, en Italie, puis en 1996, à domicile. A signaler encore, au rayon "satisfactions", un rare quart-de-finale en 2004. Pour combien de désillusions! Quatre éliminations au premier tour en 1980, 1988, 1992 et 2000, cinq non-qualifications en 1964, 1972, 1976, 1984 et 2008 (comme à leur habitude, les Anglais s'étaient abstenus pour l'édition originelle, en 1960).

Leurs tares sont notoires. Un: sur-sollicités, leurs meilleurs joueurs sortent rincés de la saison de clubs. Deux: la Premier League est boostée par une escouade de talents exogènes, qui forme pour la main d’œuvre locale une rude concurrence. De fait, l'équipe d'Angleterre est loin d'être composée des meilleurs joueurs de Premier League. Trois: l'hygiène de vie des joueurs autochtones laisse toujours à désirer, hors d'Arsenal.

L'on objectera volontiers qu'en Fabio Capello, les Three Lions tiennent enfin un sélectionneur de haut vol, le meilleur sans doute depuis Glenn Hoddle (1996-1999). Le palmarès de l'ancien milieu international italien est prodigieux. Mais en sélection, il n'a jusqu'alors disputé qu'un tournoi, le Mondial 2010, avec la réussite que l'on sait: une défaite 1-4 en huitièmes de finale face à l'Allemagne. Ok, les Anglais ne tomberont pas toujours sur un arbitre aveugle.rooney.jpgOk, ils semblent avoir trouvé en Joe Hart (Manchester City), le goalkeeper de niveau mondial qui leur a tant fait défaut depuis la retraite internationale de Peter Shilton. Ok.

Mais... Il y a un "mais", en effet, et même plusieurs. Un: en phase de poules de l'Euro, ils n'ont jamais battu ni la France (0-0 en 1992, 1-2 en 2004), ni la Suède (1-2 en 1992). Deux: la surreprésentation des anciens Champions d'Europe à l'Euro 2012 (neuf sur neuf!) en fait le maillon faible de ce que je nommais naguère, dans un ouvrage fondateur de la Footballogie (Euro 2008, C'est joué d'avance), la "classe dirigeante", les Oligarques comme on dit de nos jours. Trois: le meilleur joueur Anglais, la star de Manchester United, Wayne Rooney (73 sélections, 28 buts), ne jouera pas le premier tour, au moins le premier matche contre la France. Rooney qui, à 18 ans, pour sa première compétition internationale, irradia de sa classe le premier tour de l'Euro 2004 (deux doublés contre la Suisse et la Croatie). Sa blessure, à la 27e minute du quart-de-finale Angleterre-Portugal, fut fatale aux Anglais, éliminés aux tirs-aux-buts...

Conclusion? Je ne crois pas en l'Angleterre.

Anglais et Ukrainiens disparus prématurément, la plus élémentaire des déductions propulse donc la France et la Suède en quarts-de-finales de l'Euro 2012. Je consens toutefois, parce que c'est vous, à vous livrer quelques faits objectifs plaidant en faveur de cette hypothèse.

La Suède, depuis qu'elle a intégré la zone Euro (1992 en tant qu'organisateur, 2000 en tant que membre permanent), est devenue un membre émérite de la classe moyenne de l'épreuve, juste sous les Eurocrates. Qualifiée au titre du meilleur deuxième pour l'Euro 2012, elle s'extrait des poules dans une proportion de 50%, selon un rythme régulier: demi-finaliste en 1992, premier tour en 2000, quart-de-finale en 2004, premier tour en 2008. Ainsi, 2012 Zlatan_Ibrahimovic.jpgdevrait marquer le retour des Suédois dans le tableau final. Je mentionne à peine la flamboyante maturité de la star nationale Zlatan Ibrahimovic (74 sélections, 28 buts): à trente ans, le très slave attaquant de l'AC Milan devrait disputer sa troisième phase finale européenne, fort de sept matches et quatre buts entre 2004 et 2008... Et d'un tir-au-but raté en quart-de-finale de l'édition 2004, à Faro face aux Pays-Bas (la seule séance victorieuse de l'Histoire des Oranje) qui mérite rédemption... .

Un élément propre au corpus des Sciences Humaines vient à mon sens crédibiliser pareil scénario: la proximité géo-historique des Suédois avec l'espace-temps ukraino-polonais. Géographiquement, seule la mer Baltique sépare en effet la Suède de la Pologne. Historiquementsuede-drapeau-suedois.jpg, le rôle des Varègues, les vikings orientaux, dans la prise de Kiev aux Khazars, puis dans la fondation de l’État slave de Ruthénie n'est plus à démontrer. C'est pour cela que les couleurs de la Suède et de l'Ukraine sont identiques: jaune et bleu.

En réalité, il est possible de considérer la Suède comme l'organisateur caché de l'Euro 2012, à la manière des Pays-Bas en Afrique du Sud, en 2010. Cela peut sembler absurde, mais ce type de racines est souvent décisif dans le football de ce niveau.

Conclusion? Votez pour la Suède.

La France, enfin, fait partie du noyau dur de l'Eurocratie, le G7: les sept nations s'étant toujours qualifiées pour la compétition depuis 1996. Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Tchéquie, France donc (tous anciens vainqueurs) et Portugal (ancien finaliste). Il ne vous a pas échappé qu'en dépit de petites difficultés conjoncturelles pour trois de ses membres (France menacée par la Bosnie, Portugal et Tchéquie qualifiés en barrages), le G7 sera au complet au banquet ukraino-polonais, en juin.

1749126_euro.jpgEn outre, de 1996 à 2008, le nombre d'anciens champions d'Europe au rendez-vous des quarts-de-finale a toujours oscillé entre quatre (2000, 2004) et cinq (1996, 2008). Mais puisque la majorité absolue des participants à l'Euro 2012 appartient au cercle des têtes couronnées, il serait étonnant de ne pas en trouver au moins six dans le tableau final de l'édition n°14 de l'épreuve.

N'oublions pas que les groupes A (Pologne, Russie, Grèce et Tchéquie) et B (Pays-Bas, Allemagne, Portugal, Danemark) sont stricto sensu des "groupes de la mort", à savoir comportant au moins trois anciens vainqueurs. Et dans ce cas, les deux qualifiés sont systématiquement deux anciens vainqueurs (100%, sur cinq précédents depuis 1988). Cela fait donc quatre qualifiés d'office, footballogiquement parlant.

L'existence de deux "groupes de la mort" influe logiquement sur la proportion théorique d'anciens vainqueurs qualifiables pour les quarts-de-finale. Sept, au maximum, avec tous les anciens vainqueurs présents. Réminiscence de l'Euro 2004: un maximum d'anciens vainqueurs (huit sur huit à l'époque), sept quarts-de-finaliste possible, quatre à l'arrivée. Le groupe A avait en effet recalé ses deux anciens vainqueurs (Espagne et Russie) au bénéfice du Portugal et de la Grèce, les deux futurs finalistes! Un cas de figure exceptionnel. Lors de toutes les autres éditions depuis 1980, il y a toujours eu au moins un ancien champion qualifié dans un groupe à deux (trois sur six précédents, soit 50% des cas), voire les deux (deux sur six, soit 33,3%). Dès lors, la probabilité de voir l'Espagne et l'Italie rester ensemble sur le carreau dans le groupe C est assez réduite (16,7%). Mais dans un Euro à seize, le tenant du titre n'a jamais réussi à intégrer le dernier carré de l'édition suivante, et n'est sorti des poules qu'une fois sur trois (la France en 2004)!

L'hypothèse de voir l'omnipotente Espagne échouer dès le premier tour n'est pas si farfelue qu'il n'y parait. Ce qui laisse, proportionnellement, et toujours selon une lecture systémique de la compétition, une chance raisonnable, plus d'une sur deux, de voir la France se qualifier pour les quarts.

Sachant que l'Ukraine est éliminée d'avance et l'Angleterre mal à l'aise sur le continent, un glissement sémantique du "raisonnable" au "probable" peut survenir, dans les mois à venir. karim-benzema.jpgEt l'avènement annoncé de Karim Benzema (42 sélections, 13 buts), à 24 ans, l'âge d'homme selon les canons providentiels, faire muter la probabilité en certitude.

Conclusion? Faites ce que vous voulez mais pour ma part, au printemps, je sens que je vais voter Blanc.

Vive Kiev, vive la République, et vive la France...     

C'est un long mardi auquel vont se confronter deux des trois délégués français engagés dans la 57e édition de la Ligue des Champions. Ce sera peut-être un mardi noir, comme il est de rigueur pour ponctuer un krach, de quelque nature que ce soit. Lorsque à 20h45, Lyon s'engagera dans un duel décisif contre l'Ajax Amsterdam en son antre de Gerland, le résultat de Lille, qui joue sa survie dans l'épreuve à partir de 18 heures au stade Loujniki face au CSKA Moscou, sera acquis

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Tout autre résultat qu'une victoire serait quasi-éliminatoire pour les deux clubs. Or, dans la phase de poule de la compétition, ce mardi n'est pas n'importe quel mardi: c'est la cinquième journée, le match 5 comme on dit de nos jours. Pourquoi est-ce important? Pourquoi 5 n'est-il pas un nombre lambda dès qu'il s'agit de gravir une marche de la plus grande compétition sportive de la planète? Parce que l'histoire des deux clubs dans l'épreuve fourmille, à ce stade, de rendez-vous manqués.

Depuis l'origine de son parcours en Ligue des Champions, l'OL n'a remporté que deux de ses onze "match 5" précédents. En 2000-01, sur le terrain des Néerlandais du SC Heerenven (2-0), et en 2008-09, chez les Italiens de la Fiorentina (1-0). Deux victoires donc, pour trois nuls et six défaites!

Hormis les saisons 2001-02 et 2002-03, le club présidé par Jean-Michel Aulas s'est toujours qualifié pour le tour suivant. Est-ce à dire que la statistique est vaine? Je ne le crois pas. Lyon s'est jadis arrangé pour sceller sa qualification lors de la phase aller, à l'exception notable de la saison 2007-08 via une victoire spectaculaire lors du "match 6" à Glasgow, Ibrox Park, l'antre des Rangers: 3-0, doublé de Karim Benzema...

Une époque révolue: celle ou l'OL remportait quasi-systématiquement son "match 4": sept victoires et deux nuls entre 2001-02 et 2009-10, dont six succès consécutifs de 2003-04 à 2008-09. La période correspond au haut du cycle européen des septuples champions de France: trois quarts de finales pour commencer et une demi-finale pour terminer, il y a deux ans face au Bayern Munich (0-1, 0-3). Ce n'est pas le cas cette saison: l'OL a perdu son match 4, face au Real (0-2), comme un an plus tôt sur le terrain de Schalke 04 (0-3).

L'autre marqueur de la puissance perdue du club? Lyon se comportait en Roi, quel que fût le théâtre des opérations. Or, l'OL du début de l'ère Rémi Garde se mire dans la fin de celui de l'ère Claude Puel: hors de ses bases, il ne sait plus gagner. Une seule victoire pour un nul et trois défaites loin de Gerland lors de ses cinq derniers déplacements!

Voilà qui explique pourquoi la position lyonnaise à l'aube de la cinquième journée, pour leur douzième participation consécutive à la Ligue des Champions (quatrième meilleure série de l'histoire de la Compétition, derrière Manchester United, le Real et Arsenal) n'a jamais été aussi faible depuis onze ans: avec seulement 3 points en 2000-01 à ce stade de l'épreuve, l'OL s'était qualifié pour le deuxième tour de poules via deux ultimes victoires, à Heerenven et contre Olympiakos à Gerland!

Pour orner en beauté cette cathédrale statistique, rappelons que Lyon a joué la majorité de ses "matches 5" (huit sur onze) sur terrain adverse. Les trois rendez-vous à domicile se sont conclus par deux défaites (2001-02 face à Barcelone, 2-3, et 2002-03 contre l'Ajax, 0-2) et un nul (2007-08 contre le Barça encore, 2-2).

Demain soir, c'est encore l'Ajax, dépouillé de ses meilleurs joueurs (Stekelenburg, Suarez) en 2011, en difficulté en championnat mais en position de force dans le groupe D de la LDC, derrière l'intouchable Real Madrid, qui se présente pour compliquer l'affaire. Tout autre résultat qu'une victoire, voire un nul 0-0, qualifierait à coup sûr le quadruple Champion d'Europe (1971, 1972, 1973 et 1995) pour les huitièmes de finales, pour la première fois depuis la saison 2005-2006 (Ajax - Inter, 2-2, 0-1). Un exploit, au vu de la zone des turbulences que traverse le légendaire club d'Amsterdam...

Une élimination lyonnaise serait quant à elle un choc, dans l'ordre géopolitique européen émergé de la première décennie du XXIe siècle. Le Top 10 continental verrait l'un de ses membres les plus méritants manquer à l'appel des huitièmes de finales. Il n'y a que trois précédents: l'Inter en 2003-04, M.U. et le FC Porto en 2005-06.

Les trois clubs en question s'en sont certes parfaitement remis, cf le palmarès européen des cinq dernières saisons; l'hypothèse, néanmoins, tiendrait de la logique pure tant l'OL, depuis son dernier titre national (2008) n'a cessé de cumuler les erreurs, en relations humaines autant qu'en économie. 

Concernant le LOSC, le constat est encore plus limpide. L'équipe entrainée par Rudi Garcia doit absolument gagner à Moscou, je l'ai écrit en préambule. Mais en trois participations à la Ligue des Champions par le passé (2001-02, 2005-06 et 2006-07), les Lillois ont conclu leurs trois "matches 5" par autant de matches nuls. A l'extérieur (2001-02 à La Corogne, 1-1), à domicile "à l'extérieur" (2005-06, 0-0 contre Benfica au stade de France) comme à domicile (2006-07, 2-2 face aux Belges d'Anderlecht). 5 = 0: l'équation est révolutionnaire, mais imparable.

Bilan: à eux deux, Lille et Lyon totalisent deux victoires en quatorze "matches 5". Ne cherchez pas trop d'espoir du côté de Marseille, qui joue demain contre Olympiakos: une sur six "matches 5" pour les Phocéens. Trois sur vingt au total pour la Ligue 1! Avec de tels fondamentaux, comment croire que la France puisse demeurer plus longtemps au sein de la Zone Euro?

Si vous ne l'avez pas vu, vous en avez forcément entendu parler. Sorti en salle le 16 novembre, deuxième opus de l'Américain Bennett Miller, le Stratège (Moneyball) vaut le détour pour tout un tas de raisons plus ou moins objectives: le film de sport, genre majeur de l'autre côté de l'Atlantique; Brad Pitt (Seven, Fight Club...) dans le rôle-titre; l'excellent Philip Seymour Hoffman (déjà vu en 2006 dans Truman Capote, du même Bennett Miller).

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Le Stratège vaut surtout pour l'histoire, véridique et lumineuse, de Billy Beane, manager de baseball en quête de solutions face à la faiblesse économique de son club, les Oakland Athletics. Et pose en creux cette question cruciale quand le foot européen est au bord du gouffre, dixit Michel Platini, président de l'Uefa: l'approche statistique est-elle l'ultime réponse à la crise financière?

J'en ai longuement débattu cette semaine sur le plateau des Décodeurs (du lundi au jeudi sur Infosport+, entre 22h30 et 23h30) autour de Thomas Sénécal et Marina Lorenzo. Le pitch du "Stratège", qui m'évoque celui du Spirou Basket Club de Charleroi, confirme une tendance lourde du sport mondial sur laquelle le football français a pris, ce n'est pas une surprise, quelques trains de retard.

Tout le monde n'est pas Manchester City, Chelsea ou le PSG. La leçon devrait être méditée par 97,5% des clubs professionnels français. C'est à dire la totalité des Ligues 1 et 2, à l'exception du LOSC. Même le Paris version qatari a encore un pied à quai, pas encore guéri des pratiques douteuses qui l'ont plongé dans la médiocrité après le départ de Michel Denisot de la présidence du club, en 1998.

Le foot français est aujourd'hui à un carrefour: la route qui est la sienne depuis des lustres, celle de l'amateurisme, du copinage et des jugements de valeur, s'est révélée être une impasse. L'inquiétant endettement de nos clubs n'a amené nulle embellie sportive: pas la moindre finale de Coupe d'Europe disputée sur les sept dernières saisons, série en cours. La seule issue possible à ce marasme réside dans une confrontation lucide à la brutalité du réel. En France, on n'a pas de pétrole. A-t-on pour autant des idées? Il est permis d'en douter.

La Footballogie, elle, préconise une vision scientifique du football. La sortie du rêve autarcique, la fin de l'illusion d'une exception footballistique entretenue par ses sphères dirigeantes, à commencer par la plus puissamment toxique d'entre elles, la Fifa, et son pathétique leader Sepp Blatter. Tout président, tout manager, tout entraineur devrait avoir en lui quelque chose de Billy Beane.

L'idée est de développer, jusqu'à en faire un art, l'équivalent footballistique des Sabermetrics, cette méthode d'analyse statistique devenue incontournable dans le baseball, le plus populaire et emblématique des sports états-uniens. Appelons désormais Footballogics, l'ensemble des données et instruments de mesure qui permettent d'aborder le football sous un angle moins aléatoire et plus démocratique.  

Moi, Billy Beane, je m'autoproclame manager sportif d'un club de foot français. La modestie étant une seconde nature, j'exercerai mes talents dans un club de L2 mais au passé brillant, donc à l'avenir prometteur: Reims.jpgle Stade de Reims, sextuple champion de France entre 1949 et 1962, patrie d'Albert Batteux et de Raymond Kopa.

Reims est la capitale du champagne. C'est glamour, le champ', c'est le nectar favori des footeux et de leurs groupies. Les grandes maisons, enfin sorties de leur condescendance, ont fini par le comprendre. Je persuade Bernard Arnault de faire floquer le prestigieux nom de Krug sur le fameux maillot rouge à manches blanches, qui fait de nous le French Arsenal. Je me donne cinq ans, jusqu'à l'Euro 2016, pour revenir au sommet du foot français. Et même de gravir à nouveau les échelons de notre vieille gloire européenne (finaliste de la Ligue des Champions en 1956 et 1959), qui résonnait jadis à travers le Vieux Continent.

Je persuade mes dirigeants de me laisser les pleins pouvoirs sportifs un quinquennat durant. Plutôt que de travailler avec un directeur sportif qui me pourrirait la vie, je passe un contrat
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de collaboration avec Opta ou Amisco, comme la quasi-totalité des clubs professionnels du plus vieux, plus concurrentiel et compétitif championnat du monde, la Premier League anglaise. Je mise à fond sur la formation. Au Mercato d'hiver, pour renforcer l'équipe, j'obtiens le prêt de Mathieu Valbuena, remplaçant à l'OM et meilleur joueur de Ligue 1.

Le Stade va devenir une machine. Irrésistible, irrésistiblement médiatique. Bientôt, les caméras du Canal Football Club vont se braquer sur nous.

L'histoire ne fait que commencer. 
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Avant d'évoquer le cas du gars hilare, sur la photo, j'aurais aimé, en préambule, vous dire du bien de ce France - États-Unis fraichement passé, de ce France - Belgique presque à venir. J'aurais aimé, mais c'est impossible: définitivement, ce football dépassé, ces matches sans avenir ne rentrent pas dans la juridiction du Footballogue. Vu le contexte dense et concurrentiel du calendrier international, je prône la suppression définitive des matches amicaux, pudique litote pour dire leur insignifiance, entre sélections nationales. Qu'ils servent à remplir les caisses de la fédération française de football, voire à faire la religion du sélectionneur Laurent Blanc, ne les rendent pas plus légitimes à mes yeux.

Que l'on programme une journée de Ligue 1, ce week-end, même avec Ajaccio ou Nancy, m'aurait semblé préférable, plutôt que s'infliger ce pensum. Une dérogation de la FIFA était envisageable pour gagner une date dans un calendrier infernal. La preuve? Éric Abidal, l'un des rares défenseurs français de niveau mondial, n'a pas joué vendredi soir, parce qu'il était sur le banc du Barça contre un club de troisième division espagnole en Coupe du Roi, deux jours plus tôt.

C'est là que le préambule s'achève et que l'affaire devient intéressante. Initialement prévu le 13 décembre, cet improbable L'Hospitalet - FC Barcelone a été avancé d'un mois pour permettre au Barça, vainqueur de la dernière Ligue des Champions, de participer au prochain Mondial des Clubs (8 au 18 décembre) au Japon.

La Fédération internationale (FIFA) organise elle-même cette compétition, enchâssée au forceps dans un agenda international surchargé; d'où sa complaisante dérogation accordée au Barça pour moduler son calendrier, lequel aura compté soixante-trois, voire soixante-quatre matches, pour la seule année 2011 !

Quant au gars hilare sur la photo, en haut, ce Lionel Messi qui rejoindra bientôt le cénacle des triples Ballons d'Or (Cruyff, Platini, Van Basten), il n'était ni sur le terrain, ni même sur le banc du Barça aux côtés d'Abidal, ce mercredi 9 novembre: il avait du rejoindre la sélection argentine, engagée sur le front des qualifications pour le Mondial 2014.

La FIFA ou comment se tirer une balle dans le pied: cette contrainte a priori fondée, inscrite dans ses propres règlements, pour préserver l'espace du football de sélection, Abidal y a été soustrait au même moment. Parce qu'un France - États-Unis international vaut bien moins, en réalité, qu'un L'Hospitalet - FC Barcelone de Coupe d'Espagne. La vérité sort toujours des tréfonds du subconscient. CQFD...

Vendredi donc, au Monumental de Buenos Aires, entouré de Javier Mascherano, son coéquipier au Barça, de Javier Pastore (PSG) et Gonzalo Higuain (Real Madrid), le meilleur joueur putatif de tous les temps n'a pu faire triompher l'Albiceleste face à la modeste Bolivie (1-1). De quoi conforter le grand Pelé, le Zeus du football, dans sa récente évaluation d'un rival potentiel devant l'Histoire: "Les grands joueurs se caractérisent par leurs performances en Coupe du monde. Regardez Messi au Barça. Il est exceptionnel. Mais avec l'Argentine, c'est complètement différent."

Pelé dit vrai: depuis l'été 2008, Lionel Messi tourne, avec le Barça, a une moyenne de 0,9 buts par match. A lui seul, il a inscrit 32% des buts marqués marqués par les Catalans sous le règne de Pep Guardiola. En comparaison, la faiblesse de son ratio en équipe nationale intrigue: 10 buts en 43 sélections (0,23 but par match).

Pelé dit vrai mais en apparence seulement. L'avènement de Messi avec le club blaugrana, c'est l'histoire de la résurgence, symbolique, de la Trinité. Le Barça, "plus qu'un club", joue le rôle du Saint-Esprit. Guardiola, plus qu'un entraineur, serait Dieu le Père, celui qui a tout conçu. Et Messi, tellement plus qu'un joueur, incarnerait Jésus, prophète post-moderne, du temps d'après les États-Nations, d'après les sélections.

Que représente l'albiceleste Argentine, ses faibles matches face aux petites nations de la zone sud-américaine, dans ce paradigme divin? Rien ou à peu près. Le souvenir de la pauvreté d'un petit garçon qui ne pouvait pas grandir, de la cruauté d'une médecine réservée à l'oligarchie droitière qui surplombe ce pays déliquescent, aux institutions corrompues jusqu'au noyau. C'est une vision radicale, je l'admets, mais Pelé, lui-même enfant des classes défavorisées, devrait pouvoir la comprendre, à défaut de la partager.

Le Barça a permis à Messi de croître, coûteux traitement hormonal à la clé; Guardiola a permis à Messi de briller, en lui offrant la liberté; le prodige le leur a rendu au centuple et même deux fois plus: le 1er novembre à Plzen, en Ligue des Champions, il a dépassé les 200 buts depuis ses débuts pros avec les Blaugranas, en 2004. 

C'est cette histoire que Canal Plus raconte, ce soir à 20h55, après le rendez-vous vespéral du CFC: l'Intégrale Messi, le Messi du Barça et seulement celui-là, est un document incontournable. Une ode au talent, quintessence d'un parcours hors-norme d'un homme ayant sublimé l'adversité, d'un joueur échappant à tout adversaire comme à toute évaluation. Conduite de balle de Diego Maradona, vitesse de Ronaldo (le Brésilien comme le Portugais), efficacité de Gerd Müller: qui dit mieux? Personne, pas depuis le grand Pelé.

Messi est-il, sera-t-il, le meilleur joueur de tous les temps? Gagnera-t-il un jour la Coupe du monde? Ce n'est pas le problème. Ce n'est pas mon problème. Il est le meilleur du football, ici et maintenant. Regardez-le grandir à force de courir, regardez-le marquer à vous en étourdir, oubliez pour un soir les temps difficiles, les polémiques médiocres et le football du passé. Mardi, ce sera France - Belgique et déjà, ce passé resurgit pour obscurcir l'avenir.

Face à la course folle du monde, il faut savoir s'échapper. Et à ce jeu aussi, Lionel Messi est un Dieu.
C'est l'une des thématiques de prédilection du Footballogue que je suis: sur la scène européenne, la France est-elle désormais vouée à faire de la figuration? J'en débattais hier encore sur le plateau des "Décodeurs", auxquels je participe chaque soir (entre 22h30 et 23h30, du lundi au jeudi) sur Infosport+, autour de Thomas Sénécal et Marina Lorenzo.

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Le constat est simple: lors des deux dernières journées européennes, les cinq clubs français engagés en Ligue des Champions d'une part (OM, Lille et Lyon), Ligue Europa d'autre part (PSG, Rennes), présentent un bilan pitoyable: une victoire, trois nuls et six défaites en dix matches, quatre buts marqués pour quinze encaissés! Un score de candidat à la relégation dans un espace virtuel mais hautement symbolique: la Ligue 2 du Vieux Continent.

Concernant Lille et Lyon, la problématique est limpide: opposés à deux des membres du Top 10, ces Oligarques ayant phagocyté la Ligue des Champions depuis la saison 2003-2004, ils n'ont pas existé. Lyon a sombré face au Real mercredi (0-2 à Gerland, après le 0-4 de Bernabeu); Lille s'est incliné à Milan contre l'Inter (1-2, après la défaite 0-1 au Stadium Nord, deux semaines plus tôt). 

Le meilleur résultat? Le nul (0-0) obtenu mardi soir par Marseille à l'Emirates Stadium de Londres face à Arsenal. Une "performance" a mettre sur le compte de deux facteurs principaux: l'incapacité psychanalytique des Gunners a vaincre les clubs français à domicile en Ligue des Champions (deux nuls et deux défaites en quatre précédents depuis 1998); la science de l'épreuve accumulée par Didier Deschamps depuis plus de deux décennies.

Le bilan le plus inquiétant concerne l'OL, qui, jusqu'à présent, fait (faisait?) lui-même partie de cette Oligarchie... Les Lyonnais, qui participent cette saison à leur douzième phase de poule consécutive (seuls Manchester United, le Real Madrid et Arsenal ont fait mieux) de la plus grande compétition sportive du monde, se sont ainsi toujours hissés en huitièmes de finale de l'épreuve depuis la suppression de la deuxième phase de poules, en 2003.

Or, cette saison, le club de Jean-Michel Aulas ne compte que quatre points après quatre matches, son plus faible total depuis... 2000-2001, l'année de ses débuts dans l'épreuve. Il n'y a pas de hasard: Rémi Garde découvre le métier d'entraineur et donc la compétition, là où Claude Puel, lui, avait fait ses gammes avec l'AS Monaco, Lille et donc l'OL depuis... 2000-2001, l'année de ses débuts dans l'épreuve. CQFD.

Une paradoxale configuration conjoncturelle permet encore d'envisager la participation des trois clubs français pour les huitièmes de finales, en février et mars 2012. Deux nuls pour l'OM lors des deux dernières journées, deux victoires pour l'OL et le LOSC scellerait pareil scénario! Exceptés les Allemands du Borussia Dortmund, champions d'Europe 1997 et que l'OM ira défier le 6 décembre, le destin français se jouera contre des clubs grec (Olympiakos), turc (Trabzonspor), russe (CSKA Moscou), néerlandais (Ajax) et croate (Dinamo Zagreb), ce qui résume l'affaire mieux qu'un long discours.

Si le miracle se produisait, faudrait-il pour autant s'en réjouir? L'écart qui les sépare des poids lourds européens est tel, aujourd'hui, qu'une accession, même partielle, de la troïka aux quarts-de-finale relève de la pure utopie. Le football de clubs français doit ouvrir les yeux et accepter la réalité dans toute sa brutalité: il n'est pas une puissance majeure en Europe. Après l'accession de Monaco et Marseille à la finale de la Ligue des Champions et de la Coupe de l'Uefa en 2004, respectivement perdues face à Porto (0-3) et Valence (0-2), la France est entrée dans un tunnel dont le bout semble bien loin. Lors des sept dernières saisons, un seul club hexagonal s'est hissé dans le dernier carré d'une des deux compétitions: Lyon en Ligue des Champions, en 2009-2010.

Dans le même temps, l'OL fut le seul à éliminer un Oligarque en match aller-retour: le Real Madrid (1-0, 1-1) la même année. Une seule victoire, en huit confrontations du même ordre (Lyon - Milan 2006, Lille - MU 2007, Lyon - MU 2008, Lyon - Barça 2009, Lyon - Real et Lyon - Bayern 2010, OM - MU et Lyon - Real 2011...)! Si cela ne suffisait pas, essayons ceci: la courbe des résultats lors des duels entre Lyon et "El Madrid", qui précise formellement la pente sur laquelle glissent les Français: 3-0, 1-1 (2005-2006), 2-0, 2-2 (2006-2007), 1-0, 1-1 (2009-2010), 1-1, 0-3 (2010-2011) et 0-4, 0-2 (2011-2012). Lyon n'a cessé de s'affaiblir et le Real de se renforcer, le point d'inflexion se situant avec l'arrivée de José Mourinho sur le banc des Merengue, en juin 2010, dont on commence seulement, après une année de mise en place, à comprendre la signification...

Concrètement, après quatre journées de poules de la Ligue des Champions, trois clubs sont déjà qualifiés pour les huitièmes de finales: Real, Milan et Barça, soit les trois plus puissants des oligarques au sens historique du terme, celui du palmarès. Le Bayern, l'Inter, Manchester United, Chelsea et Arsenal sont bien placés pour les imiter. Du Super 10, seuls Porto et Lyon semblent en difficulté et chacun pressent que dans la décennie à venir, ils auront le plus grand mal à maintenir leur rang.

Oui, le football français doit ouvrir les yeux: il n'a jamais été une puissance majeure en Europe, hormis dans les années 90. La France a remporté 1,43% des coupes d'Europe depuis 1956, ne disputant que 4,36% des finales européennes dans le même temps. Le ratio du Portugal, pourtant six fois moins peuplé, est respectivement de 4,73 et 5,37%!

Lille voué à voir filer Éden Hazard, Rennes à poursuivre son pénible apprentissage Lyon, sa cure d'austérité budgétaire, Marseille pénalisé par le contexte local: l'unique chance de la France de trouver place à la Table Ronde de ceux qui vont conquérir le Graal a les contours du Paris Saint-Germain. Un espoir légitime, cf les cinq demi-finales européennes consécutives du PSG entre 1993 et 1997 et la victoire en C2, en 1996; cf les ambitions qatariennes en terme de recrutement, la stature de Leonardo, le talent de Javier Pastore et de ceux qui le rejoindront la saison prochaine, l'expérience de la présumée recrue Victoria Beckham...

Il faut souhaiter l'émergence européenne de ce Paris mondialisé. Pour que revienne le temps d'il y a sept ans, quand Pauleta and Co défiaient le Chelsea de Mourinho en phases de poules de la Ligue des Champions 2004-2005 (0-0, 0-3). Sinon, il n'y aura plus qu'à prendre acte de la sortie définitive de notre vieux pays, la France, de la zone euro. Pas besoin de référendum pour cela...   

L’auteur

A propos de ce blog

On peut toujours croire que le foot est un sport, a fortiori un sport démocratique. On peut toujours prétendre que le foot n’est qu’affaire de système de jeu et de culture tactique. Clamer, quand on n’y comprend plus rien, que « tout peut arriver dans le football », selon l’une des croyances les plus établies de la doxa médiatique.

Geoffroy Garétier nourrit depuis des années une pensée inverse. Consultant sur les antennes du groupe Canal Plus (les Spécimens sur Canal+ Sport, les Décodeurs sur Infosport+, 20h foot sur itélé), il fait partager avec ferveur sa conviction ultime : plus le niveau monte, plus « c'est joué d'avance ». Plus le nombre des participants augmente, plus l’audience progresse et plus le cercle des vainqueurs se réduit, en proportion comme en valeur absolue.

Le concept de Footballogie est né d’un triple constat. Un : il est temps d’admettre que le football est bien plus qu’un sport, voire probablement, pas un sport du tout. Deux : il est temps d’élargir le champ de l’analyse sportive, depuis trop longtemps confiné dans les limites chronométriques du match et les tromperies de son apparence. Trois : tout menant au foot et le foot menant à tout, il est temps de lui octroyer le label « fait social total » imaginé par Marcel Mauss, chercheur visionnaire et pionnier de l’anthropologie en France.

Bourdieu l’aurait dit : la Footballogie est un sport de combat. « Footballogie », le blog, s’adresse à tous ceux que le foot fascine et fait vibrer, tous ceux qui savent que passion et lucidité ne recèlent pas d’incompatibilité. Avec, pour seuls parti-pris, l’humour, l’imagination et la libre pensée…

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