1. Montpellier HSC, 76 pts; 2. Paris Saint-Germain FC, 73; 3. Lille OSC, 71; 4. Lyon, 60...

7747920333_calendrier-paris-montpellier-lille.jpgLe suspense est une valeur absolue. On ne transige pas avec lui. A ce titre, la saison de L1 2011-12 restera dans les annales, un millésime historique au sens noble du terme. Depuis l'instauration de la victoire à trois points, en 1994-95 (après une année expérimentale en 1988-89), et sur un championnat à vingt clubs, rares furent les saisons où le sacre du club de l'année se fit à la dernière journée: 2007-08 et 2008-09, à la charnière du règne lyonnais, furent celles-ci. Il n'y en a pas d'autres.

Pour autant, le suspense est une valeur absolument formelle. Sous le masque de la diva capricieuse se cache cette Vierge de Fer qu'est l'Histoire, la "vraie Histoire". Celle qui s'écrit à l'encre du temps. Une encre invisible, sauf pour qui se donne la peine de déchiffrer.

La Footballogie se veut l'art de ce décryptage. C'est un art difficile, comme tout ce qui relève de la prédiction. Quand les faits ne se révèlent pas conformes à nos fantasmes, qui faut-il blâmer? Les faits eux-mêmes, ces éléments incontrôlables? Ou ne sont-ils que le cruel reflet de nos incompétences, l'éternel bûcher de nos vanités? Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Ainsi, parmi les clichés parasites de la doxa footballistique, l'un des plus éculés assure qu'en foot, rien n'est écrit d'avance.
 
Amis lecteurs de ce blog, vous savez bien qu'il n'en est rien
. Me concernant, j'ai choisi. Je ne me fie qu'à mon jugement. La Footballogie est une science humaine, au sens littéral d'une recherche portant en elle les ferments de ses errements ou de ses inachèvements. Cela ne me perturbe nullement: je pratique l'auto-blâme avec la même tranquillité que l'auto-congratulation. Ce qui suit en sera, en est, une démonstration sans concession.

De fait, c'est officiel depuis hier mais on le sentait depuis longtemps: on connait désormais, selon les chiffres définitifs du Ministère de l'Intérieur, les résultats du premier tour de l'élection footballogique visant à identifier le champion de France 2011-12.

Dès le mois d'août 2011, via la Footballogie, je me suis livré à l'exercice visant à définir, dans un premier temps, les candidats crédibles au sacre du printemps 2012. J'ai travaillé sur la base de l'analogie avec le système électif républicain; pas seulement par opportunisme, mais par intuition que là était le chemin vers la lumière.

Ligue-1-Montpellier-reprend-son-envol-Lille-s-assure-le-podium_reference.jpgRappelons qu'avant de devenir un palais bien connu des Français, "Élysée" est dans la mythologie grecque une sorte de paradis pour les plus valeureux d'entre nous. De la mythologie naquit, par glissements sémantiques, cette méthodologie: classer les vingt clubs de Ligue 1 en quatre catégories comme autant de mouvances politiques. Et surtout, s'étant partagés en parts égales les 72 titres depuis le championnat originel, en 1932-33,

Un: le Parti Conservateur, celui du tenant du titre, Lille, à cette aune candidat auto-désigné.

Deux
: le Parti Alternatif, regroupant les champions sacrés les trois années précédentes.

Trois
: le Parti Restaurateur, regroupant les plus anciens champions de France.

Quatre
: le Parti Révolutionnaire, comportant l'ensemble des clubs n'ayant jamais été sacrés.

Conservateur excepté, les candidats à l'élection furent désignés au terme de primaires et selon une grille paramétrique bien précise. Un exercice classique de "profilage" sur laquelle se fonde la Footballogie, dans son aspect prédictif. Outre Lille, les vainqueurs de ces primaires footballogiques furent Marseille, d'une courte tête devant Lyon, côté "alternatifs"; Paris, de préférence à Saint-Étienne, côté "restaurateurs"; enfin, Montpellier, devant Toulouse, émergea du magma "révolutionnaire".

Je ne vous ferai pas l'injure de vous renvoyer au classement de L1 rappelé en préambule. Tout y est. Montpellier, Lille, PSG. Si l'OM s'est délité, son suppléant, Lyon, a honnêtement tenu sa place. Voilà pour le cadre général, pour lequel je revendique une Mention Bien, a minima.

Rentrons maintenant dans le détail de mes victoires.

Victoire n°1: après deux journées jouées, j'ai diagnostiqué que Lille, qui n'avait pris qu'un point, avait déjà perdu son titre. Je persiste et signe: pour retrouver trace d'un club passant de la troisième à la première place à deux journées du terme, il faut remonter à 1953-54. Quand Reims et Bordeaux furent grillés sur le fil par... Lille.

Victoire n°2: Le 17 septembre, il y a près de huit mois et après seulement cinq journées de championnat, j'ai théorisé, le premier, l'idée d'une victoire finale du Montpellier-Hérault.

Victoire n°3: Le 24 septembre, avant le choc de la 8e journée à la Mosson entre Montpellier et le PSG, j'ai expliqué pourquoi l'un de ces deux clubs, et pas un autre, serait le futur champion de France.

Victoire n°4: Enfin, le 3 octobre, au lendemain de la retentissante victoire du PSG sur Lyon, lors de la 9e journée, j'ai tranché: le titre serait promis aux Parisiens.

Jusque là, c'est un sans faute ou presque, puisque pareil scénario n'est toujours pas démenti.

Reste désormais, puisque l'exercice critique comprend sa part d'auto-critique, à détailler les failles de mon cadre prédictif.

Première erreur: le départ d'Antoine Kombouaré à la trêve, alors que le PSG occupait la tête du classement avec trois points d'avance sur Montpellier et quatre, sur Lille. Dans mon analyse, le sage kanak aurait été l'un des facteurs majeurs du triomphe parisien. Je ne suis certes pour rien dans son éviction mais j'aurais du prévoir qu'elle entrainerait des bouleversements de nature à changer la donne.

Deuxième erreur: l'OM. Bien qu'ayant chirurgicalement décortiqué les antagonismes (guérilla Anigo vs Deschamps notamment), minant les fondations de la maison marseillaise, j'en ai sous-estimé l'impact dévastateur de cette puissante crise interne sur les résultats de l'équipe; effet démultiplié par l'extinction d'une dynamique collective éreintée par l'excès de compétitions. Dès lors, je n'ai pas su prévoir cette série négative de treize matches sans victoires en L1, du 5 février au 27 avril inclus. Du jamais depuis la saison 1962-63 (quatorze), alors même que Deschamps et ses hommes réalisaient, en Ligue des Champions, le meilleur parcours du club depuis le triomphe de 1993 face à l'AC Milan (1-0).

Troisième erreur: j'ai négligé un aspect pourtant essentiel de la Footballogie: les interactions souterraines entre certains clubs. En l'occurrence, entre Marseille et Montpellier. A la trêve hivernale, à mi-parcours, le podium était ainsi constitué: 1.PSG, 40 pts 2. Montpellier, 37; 3. Lille, 36... 6. Marseille, 31. Sur les vingt dernières saisons, seules 15% d'entre elles avaient vu les occupants du podium à l'issue de la phase aller s'y retrouvant à la fin du championnat. D'autre part, depuis la saison 2006-07, l'OM était traditionnellement le meilleur club de L1 sur la phase retour. D'où mon pronostic, erroné, d'un OM se battant pour la troisième place du classement final, le 20 mai 2012. Ma faute, ma très grande faute, ma plus grande faute.

Or, historiquement, le Montpellier moderne, réanimé par Louis Nicollin à partir de 1974, a tiré deux de ses pics sportifs de victoires sur l'Olympique de Marseille. Son unique podium avant 2012, sur la troisième marche à l'issue de la saison 1987-88? Tiré d'un spectaculaire 4-0 contre l'OM lors de la 37e journée. La dernière finale de Coupe de France, en 1994? Atteinte via un quart-de-finale arraché aux tirs aux buts, au Stade Vélodrome. J'aurais du m'en douter. Même si j'ai rectifié le tir en posant la question séminale, le 19 février, au matin d'un PSG - Montpellier (2-2) qui fera peut-être la différence.

Montpellier en Ligue des Champions, pour la première fois de son histoire, ce n'est sans doute pas raisonnable. Mais c'est la réalité. Montpellier champion de France, ce n'est pas encore la réalité. Mais c'est plus que possible. 
    
Pour l'heure, cela suffit à valider mes options créatives, mes méthodes d'analyse. Je reviendrai la saison prochaine encore plus fort, encore plus déterminé à modifier le champ d'expertise de ce football dont nous savons ce qu'il est: "plus qu'un sport".

PS: mon compte twitter, @ggaretier, est un espace de débat et d'échanges de données autour de la #Footballogie. L'abonnement est gratuit et les publications, quotidiennes. J'aime qui me suit. Qui m'aime me suive!

    

 


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(Ndlr: version actualisée de ma note du 27 avril 2012)

Ce qui ne tue pas rend plus fort. Blessé au tendon d'Achille lors de la 33e journée de Ligue 1, Éden Hazard a joué hier son cent-deuxième match d'affilée en L1. Dans le crunch de la 34e journée, le LOSC a battu le PSG (2-1) et comme chaque week-end ou presque depuis des semaines, Hazard a marqué les esprits: un but (sur pénalty), son 17e de la saison, et une passe plus que décisive, un coup du foulard précurseur du but de Nolan Roux, celui de la victoire lilloise.

Eden Hazard n'ira pas au-delà de cent-six matches d'affilée en L1. Selon nos informations, celui qui reste, avec Zinédine Zidane, le seul homme sacré meilleur espoir de L1 (2009 et 2010) puis meilleur joueur (2011) lors de la cérémonie annuelle des trophées UNFP, va quitter la France. Direction Manchester.

Ce départ, dévoilé dès le 29 janvier dernier, sur le plateau du Canal Football Club, par Éden Hazard lui-même, se résume aujourd'hui à un derby de Manchester. Déjà en lutte pour le titre de Champion d'Angleterre, les deux clubs mancuniens occupent en effet la première ligne sur le dossier. City est en pole, United juste derrière. patrick_vieira_03_29042012.jpgLa présence conjointe dans les tribunes du Stadium Nord, hier soir, de Patrick Vieira, l'ambassadeur des Citizens, et de Martin Ferguson, frère de Sir Alex et lui-même chef de la cellule recrutement des "Red Devils", en fut la preuve éclatante.

Dans un premier temps, c'est le club londonien de Tottenham semblait tenir la corde, porté par une dynamique sportive favorable. Trois mois plus tard, la donne a radicalement changé. Les Spurs ne sont plus sûrs de se qualifier pour la prochaine Ligue des Champions. Éden Hazard, qui a découvert cette année la compétition phare du football mondial de clubs, tient absolument à la disputer à nouveau.

Vient ensuite l'argument financier. Éden Hazard, auteur d'un but et deux passes décisives le 18 mars lors d'un Lille - Valenciennes (4-0) auquel assistait le manager de City, Roberto Mancini, aux côtés de l'agent du joueur John Biko, prétendrait à un salaire net annuel de 5 millions d'euros minimum. Des quatre clubs anglais susceptibles de jouer la compétition, ni Newcastle, qui possède en Hatem Ben Arfa un joueur au profil similaire, ni Arsenal ne veulent, ou peuvent, s'aligner sur pareilles exigences.

Du côté de Manchester United, qui disputera lundi soir sur le terrain du rival "Citizen" le titre de Champion d'Angleterre 2012, Alex Ferguson ne cache pas l'intérêt qu'il porte au jeune prodige belge. "Man U", l'un des quatre clubs les plus riches du monde, jouit aussi d'un prestige et d'un palmarès bien supérieurs à celui de son voisin de City. Choisir les Red Devils serait l'occasion de se glisser dans une lignée de joueurs légendaires (Best, Robson, Cantona, Beckham, Ronaldo), tous porteurs du mythique n°7 dont Éden Hazard serait dès lors l'héritier.

Sauf que la politique salariale en vigueur chez les Red Devils n'est pas celle du chèque en blanc. On voit d'abord, puis on paye. Recruté à l'âge de 18 ans, un joueur comme Wayne Rooney, par exemple, dut attendre sa huitième année de contrat et un long bras de fer avec ses dirigeants pour y décrocher le jackpot.
   
A l'inverse, choisir Manchester City, depuis sa reprise en 2008 par des capitaux d'Abou Dhabi, c'est (encore) la certitude de toucher le gros lot d'emblée. Même si l'effectif des Citizens au poste de Hazard est étoffé (l'Espagnol David Silva, le Français Samir Nasri), le Belge y aurait l'occasion de s'y faire une place d'autant plus aisément que les propriétaires du club s'apprêtent à lancer une nouvelle offensive sur le marché des transferts dans le but de gagner la prochaine Ligue des Champions.

A 40 millions, montant de sa clause de départ du LOSC, obtenir le transfert de celui qui est l'actuel meilleur passeur et deuxième meilleur buteur de L1 cette saison, est presque un jeu d'enfant. A ce niveau, rares sont les clubs (Chelsea, Real Madrid) capables de rivaliser.

Dans la tête du joueur, dès lors, le choix de Manchester City est fait. Il l'a confié, selon nos sources, à l'un de ses anciens équipiers en marge de la défaite du LOSC à Brest, le 7 avril (1-3).

Si l'affaire n'est pas encore bouclée, le président lillois Michel Seydoux, y verrait un triple intérêt. Un: équilibrer les comptes du LOSC en vendant au prix fort un pur enfant du club, couvé depuis l'âge de 14 ans. Deux: lancer une grande campagne de recrutement pour le remplacer et ainsi, d'abonnements pour remplir le Grand Stade de Lille et ses cinquante mille places, qui sera enfin en service à l'été 2012. Trois: attirer de nouveau investisseurs au sein du capital du LOSC, et vendre tout ou partie de ses parts après dix ans de présidence.

On appelle ça un faisceau de convergences. Resterait, une fois le dossier signé, à en convaincre ses futurs équipiers, dont son partenaire en sélection belge Vincent Kompany, de sa pertinence, ainsi que les supporters des Sky Blues qui voient déjà, en Éden Hazard, un mercenaire de plus. Mais c'est une autre histoire...
 
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Ce qui ne tue pas rend plus fort. Blessé au tendon d'Achille lors de la victoire de Lille à Dijon (2-0), lors de la 33e journée de Ligue 1, suite à une agression du défenseur dijonnais Kumordzi, le meneur de jeu lillois Éden Hazard devrait de fait jouer son cent-deuxième match d'affilée en L1, dimanche soir (21 heures) dans le match au sommet de la 34e journée: LOSC - PSG, presque une finale dans la course au titre de champion de France 2012.

102: c'est le record du moment. Il faut le savourer, car la fin de série est proche: cent-six matches, celle de la fin de saison de L1, en sera la limite. Selon nos informations, celui qui reste, avec Zinédine Zidane, le seul joueur à avoir été sacré meilleur espoir de L1 (2009 et 2010) puis meilleur joueur (2011) lors de la cérémonie annuelle des trophées UNFP (et unique joueur de champ honoré trois années d'affilée), va quitter la France. Direction probable: Manchester City.

Ce départ n'est certes pas un secret. Le 29 janvier dernier, sur le plateau du Canal Football Club, Éden Hazard lui-même avait dévoilé l'information, révélant au passage son futur pays d'accueil: "Je me dirige vers l'Angleterre. C'est un style de jeu qui me convient, c'est là qu'on peut apprendre le plus." On peut le déplorer mais lorsqu'un de ses talents repose sur les trois colonnes fondamentales (statistiques, reconnaissance, potentiel), la Ligue 1 est rarement en position de s'aligner et l'Angleterre, souvent une terre d'accueil. Dans un passé récent, tel fut le cas de Didier Drogba (2004), Michael Essien (2005), Florent Malouda (2007), tous trois partis pour Chelsea.

Concernant la destination finale, en revanche, Manchester City n'a pas toujours été en pole. Dans un premier temps, le club londonien de Tottenham semblait tenir la corde, porté par une dynamique sportive favorable. Trois mois plus tard, la donne a radicalement changé. Les Spurs ont plongé au classement de la Premier League, sortant de la zone qualificative pour la prochaine Ligue des Champions. Éden Hazard, qui a découvert cette année la compétition phare du football mondial de clubs, tient absolument à la disputer à nouveau.

Vient ensuite l'argument financier. Éden Hazard, auteur d'un but et deux passes décisives le 18 mars lors d'un Lille - Valenciennes (4-0) auquel assistait le manager de City, Roberto Mancini, aux côtés de l'agent du joueur John Biko, prétendrait à un salaire net annuel de 5 millions d'euros minimum. Des quatre clubs anglais susceptibles de jouer la compétition, ni Newcastle, qui possède en Hatem Ben Arfa un joueur au profil similaire, ni Arsenal ne veulent, ou peuvent, s'aligner sur pareilles exigences.

Du côté de Manchester United, qui disputera lundi soir sur le terrain du rival "Citizen" le titre de Champion d'Angleterre 2012, Alex Ferguson ne cache pas l'intérêt qu'il porte au jeune prodige belge. "Man U", l'un des quatre clubs les plus riches du monde, jouit aussi d'un prestige et d'un palmarès bien supérieurs à celui de son voisin de City. Choisir les Red Devils serait l'occasion de se glisser dans une lignée de joueurs légendaires (Best, Robson, Cantona, Backham, Ronaldo), tous porteurs du mythique n°7 dont Éden Hazard serait dès lors l'héritier.

Sauf que la politique salariale en vigueur chez les Red Devils n'est pas celle du chèque en blanc. On voit d'abord, puis on paye. Recruté à l'âge de 18 ans, un joueur comme Wayne Rooney, par exemple, dut attendre sa huitième année de contrat et un long bras de fer avec ses dirigeants pour y décrocher le jackpot.
   
A l'inverse, choisir Manchester City, depuis sa reprise en 2008 par des capitaux d'Abou Dhabi, c'est (encore) la certitude de toucher le gros lot d'emblée. Même si l'effectif des Citizens au poste de Hazard est étoffé (l'Espagnol David Silva, le Français Samir Nasri), le Belge y aurait l'occasion de s'y faire une place d'autant plus aisément que les propriétaires du club s'apprêtent à lancer une nouvelle offensive sur le marché des transferts dans le but de gagner la prochaine Ligue des Champions.

A 40 millions, montant de sa clause de départ du LOSC, obtenir le transfert de celui qui est l'actuel meilleur passeur et deuxième meilleur buteur de L1 cette saison, est presque un jeu d'enfant. A ce niveau, rares sont les clubs (Chelsea, Real Madrid) capables de rivaliser. Dans la tête du joueur, dès lors, le choix de Manchester City est fait. Il l'a confié, selon nos sources, à l'un de ses proches en marge d'un match récent du LOSC en L1.

Toutefois, l'affaire n'est pas encore bouclée, même si le président lillois Michel Seydoux, y verrait un triple intérêt. Un: équilibrer le bilan en cours du LOSC en vendant un pur enfant du club, couvé depuis l'âge de 14 ans par le champion de France en titre. Deux: recruter fort pour le remplacer et lancer une grande campagne d'abonnements pour remplir le Grand Stade de Lille et ses cinquante mille places, qui sera enfin en service à l'été 2012. Trois: attirer de nouveau investisseurs au sein du capital du LOSC, et vendre tout ou partie de ses parts après dix ans de présidence.

On appelle ça un faisceau de convergences. Resterait, une fois le dossier signé, à en convaincre ses futurs équipiers, dont son partenaire en sélection belge Vincent Kompany, de sa pertinence, ainsi que les supporters des Sky Blues qui voient déjà, en Éden Hazard, un mercenaire de plus. Mais c'est une autre histoire...
 
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"Barça - Real résonne comme la version footballogique de l'Armageddon biblique. A moins qu'il ne soit l'Armageddon lui-même."

Ainsi concluais-je mon antépénultième note footballogique. Celle ou enfin, Footballogie levait le voile sur sa nature même, son essence politique à tendance radicale.

C'était avant les quarts de finale de la Ligue des Champions. C'était avant que le Deus ex Machina du football ne prête l'oreille à mon propos. Qu'en demi-finale aller de la 57e C1, le Real Madrid et le FC Barcelone ne soient tous deux battus au même stade de la même compétition pour la première fois depuis près d'une année (30 avril 2011, 34e journée de la Liga).

En vérité, je vous le dis: je compte fermement sur le Bayern et/ou Chelsea pour écarter le scénario d'une finale Barça - Real, celle que la planète entière, à l'exception des fans du Bayern ET Chelsea, appelle de ses vœux.

Pourquoi cette prise de position extrême? Il est rare que je m'engage ainsi Pour ou Contre un événement formel. J'avais certes fait de Chelsea mon favori pour remporter l'édition 2011 de l'épreuve au nom de la pérennité du carrousel anglo-hispano-italien. Je me garderais bien d'instrumentaliser les Blues pour assouvir quelque pitoyable vengeance égotiste. 

Barça - Real, alias "El Clásico", ce Talmud dont le 219e chapitre a lieu ce soir au Camp Nou de Barcelone, le Stade des Stades, est un rituel auquel en temps normal, nous n'accorderions qu'une importance toute relative. Un match de foot, juste un peu moins simple que les autres, juste beaucoup plus qu'une question de vie ou de mort.

Nous nous serions extasiés sur la rivalité Messi - Ronaldo, dont les performances, quasi-gémellaires, dépassent l'entendement, repoussent les frontières du possible. Condamnant ainsi les Seigneurs de l'Histoire aux oubliettes statistiques, où reposera bientôt le duel Skoblar - Keita, 44 buts pour l'un, 42 pour l'autre, de la saison 1970-71 en France. Un jour peut-être, même le souvenir du vénérable maître William "Dixie" Dean, 60 buts pour Everton en championnat d'Angleterre, saison 1927-28, finira-t-il par s'évanouir sous les infinis prodiges du triple Ballon d'Or argentin et de son éternel dauphin gominé.

En temps normal, nous aurions glosé sur l'antagonisme Guardiola - Mourinho. Formule Barça versus Special One Basta. 8,33% de défaites en quatre ans pour le fils spirituel de Cruyff; 75,67% de victoires en 111 matches sur le banc du Real pour le disciple caché d'Herrera.

Nous aurions philosophé sur la fracture sociale espagnole, Barça - Real devant et tous les autres derrière dans un magma informe, tous juste bon à atteindre les demi-finales de la Ligue Europa. 

En temps normal, oui, nous nous vautrerions dans les chiffres, les records à battre pour le Real (records de points marqués, de buts inscrits, de victoires engrangées, de différence de buts), les sommets à gravir pour le Barça (six trophées à gagner, 65 matches à jouer sur autant de dates possibles au calendrier, deux ligues des champions consécutives à conquérir pour la première fois depuis le Milan...). Assez!

Les temps ne sont pas à la normalité. Au-delà d'un possible retour à l'alternance et d'un premier Clásico en Liga depuis le 7 mai 2008 pour décorer la Maison Blanche, au-delà d'un septième championnat remporté avec quatre clubs dans autant de pays pour Son Arrogance Sérénissime José 1er, au-delà même d'une possible captation du bilan commun (86-46-86) par les Blaugranas après 69 ans de magistère madridiste, le Clásico 219 n'est, et ne peut être, qu'une répétition.

Celle du Clásico 220. Programmé pour le 19 mai 2012 à Munich. Un siècle, une décennie, une semaine après celui du 13 mai 1902 à Madrid. Le premier, le brouillon, pas encore classique, entre un Barça de trois ans d'âge et un Madrid même pas Real qui poussait là son cri primal.

Le premier pour la Copa de la Coronacion, proto-Coupe du Roi inventée pour le jeune Alphonse XIII, alors couronné de frais. C'était du moins ce que l'on croyait.

Dans toute tragédie, la créature échappe à son créateur. La Coupe du couronnement portait en germe la guerre civile espagnole. L'irruption conflictuelle de la flèche blonde Alfredo Di Stéfano, la gestation vengeresse de sa réplique numérique, la puce Lionel Messi. Le football est devenu Tout.

Elle portait en elle l'invention de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, la Ligue des Champions comme on dit de nos jours, laquelle, sans qu'on le perçoive tout à fait, serait un point d'inflexion à l'histoire intrinsèque des Clásicos, entrainant le football dans un rôle de reflet du monde qui n'était pas prévu, à l'origine.

Du point d'inflexion au point de non retour, ce n'est qu'une question de jours. Voilà le Bayern et/ou Chelsea face à une responsabilité historique: celle d'empêcher, ou pas, l’Armageddon de Munich.

Personnellement, je n'écris que sur le réel. Mon avis ne m'intéresse pas. J'attendrai l'issue des demi-finales retour de la Ligue des Champions pour dire ma crainte d'une éventuelle Fin de l'Histoire et de ses conséquences.

Le résultat du Clásico 219? Frankly my dear, I don't give a damn.


PSG - OM est un mythe français. Un passage majeur de l'évangile footballogique. resurrection_502.jpgCelui de demain soir, le premier de Carlo "Rends l'Argent" Ancelotti, épilogue de la 31e journée de Ligue1 et pour lequel Canal+ entend réaliser l'équation faire-savoir/savoir-faire, est un Clasico de choc. Peut-être le plus grand, le plus signifiant chapitre de cette saga bipolaire, entre deux visions antagonistes du foot, et partant de là, du monde. 78e épisode. Peut-être le dernier.

Je pourrais juste vous parler chiffres, quand d'autres parlent chiffon(nier)s. Quand les questions ontologiques ("Ancelotti est-il un imposteur?") où plus circonstancielles ("Deschamps est-il au bout du rouleau?") sont en fleur dans le monde des experts, telles des clous à planter dans la chair des présumés coupables.

On a les Clasicos qu'on mérite, mais celui-ci, fut-il seulement français, fut-il juste à jouer entre deux clubs piégés dans une spirale critique, mérite mieux que cette grille de lecture réductrice, symptomatique d'un affaissement spirituel autant que d'une certaine vacuité médiatique.

Du duel, il faut préciser le contexte: messianique, pour ne pas dire christique. De tous les Clasicos disputés à Paris ET en Ligue 1, ce sera le trente-troisième. L'âge du Christ au jour de la passion; ce n'est pas qu'un vain symbole. Ce "Christico" scelle le moment où tombe enfin la barrière des clichés, Paris l'oppresseur jacobin versus Marseille la rebelle sulfureuse, pour comprendre ce qui se trame dans ce pays: un détournement malsain, autant que mensonger, du thème de la fracture sociale.

L'idée, qui porta dialectiquement Jacques Chirac à l’Élysée en 1995 au temps où l'OM purgeait en D2 la peine marquant la pitoyable fin de l'aventure Tapie, a repris de la vigueur depuis l'été dernier. Sur un plan politique, la voilà désormais portée par le dénommé Jean-Luc Mélenchon, qui tente d'y puiser un destin à la Saint-Just.

On peut adhérer par conviction à la stratégie électorale du coprésident du Parti de Gauche. On peut aussi considérer l'affaire comme une posture. C'est l'avis de Marine Le Pen. Le terrain populiste étant traditionnellement chasse gardée de son parti, la candidate frontiste a récemment assimilé Jean-Luc Mélenchon "à un nouveau Bernard Tapie"; celui qui ferait prendre au bon peuple de France des vessies pour des lanternes. Et, par extension, le "parti de la Révolution" à un OM grandeur nature.

Curieusement, hier, le défenseur marseillais Rod Fanni reprenait (consciemment ou non, là n'est pas le problème) à son compte le flambeau de cette nouvelle doxa en prononçant ces mots stupéfiants à propos de ce 33e PSG-OM à Paris ET en Ligue 1: "C'est le match de la passion contre l'argent".

Fallait-il être diaboliquement mécréant pour parler ainsi de "passion" un Vendredi Saint, jour de la Passion du Christ? Ou bigrement dévot? Ou simplement ignorant? Rayer les mentions inutiles.

Comment mieux résumer, toutefois, la problématique française? C'est bien connu: la France est un pays de passion et qui (tiens donc) déteste l'argent. Donc le PSG. Dogme forgé à coups de détournements de fonds, de transferts douteux et de pressing du Milieu. Tiens, ça me rappelle un club. Le PSG? Euh... Non.

Il aura suffit que Margarita Louis-Dreyfus, sur les conseils du conseil d'administration du groupe industriel hérité de feu RLD, décide de rationner la manne sur laquelle, de 1996 à 2011, a vécu toute une ville (pour ne pas dire tout un peuple, expression détestable s'il en est), pour que l'OM ne change d'acronyme. Fini l'Olympique des Mécènes. Bonjour l'Olympique de Misère.

Personnellement, je pense que le misérabilisme ne mène nulle part. Surtout lorsqu'il est tissé de malhonnêteté plus ou moins manipulatrice. Selon des sources concordantes, le salaire net mensuel de Rod Fanni avoisine les deux cents mille euros; andre-pierre-gignac-bentley-continental-gt.jpgcent mille de moins que celui d'André-Pierre Gignac, dont le kilométrage balle au pied reste inférieur à celui parcouru au volant de sa Bentley à 185.000 euros l'unité (prix de base).
 
En vérité, de toutes les villes françaises de plus de cent mille habitants, Marseille est celle où les inégalités sociales sont les plus prononcées. L'échelle des revenus médians par arrondissements y est graduée de un à douze; de un à quatre à Paris.
 
C'est ainsi: quoiqu'en dise François Hollande, le Paris Saint-Germain, même tombé aux mains d'argent du capitalisme mondialisé dans ce qu'il a de plus opaque, celui des émirats pétro-gaziers du nord-est de la péninsule arabique, est l'émanation d'un modèle bien plus égalitaire, et partant de là bien plus Français, que le contexte marseillais.

C'est tellement vrai qu'à Paris ET en Ligue 1, le Clasico est statistiquement équitable: 13 victoires pour le PSG contre neuf pour l'OM et onze matches nuls. C'est tellement vrai que lorsque Paris joue le titre ou l'une des deux premières places (1986, 1989, 1993, 1994, 1997, 2000 et 2004), le Parc des Princes devient un terrain neutre, pour ne pas dire une terre hostile à ses résidents: deux victoires en sept matches, pour trois nuls et deux défaites (5 buts pour, 5 buts contre).

A part ça, quelques chiffres quand même. Didier Deschamps, qui sur le coup de 22h50, dimanche soir, aura été l'acteur (sur ou au bord du terrain) de 18,2% des Clasicos disputés en L1, n'en a pour l'heure perdu qu'un. L'ancien capitaine de la victoire en Ligue des Champions, en 1993, est aussi comptable de l'une des pires séries négatives du club depuis la première victoire en Coupe de France, en 1924.

Moralité: Marseille est une fracture sociale à elle toute seul. A la fois Capitole et Roche Tarpéienne. deschampslabrune.jpgEt quand Marseille se fait misère, comme en 1994 par exemple, Didier Deschamps a plutôt vocation à changer d'horizon. L'homme a toujours été du côté de l'ambition. La passion c'est bien joli, mais sans argent, c'est juste le plus sûr chemin vers la crucifixion.

Demain soir, entre deux clubs, deux entraineurs, piégés dans une spirale christique cousue de fil blanc, il sera aussi question de résurrection. Golgotha pour les uns, Saint-Sépulcre pour les autres: à quoi ressemblera le Parc des Princes?

Comme disait Brennus: Vae Victis.
C'est écrit. Depuis le tirage au sort du tableau final de la Ligue des Champions, le 16 mars à Nyon, plus de cinq cent millions de fidèles ont updaté leurs agendas à la date du 19 mai. 20h45: finale de la C1, 57e du nom, à l'Allianz Arena de Munich.

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FC Barcelone - Real Madrid CF, oui, c'est écrit. Au-delà de l'incontestable et puissant faisceau de convergences, une somme illimitée de paramètres, désirs et volontés mêlés semblent graver dans le marbre ce scénario. Même Michel Platini, que sa fonction devrait placer au-dessus des considérations partisanes, y est allé de son souhait.

Au mépris de l'avenir, de la concurrence et des aléas de la compétition.

Il est vrai qu'à ce niveau de jeu, tout est joué d'avance. Hmmm... Voilà le Footballogue pris au piège de sa propre logique, tel un prophète aveuglé par l'éclat de ses visions.

Au fait, est-ce vraiment écrit?

Que le Barça et le Real soient les deux meilleures équipes du moment ne fait aucun doute pour personne. Les chiffres sont le support incontestable de l’œil, lequel, s'il peut être parfois le plus raffiné des menteurs, paraît dans ce cas précis grand ouvert.

A la veille de son déplacement à San Siro, face à l'AC Milan (dont la victoire finale de 1994 face aux Catalans, un 4-0 sans appel, reste l'une des plus belles démonstrations de science tactique de l'histoire), le Barça a joué cinquante matches cette saison, toutes compétitions confondues.

Bilan? Trente-huit victoires, dont seize, soit 42,1%, par au moins quatre buts d'écart ou plus, et vingt-quatre, soit 63,2%, en laissant muette l'attaque adverse (clean sheet, comme on dit outre-Manche). Suite de l'examen? Dix matches nuls, dont la moitié en ayant marqué deux buts à l'extérieur. Pareille force de frappe en terrain hostile peut être fort utile dans une rencontre à élimination directe (cf la fameuse demi-finale Chelsea - Barça de 2009, 0-0, 1-1).

Cette saison (avant les quarts de C1), le Barça a marqué 152 buts. Autant que l'OM et Chelsea réunis, pour se limiter au champ des quarts-de-finalistes de C1 cette saison. Autant que durant toute la saison dernière, ponctuée de soixante-deux rencontres!

Pour clore le panégyrique, la différence de buts globale du Barça version 2011-12 est de +115, avec un goal average (ratio buts marqués/buts encaissés) surnaturel de 4,108. Pour info, un goal average supérieur à 2 est déjà la marque d'une équipe dominante. Le grand Ajax termina la saison 1971-72, celle du triplé C1-Championnat-Coupe des Pays Bas avec un goal average de 4,85, ce qui situe le niveau de la référence. 

A l'arrivée, les Blaugranas ne se sont inclinés qu'à deux reprises (4%): le 26 novembre contre Getafe (0-1) et le 11 février contre Osasuna (2-3). Les deux fois à l'extérieur, en Liga, face à des comparses, par un but d'écart. Et sans Iniesta, l'homme sans lequel Lionel Messi semble redevenir humain.

On comprend pourquoi la devise du Barça est "plus qu'un club". Les mots ont un sens, et le sens est d'autant plus fort qu'il y a peu de mots. Le FC Barcelone est parti pour réécrire sa devise en deux mots: "sans limites". A l'arrivée, Pep Guardiola et ses hommes ont déjà raflé, cette saison (par ordre chronologique), la Supercoupe d'Espagne (2-2, 3-2 face au Real), celle d'Europe (2-0 face à Porto) et le Mondial des Clubs (4-0 contre Santos). Reste à conquérir la Coupe d'Espagne (finale le 25 mai à Vicente Calderon contre l'Athletic Bilbao).

Pour ce qui est de la Liga et la Ligue des champions, une petite digression de cinq cents kilomètres, plein ouest, est nécessaire. Frapper à la porte de la Maison Blanche, celle de Madrid s'entend. Si le Barça, "la meilleure équipe du monde de tous les temps", est devancée par le Real en tête de la Liga, c'est que quelque chose se trame bien au-delà du cadre temporel de cette saison.

Boostés par le machiavélique José Mourinho, alias "Sa Spécialité", les Merengues présentent une feuille de route quasi-immaculée, à l'image de leur maillot, toisant l'Europe du haut d'au moins trois colonnes statistiques (mises à jour après leur victoire 0-3 à Nicosie).

1/36 victoires en 46 matches cette saison (pour six nuls et quatre défaites), soit 78,3% de réussite (Barça: 76%).

2/140 buts marqués sur la période, soit une moyenne de 3,043 buts par match (Barça: 3,040).

3/95 buts inscrits en 29 matches de Liga en 2011-12, soit une moyenne de 3,28 bpm. Projetée sur la totalité du championnat d'Espagne, elle débouche sur un total théorique de 124 buts, ce qui serait un record historique dans un championnat à vingt clubs.

Pareils chiffres peuvent être qualifiés de prodigieux, et seraient à considérer comme tels s'il n'y avait pas le terrible hiatus relatif au trophée caché, celui qui lie "Madridistes" et "Culés" depuis la nuit des temps, cent-dix ans précisément: le Clasico.

La dernière victoire en Liga du Real sur son rival remonte au 7 mai 2008 (4-1), l'année de son 31e et dernier titre, du temps de l'emblématique Raul, avec Pepe en défense centrale. Depuis, "El Madrid" a subi six défaites (contre un match nul), dont la spectaculaire manita (5-0) du 29 novembre 2010, la première et la plus cruelle des dix défaites en cent cinq matches de Mourinho sur le banc du club recordman des victoires en C1 (9).  

Toutes compétitions confondues, le Real n'a gagné qu'un seul des quatorze derniers Clasicos, au coeur de la prolongation d'une finale de Coupe du Roi, en 2011 (coup de tête de Cristiano Ronaldo, 103e).

Il fallait bien cette digression pour compléter le postulat. Un siècle et dix années après le Clasico originel du 13 mai 1902, voici les deux clubs à égalité au sommet de l'Europe, donc du monde.

Égalité à onze Coupes d'Europe partout: 9 C1, 2 C3 pour le Real; 4 C1, 4 C2, 3 C3 pour le Berça.

Egalité à 86 Clasicos partout (pour 46 nuls) avant le 219e, le 22 avril en Liga, au Camp Nou.

Egalité dans les duels en Coupe ou Ligue des Champions: deux qualifications de chaque côté (1/2 finale en 1959-60 et 2001-02 pour le Real; 1/8 de finale en 1960-61 et 1/2 finale 2010-11 pour le Barça).

Égalité ou presque dans la passion des supporters, la mauvaise foi des médias affidés, l'ampleur des passifs et la croissance des chiffres d'affaires. Dans les prémices de l'Europe du football, les deux clubs ayant raflé les sept premiers trophées continentaux actuels. Et partant de là, incarné à la source l'inexorable vague mondialisatrice qui revient en tsunami sur le Vieux Continent.

Egalité dans l'excellence, voire le génie attribué à leurs entraineurs, Guardiola ici, Mourinho là, et aux couleurs primaires, présupposées antagonistes, de leurs personnalités. Le Bien contre le Mal.

Egalité enfin dans le culte voué à leurs héros, Ronaldo ici, Messi là.

Bref, tout est en place pour un 220e Clasico à Munich, le 19 mai. Dans Highlander, exégèse du concept hégélien de Fin de l'Histoire que revisita Francis Fukuyama en 1992 _l'année de la première victoire en C1 des Blaugranas_ il ne peut en rester qu'un.

Mais... Pour ma part, je refuse que l'Histoire se termine ainsi. Tous ces moyens ne justifient pas cette fin. Pas en 2012, l'année de la fin du monde selon le calendrier maya. Pas à Munich, ville-symbole du nihilisme européen.

Barça - Real résonne comme la version footballogique de l'Armageddon biblique. A moins qu'il ne soit l'Armageddon lui-même.

En vérité, je vous le dis: tout sauf une finale Barça - Real.

J'y reviendrai.   

 

Le football, c'est aussi, parfois, surtout ça.

Appelons "ça", pour ne fâcher personne, le syndrome de Janus.

Côté face: l'homme par qui le scandale arriva; côté pile, le héros salvateur.

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Côté face: Evaeverson Lemos da Silva, né le 16 juin 1980 à Sao Paulo, Brésil, 1,89 m, au moins 90 kilos de force brute, mis en examen depuis le 8 mars 2011 pour agression sexuelle.

Côté pile: Brandao (se prononce Brandonn en lusitano-brésilien). Bourrin pour les uns (il aurait deux pieds gauches, mais pas ceux de Messi), buteur décisif pour les faits: cinq buts en cinq matches à élimination directe depuis son retour à Marseille.

Côté face, côté pile: la synthèse éditoriale a été tentée par un blog hébergé par un site concurrent. N'hésitez pas à cliquer sur le lien, vous verrez qu'il y a toujours plus radical que soi.

Jugement de valeur: Chantal Jouanno, l'ancienne Ministre des Sports, déjà indignée (c'est la mode) par le retour à l'OM du Brésilien, au Mercato, se sera probablement étranglée face à l'obligation de répondre à cette paradoxal interrogation: la morale publique vaut-elle plus cher qu'une qualification pour les quarts-de-finales de la Ligue des Champions?

A plus de 10 millions d'euros (3,3 millions de quote-part versé par l'Uefa; 5 millions au bas mot de droits TV au titre du "market pool"; 2 millions de match-day pour le quart de finale à domicile), je connais déjà la réponse de Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune, respectivement actionnaire principal et président de l'Olympique de Marseille.

Surtout qu'avec huit points de retard sur la troisième place du classement de L1, à onze journées de la fin, une sixième participation d'affilée du Champion de France 2010 à la Ligue des Champions n'est pas une hypothèse considérable.

Lorsque "Brandonn" a remplacé Loîc Rémy, à la 88e minute de cet Inter-OM, hier à Giuseppe-Meazza, je me suis tourné vers Luc Sonor, à mes côtés sur le plateau des Décodeurs (du lundi au jeudi de 22h30 à 23h30, sur Infosport+), et j'ai dit: "Il va qualifier l'OM".

Je savais que l'OM éliminerait l'Inter. Je me suis engagé publiquement en ce sens, et à plusieurs reprises. C'est aisément vérifiable.

Je ne suis pas devin. Les faits, rien que les faits.

1/Depuis sa première participation à la Coupe d'Europe des Clubs Champions, en 1963-64, le taux de qualification des Nerazzuri lorsqu'ils avaient perdu le match aller à l'extérieur n'était que de 20%: deux sur dix, dont huit éliminations consécutives. Neuf, depuis hier soir, et donc 18,2% de réussite.

2/L'OM n'avait jamais été éliminé par l'un des deux clubs majeurs de la capitale mondiale du football avec ses dix Ligues des Champions (7 pour l'AC Milan, 3 pour l'Inter) et ses 27 trophées internationaux. Triomphes en 1/4 de la C1 1991 et en finale 1993 face à l'AC Milan, en 1/4 de la C3 2004 face à l'Inter. Depuis hier, ça fait quatre.

3/L'entraineur de l'Inter, Claudio Ranieri, n'avait atteint les quarts-de-finales de la Ligue des Champions que dans 25% des cas: demi-finaliste avec Chelsea en 2003-04 mais éliminé en poules la saison suivante avec Valence. Puis deux éliminations en huitième de finale avec la Juventus en 2008-09, puis la Roma la saison dernière. Cela fait quatre échecs d'affilée, et un taux de réussite qui descend à 20%.

4/Son homologue marseillais, Didier Deschamps, en était avant le match à neuf quarts-de-finales en quatorze campagnes de Coupe ou Ligue des Champions comme joueur (9) ou entraineur (5), avec un taux réussite global de 64,3%. Depuis hier, il en est à dix sur quinze, et donc 66,7% de réussite.

5/Deschamps, quintuple finaliste de l'épreuve en 1993 (OM, joueur), 1996, 1997, 1998 (Juventus, joueur) et 2004 (Monaco, entraineur) _je ne cite pas la finale 2001 Bayern-Valence où Hector Cuper, l'entraineur Valencian, l'avait laissé sur le banc_ n'avait jamais été éliminé par un club italien en C1deschamps.1256207135.thumbnail.jpg (en 1995, la Juventus s'était inclinée en finale de la C3 face à Parme). Série en cours.

6/Depuis le retour de son capitaine de 1993, la courbe européenne de l'OM est ascendante: élimination en poules en 2009-10, en huitièmes la saison dernière, en quart, au minimum, cette année.

D'autres raisons objectives de croire en l'OM existaient. Mais ça fait déjà beaucoup.

La Footballogie entre autres définitions, est une méthode d'analyse statistique et comparative qui s'inspire des systèmes d'anticipation politique, financière et météorologique, pour ne citer que les plus connus. Ce n'est pas un métier, c'est un Etat. N'est pas footballogue qui veut.

Je ne stigmatise pas ici tel confrère tantôt maladroit, tantôt de mauvaise foi, qui a au moins le mérite d'essayer, et à visage découvert. L'erreur est dans le contrat fondamental du cherchant. La sérendipité aussi (l'art de trouver ce qu'on ne cherchait pas).

Je plains en revanche les snipers anonymes du web dont la gonzo-attitude ne masque en rien l'aigreur paranoïde ni la vacuité ontologique. Ils n'ont qu'un côté face, celui du niqab mental, pratique le harcèlement à la manière glauque des "corbeaux" de l'occupation.

Je leur préfère Janus. Même et surtout quand il a, côté pile, les traits animaux d'Evaeverson Lemos da Silva dit Brandao.

Brandonn comme on dit chez lui. Inqualifiable côté face. Qualifiant côté pile.

C'est le football.

Ce sera donc la phrase du jour, du week-end, voire de l'année. Extrait d'une interview de François Hollande hier sur France 3: "Est-ce que le PSG - bonne équipe pour laquelle j'ai de la sympathie - a des résultats tels que son entraîneur devrait être payé autant (Ndlr: 6 millions d'euros nets annuels)?"

hollande.jpgFrançois Hollande, c'est le _sympathique_ candidat du Parti Socialiste à la prochaine élection présidentielle. En tant que tel, il cherche à séduire le plus grand nombre de Français possibles pour les transformer, le jour venu, en électeurs. Surfer sur les vagues de nos ressentis, plonger en apnée dans nos inconscients, en remonter les idées qui font buzz, les slogans qui font mouche, telle est la loi du genre.

L'heure du grand soir fiscal a-t-elle sonné? Une tranche à 75% pour les revenus nets fiscaux supérieurs à 1 millions d'euros annuel: voilà qui résonne juste à nos oreilles de déclassés sociaux virtuels, où l'air de la justice sociale est un tube indéboulonnable. L'antithèse de la cacophonie bling bling jouée à coups de crécelle par le barde Nicolasarkozix, qu'il conviendrait de faire taire comme à la fin de tout banquet qui se respecte dans notre indomptable village gaulois. Notre peuple n'est-il pas guidé par l'idéal communiste, dixit Jean-Luc Mélenchon (hier dans le JDD)?
 
Plus sûrement, les 75% désormais accolés au patronyme Hollande pourraient faire la fortune électorale du candidat socialiste, comme jadis les 5% de Calouste Gulbenkian ou les 15% de Dédé "la sardine" Guelfi. Comme chacun sait, les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Ces promesses n'engagent d'ailleurs en rien le Paris Saint-Germain. Pour mémoire, le PSG, cette bonne équipe sympathique aux yeux de M. Hollande, a des résultats: c'est l'actuel leader du championnat de France de Ligue 1. Quart-de-finaliste de la Coupe de France. Probable représentant français dans l'univers impitoyable de la Ligue des Champions 2012-13.

Le PSG est un club que le profil et les ambitions de ses nouveau propriétaires, le fonds d'investissement QSI dirigée par la famille régnante qatarienne Al Thani, a propulsé dans la sphère du foot business planétaire sur fond de géostratégie autocratique, exotique et illisible, vue de France.

Avec son budget plancher de 160 millions, son effectif et son entraineur potentiellement imposables à 75%, le PSG est désormais prêt à s'arrimer à la caste des marques footballistiques "mondialisables" et donc "bankables" à moyen terme, celle des Chelsea ou Manchester City.

En-deçà certes de la vieille aristocratie européenne à fort indice héraldique (Real, Barça, Bayern, Man U, AC Milan); à plus haut potentiel néanmoins que nos cadors traditionnels Lyon et Marseille, dont le label olympique nous rappelle ce que l'idéal d'un Coubertin, dans l'univers actuel, recèle d'anachronique.

Comme l'a dit laconiquement (diplomatiquement) Carlo Ancelotti aujourd'hui, "c'est le marché qui fixe les salaires". Comprendre: pas les hommes politiques, fussent-ils le futur président de la république française. Ancelotti est modeste: il aurait pu ajouter le palmarès, ses deux Ligues des Champions avec l'AC Milan (2003 et 2007), son doublé Cup - Championnat avec Chelsea (2010).

Aujourd'hui, seuls Manchester City, Chelsea ou le PSG ont les moyens d'appointer un Carlo Ancelotti, lequel, avec ses 500 000 euros mensuels, carlo.jpgn'entre même pas dans le Top 5 des entraineurs les mieux payés du monde. Précisons que le salaire net mensuel de Diego Maradona à Al Wasl (Dubaï) atteint le million d'euros et celui de Guus Hiddink, le nouveau coach de l'Anzhi Makhachkala (Russie), dépasse les 800 000.

Si François Hollande succédait en mai à Nicolas Sarkozy, si la proposition des 75% se muait en une nouvelle réalité fiscale, il est évident que QSI prendrait lui-même en charge l'impôt de son entraineur comme des stars de son effectif. Leurs contrats prévoient en effet de telles dispositions.

Quid des autres clubs? De Lille (Joe Cole) à Marseille (Didier Deschamps) via Lyon (Lisandro Lopez), aucun joueur ou entraineur de classe mondiale éprouvée ne resterait à fouler les pelouses de France; leurs employeurs, déjà budgétairement dans le rouge, étant a fortiori incapables de faire face à des charges supplémentaires.

Quant aux talents de Ligue 1 non encore passés par la case étranger (Lloris, Hazard, Rémy, Valbuena, Giroud, Ayew frères...) leur exode serait quasi-immédiat.

Lyon pourrait en revanche "garder" Rémy Garde, futur premier entraineur de l'OL à ne pas qualifier son club pour la Ligue des Champions depuis Bernard Lacombe, autre lyonnais, en 1999. Le low cost de la lyonnitude rime hélas avec décrépitude, dont le coût terminal est autrement plus élevé...

L'affaire des 75% aurait en outre au moins deux autres conséquences à court terme. Un: la domination par l'argent du PSG sur le reste de la Ligue 1 s'en verrait renforcée, ce qui est l'inverse de la justice sociale. Deux: la position du football français sur l'échiquier européen, déjà concurrencée par la Russie ou l'Ukraine, en serait durablement affaiblie, avec en toile de fond la perte d'un club en Ligue des Champions.

Le football, faut-il le rappeler, sera le dernier endroit au monde où s'appliquera une logique autarcique. La chandelle de 200 millions de rentrées fiscales vaut-elle un jeu aussi risqué pour le rayonnement de la Nation? N'est-ce pas une nouvelle fois les revenus du travail que l'on viendrait taxer, à l'encontre de la doxa qui prédomine à gauche, ces temps-ci?

Du reste, il se dit que les émissaires du candidat Hollande ont beaucoup téléphoné, ces jours derniers, aux footballeurs et artistes de tous poils pour les rassurer.

Dans ce cas, je ne vois qu'une logique à tout ce remue-méninges, à cette démagogie électoraliste: l'impact symbolique, quasi-religieux, du football sur nos sociétés fragmentées et en perte de repères.

N'est-ce pas là in fine la justification des gros salaires du foot? Et matière à réflexion pour les candidats à l’Élysée?  

Mesdames, Messieurs, j'attends vos propositions...      

  
En temps normal, j'aurais du poster ce qui suit dès mercredi soir, avant même la fin du match gagné par l'équipe de France en Allemagne (1-2), sur l'impeccable pelouse du Weserstadion de Brême.

La onzième victoire des "Bleus" dans le corpus mythique et parfois tragique de leur histoire particulière face à la nationalmannschaft.

La troisième d'affilée sur le sol adverse.

La cinquième (pour un nul) depuis leur dernière défaite face au rival suprême, le 12 août 1987 à Berlin-ouest, du temps du mur et de la partition entre républiques "fédérale" et "démocratique" allemandes.

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Je ne l'ai pas fait parce que ce ne sont pas ces statistiques-là qui me sont venues à l'esprit, mercredi, pendant que m'envahissait une perplexité dont, deux jours de réflexion plus tard, je ne suis pas encore sorti.

Il y a d'abord eu l'étonnement en voyant la France arborer un (élégant) maillot blanc, plus avantageux que feue la marinière nikéenne. Le blanc n'est-il pas la couleur traditionnelle de l'Allemagne? Cette dernière, ce soir-là, jouait en vert, sa couleur de rechange, son maillot "away" comme on dit de nos jours.

Puis, avant que les notes de la Marseillaise ne laissent place aux accords majestueux du "Deutschlandlied", j'ai réalisé que l'impression de blanchiment provenait en réalité de la pâleur, inhabituellement majoritaire, des visages des joueurs français eux-mêmes.

Pour parler "cash", j'ai trouvé qu'il n'y avait pas beaucoup de noirs parmi nos Bleus blanchis pour l'occasion. Deux: Eric Abidal et Yann M'Vila. Je sais bien que la discrimination positive est politiquement incorrecte par chez nous, que la classification ethnique est anticonstitutionnelle et donc illégale. Mais (peut-être vois-je le mal partout?) je n'ai pas pu m'empêcher d'aller chercher dans mes archives pour voir si mon trouble était fondé ou si c'était "mes yeux".

Comme une image vaut mieux qu'un long discours, voici la photo de l'équipe de France alignée au départ du France - Brésil amical du 9 février 2011, à Saint-Denis (1-0). Je vois cinq noirs dans leurs beaux maillots bleus. 736-FRANCE-BRESIL-2011.jpgDe haut en bas et de gauche à droite: Abidal, Diarra (cap.), M'Vila, Sagna et Malouda.

Ils étaient même six "Blacks" au départ du match en Biélorussie, le 3 juin 2011 à Minsk (1-1), en pleine affaire dite des "quotas". Encore six (Abidal, Sagna, Clichy, M'Vila, Malouda, Rémy) pour démarrer la saison 2011-12 face au Chili, le 10 août dernier à Montpellier (1-1), plus trois Maghrébins d'origine (Kaboul, Nasri, Benzema). Les "Blancs": Lloris et Martin.

Quitte à verser dans la paranoïa, je me suis dit qu'en désignant Lloris capitaine, Laurent Blanc (no comment...) avait interrompu plus d'une décennie de capitanat majoritairement noir ou issu de l'immigration africaine chez les Bleus, depuis la retraite internationale de Didier Deschamps, le 2 juillet 2000 à Rotterdam (France - Italie 2-1, but en or): Desailly, Vieira, Zidane, Henry, Evra, Diarra...

Même sans évoquer les intermittents du leadership version Blanc (Malouda, Mandanda, Abidal ou Nasri), il y a là matière à interrogation. Hasard conjoncturel (blessures, méformes)? Tendance structurelle des populations issues de l'immigration et/ou de l'outre-mer à monter dans la cabine non-sportive de l'ascenseur social? Parcours inverse des populations de souche franco-européenne?

Blanchiment progressif des (in)consciences?

Ou effet larvé d'une politique de quotas démasquée superficiellement au printemps 2011 via les révélations de Mediapart et dont les premiers résultats se feraient sentir?

Voyons, celui ou celle qui penserait cela verserait forcément dans la théorie du complot.

Tout compte fait, ça doit être mes yeux.

Post scriptum: ci-joint la photo de l'équipe de France qui affronta la RFA, Miniature de l'image pour FRANCE-ALLEMAGNE-OUEST-1982-419.jpgle 8 juillet 1982 à Séville, pour une légendaire demi-finale de Coupe du monde (3-3, 4-5 aux t-a-b). Et ce lien intéressant pour peaufiner notre réflexion collective sur le sujet. 

Qui l’eut cru en début de saison ? Ce PSG – Montpellier (Canal+, 21 heures) à l’issue duquel le rideau se baissera sur la 24e journée de Ligue 1, est bien la finale du 74e championnat de France professionnel. Ce deuxième tour de l’élection footballogique 2012 que je vous ai narrée, depuis les déclarations de candidatures, lors des deux premiers mois de la saison.

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J’ai été le premier à vous expliquer, dès le 17 septembre, pourquoi Montpellier serait le candidat du Parti Révolutionnaire, regroupant les clubs n’ayant jamais été champions ; le premier à vous dire, dès le 3 octobre, que le 73e champion de France serait Paris, en tant que vainqueur des primaires du Parti Restaurateur, celui des anciens lauréats destinés à le redevenir.

Cinq mois plus tard, je persiste et signe. J’y ajouterai, pour le poids du symbole, la dimension métaphorique du choc entre un «hyper-club» (Paris) et un club «normal» (Montpellier), qui nous renvoie au clash électoral présupposé entre Nicolas Sarkozy, l’hyper-président, et François Hollande, le candidat «normal». La similitude aurait été plus forte encore si François Hollande était demeuré  le gros homme débonnaire qu’a su incarner Louis Nicollin, physiologiquement et financièrement (313e fortune française au classement Challenges 2011 avec 120 millions d’euros).

L’essentiel, aujourd’hui, est ailleurs. L’essentiel est dans la probabilité, très importante à quinze journées du terme (supérieure à 90%), de voir Montpellier se maintenir dans les deux premiers au classement final. Et, vous m’avez vu venir, de voir le club présidé depuis 1974 par Nicollin, hybride outrancièrement surnaturel de Jean-Claude Hamel et feu Santiago Bernabeu, jouer la saison prochaine, la plus grande, la plus prestigieuse, la plus extraordinaire compétition sportive de la planète.

Il faut se pincer pour y croire. Pas parce que le MHSC fêtera peut-être ce soir une retentissante victoire au Parc des Princes, là où il n’a perdu que deux de ses dix derniers matches en Ligue 1, pour quatre nuls et quatre succès ; pas même parce qu’il gravera pour la première fois, peut-être encore, son nom dans le marbre du palmarès national français.

Je me pince parce qu’à la genèse de cette histoire exceptionnelle, il y a le Diable, qui tirait le club par les pieds durant la saison 2006-2007 (18e de L2 à deux journées de la fin) ; lequel club devrait jouer, jouera la plus grande, la plus prestigieuse, etc… : la Ligue des Champions 2012-2013.

panoramic_arman30052011_025.jpgMontpellier façon Nicosie, avec le duo Barça-Real, les deux Manchester, le Milan et la Juventus : est-ce bien raisonnable ? Poser la question, ce n’est pas dévaloriser le mérite sportif d’une équipe gérée avec compétence par René Girard, dommage collatéral de la gabegie qui régnait à la FFF sous le règne fantoche des Escalettes et autres Duchaussoy ; ce n’est pas minorer un modèle économique qui, nécessité faisant loi, s’est tourné avec succès vers le développement durable, le «dynamique-efficace» (clin d’œil au sponsor maillot du MHSC, Dyneff, réseau régional de distribution de carburant).

Est-ce bien raisonnable ? Poser la question, c’est juste considérer l’intérêt général du football français. Via le réveil du PSG et l’émergence montpelliéraine, ce dernier va sans doute perdre, l’an prochain, l’un de ses deux (voire ses deux) seuls représentants au sein de la Powerleague, le Top 20 des clubs les plus puissants du continent : j’ai nommé Lyon et/ou Marseille. Cela ne peut être une bonne nouvelle sous l’angle imparable de l’indice Uefa, qui détermine le contingent européen de chaque championnat national.

Depuis la finale 2004 perdue par Monaco devant Porto (0-3), la France a connu trop de parcours éphémères en Ligue des Champions pour se satisfaire de Montpellier héros au-delà de la bienveillance d’usage pour David surpassant le Goliath : de Monaco sorti au tour préliminaire en 2005-2006 à la farce auxerroise de 2010-11. Le Portugal, voire la Russie et l’Ukraine, sont à nos trousses, et chaque but, chaque point marqué compte cher.

Ce n’est pas le problème de Montpellier ? Peut-être. Quoique… La légitimité d’un club à jouer la Ligue des Champions doit aussi être jaugée à l’aune de sa capacité à la tolérer. J’ai quelques doutes, que l’examen d’un passé récent légitime tout autant. Je parle ici de Monaco, 10e de L1 en 2006 ; de Lille, 10e en 2007 après s’être littéralement effondré (sept points lors des dix dernières journées) après son élimination en huitièmes de finale de C1 face à Manchester United (0-1, 0-1) ; de Bordeaux, 6e en 2010 après avoir mené la troupe jusqu’à la 25e journée. Je parle encore d’Auxerre, 9e en 2011 et encore relégable au soir de la 30e journée.  

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Pas convaincus ? Je finirai en évoquant une histoire dont le rappel rend l’épopée des Jourdren, Yanga-Mbiwa et autres Belhanda moins exceptionnelle, mais tout aussi inquiétante : celle du Toulouse Football Club des années 2001-2008. Relégué administrativement de L1 en National à l’été 2001, le TFC s’en était extirpé in-extremis au printemps 2002, ne devançant l’ASOA Valence qu’à la différence de buts…

Cinq ans plus tard, profitant de l’effondrement lillois du printemps 2007 et d’une 38e journée miraculeuse (égalisation de Fauvergue _et non pas Robail, merci à un lecteur vigilant_ à la 93e minute de Lille – Rennes, défaite de Lens 3-0 à Troyes, déjà relégué), le club désormais présidé par Olivier Sadran, 442e fortune française au classement Challenges 2011 (75 millions d’euros) obtenait un strapontin pour le troisième tour qualificatif de la Ligue des Champions.

L’affaire, marquée du sceau de l’hyper-présidentialisme de Sadran, avait failli mal tourner. Recrutement calamiteux, management désastreux, éliminations pathétiques en C1 face à Liverpool (0-1, 0-4) dès le mois d’août, puis en phase de poules de C3. Et pour couronner le tout, une saison nationale manquée dans les grandes largeurs : éliminations au premier tour en Coupes de France et de la Ligue et 17e place en L1 avec sauvetage assuré à la dernière journée. Bilan : départs d’Elie Baup et Johann Elmander, héros de l’année précédente.

L’histoire repasse-t-elle toujours les plats ? Ou jamais ? Louis Nicollin, René Girard et Olivier Giroud sont-ils d’une autre trempe ?  L’exceptionnel est-il soluble dans le raisonnable ?  

Ma foi, je vous laisse juge.

(Crédits photos : Panoramic)

L’auteur

A propos de ce blog

On peut toujours croire que le foot est un sport, a fortiori un sport démocratique. On peut toujours prétendre que le foot n’est qu’affaire de système de jeu et de culture tactique. Clamer, quand on n’y comprend plus rien, que « tout peut arriver dans le football », selon l’une des croyances les plus établies de la doxa médiatique.

Geoffroy Garétier nourrit depuis des années une pensée inverse. Consultant sur les antennes du groupe Canal Plus (les Spécimens sur Canal+ Sport, les Décodeurs sur Infosport+, 20h foot sur itélé), il fait partager avec ferveur sa conviction ultime : plus le niveau monte, plus « c'est joué d'avance ». Plus le nombre des participants augmente, plus l’audience progresse et plus le cercle des vainqueurs se réduit, en proportion comme en valeur absolue.

Le concept de Footballogie est né d’un triple constat. Un : il est temps d’admettre que le football est bien plus qu’un sport, voire probablement, pas un sport du tout. Deux : il est temps d’élargir le champ de l’analyse sportive, depuis trop longtemps confiné dans les limites chronométriques du match et les tromperies de son apparence. Trois : tout menant au foot et le foot menant à tout, il est temps de lui octroyer le label « fait social total » imaginé par Marcel Mauss, chercheur visionnaire et pionnier de l’anthropologie en France.

Bourdieu l’aurait dit : la Footballogie est un sport de combat. « Footballogie », le blog, s’adresse à tous ceux que le foot fascine et fait vibrer, tous ceux qui savent que passion et lucidité ne recèlent pas d’incompatibilité. Avec, pour seuls parti-pris, l’humour, l’imagination et la libre pensée…

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