Yoann Gourcuff ne jouera pas l'Euro 2012 avec les Bleus, soit. Et alors? Rien, sur les deux dernière années, ne justifiait sa sélection; sportivement, mentalement, médiatiquement. Dans ces trois domaines-clé, le milieu de terrain de l'Olympique lyonnais était respectivement un fantôme, un ersatz, une créature.
Hormis quelques coups de patte réminiscents, quelques éclairs mimétiques, Gourcuff n'aura jamais existé en tant que "successeur" de Zinédine Zidane, comme l'avait annoncé trop tôt, trop vite, un journal jadis considéré comme "de référence".
Si "successeur" il devait être,
Je tourne la page. Je regarde devant. Et le n°10 que j'aperçois, courir en foulées élégantes sur la pelouse historiquement hype du Stade Auguste-Delaune de Reims, c'est celui de Karim Benzema. Qu'on ne s'y trompe pas: le "successeur", l'héritier des Kopa, Platini et Zidane, c'est lui. L'avant-centre du Real Madrid, 43 sélections en Équipe de France, 13 buts.
Cela fait quatre ans maintenant, depuis les mois ayant précédé l'Euro 2008, que je le répète inlassablement. Sans un Benzema parvenu à maturité, les Bleus de Blanc, ou de celui qui viendra après, n'ont rien à espérer d'une grande compétition. Rien, sauf à rester englué au premier tour. Le Mondial 2010 en fut la preuve et sa non-sélection par Raymond Domenech, la clé: l'affaire du bus de Knysna ne pourra jamais lui être reprochée.
Il est vrai, côté obscur, que la présence de Benzema à l'Euro 2008 n'empêcha pas l'élimination des Bleus au premier tour de l'épreuve. 20 ans, c'était un peu court pour le jeune homme, question maturité. Comme celle des Bleus au premier tour du Mondial 1954, Kopa avait 22 ans. L'âge de Platini au Mondial 1978, avec même issue pour les Bleus.
Sans un homme providentiel, cette récurrence française dont De Gaulle fut l'ultime avatar politique, dont Kopa puis Platini puis Zidane furent les relais formels de 1958 à 2006 (du Général à Chirac, pour faire simple), la France, y compris sous l'identité de son équipe nationale de football, a rarement dépassé l'ordinaire, voire le banal.
Version foot de la banalité: un quart-de-finale du Mondial 1938 comme sommet. Puis le désert. Jusqu'à...
...Raymond K: demi-finale du Mondial 1958 et de l'Euro 1960. Puis le désert. Jusqu'à...
...Michel P: victoire à l'Euro 1984, demi-finale des Mondial 1982 et 1986... Puis...
Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler le palmarès des Bleus sous le magistère de Zinédine Z.
Alors que Karim Benzema, a 24 ans, est devenu l'un des rouages essentiels de l'exigeantissime Real Madrid de José Mourinho, il est temps de rappeler, en revanche, les paramètres qui le relient à la prestigieuse lignée sus-nommée (et le séparent de Gourcuff, en passant):
1/Avoir atteint le grade de meilleur joueur de France dans sa première période. Kopa à Reims, Platini à Nancy puis Saint-Étienne, Zidane à Bordeaux, Benzema à Lyon.
2/Avoir réussi dans le (l'un des) meilleur(s) club(s) d'Europe en son temps: Juventus pour Platini et Zidane, Real pour Kopa, Zidane et Benzema.
3/Avoir subi et surmonté des premiers mois difficiles dans sa nouvelle maison, blanca ou bianconera.
Reste le 4e élément: le Ballon d'Or. Contrairement à ses aînés, Kopa et Platini,
L'Euro, toutefois, tombe à point nommé pour lui permettre de se relier à la troïka légendaire par le quatrième pilier. Que Benzema soit à son top mettrait, met, la France dans la position de vainqueur potentiel, aux côtés de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Russie ou de l'Italie. Par effet boomerang, une troisième victoire française à l'Euro mettrait le meilleur joueur français 2008 (trophée UNFP) dans celle de vainqueur potentiel du ballon d'or 2012.
La boucle serait ainsi bouclée; la lignée, prolongée. C'est pourquoi les égos bleus, ceux de Ribéry, Menez ou Nasri, doivent être fondus et unifiés derrière le panache du dénommé Karim B.: tous derrière Benzema!
Je ne vois pas en quoi cette comparaison est plus pertinente que celle de l'équipe...
S'il faut dans 2 ans après le mondial, l'histoire allant, on parlera (ou pas) de la chronique de Geoffroy Garétier qui faisait une comparaison complètement tordue entre Benzema et ces illustres ainés...
Oui l'équipe de France a toujours fonctionné avec des joueurs de grand talent (comme Gourcuff ou Benzema), avec un gros mental (raté pour Gourcuff...), et un grand charisme (raté pour les 2...)
En fait, plus que ça, la France a toujours avancé parce que plus de coaches charismatiques, elle avait des joueurs capables de prendre leur relai sur le terrain, à montrer la voie, faire avancer l'équipe, des roquets, à très fort charisme.
Or ce qu'il manque à la france, c'est ça... du charisme... yen a pas sur le terrain... Pas un Deschamps, pas un Fernandez, (le reste est trop vieux pour moi)...
Le talent ne suffit pas !
je pensais que le football étais un jeu d'équipe ou il faut préserver l'unité de l'équipe et arréter de gonfler les chevilles de tel et tel joueurs.
Grace à vous les journaliste nous n'avons que des égoistes sur le terrain (ribéry, ben arfa, menez etc enfin un sport individuel: le FOOTBALL
C'est votre avis, et je dois dire qu'il est intéressant, surtout concernant les "roquets charismatiques".
benzema est au top plus que les autres
Faudrait-il, pour sacrer Benzema nouveau dépositaire du jeu, le faire reculer en un 10 à la Zico ?.. Et pourquoi pas ? Même si évidemment, il n'a pas ce rôle à la Maison Blanche de Castille...
Votre analyse est intéressante. Effectivement à chaque fois que l'équipe de France a remporté des titres internationaux, elle avait dans ses rangs un chef d'orchestre. Mais soyons complet, le profil de ce joueur central est d'être un vrai numéro 10, il ne suffit pas d'être le leader technique de l'équipe, il faut aussi avoir une vision du jeu exceptionnelle et une capacité hors norme pour faire basculer un match à soi tout seul, même face à de grosses cylindrées comme le Brésil ou l'Allemagne. Benzema, malheureusement, ne répond pas à ce profil.
Si beaucoup ont vu en Yoan Gourcuff le successeur de Zidane, c'est bien parce qu'on sent chez lui, cette âme de meneur de jeu, de joueur capable sur une passe, un dribble, un contrôle de mettre en difficulté l'quipe adverse.
Respect Monsieur Garetier, vous avez tout compris n'en déplaise aux footix.
En fait, il faut RECYCLER Benz en 10, il en a le potentiel et largement. Il aurait fallu l'envoyer chez Sir Alex qui l'aurait formaté et poli.
Et il faut un vrai sélectionneur en edf pour construire une équipe autour de lui et travailler à long terme (CDM 2014 par ex), mais ce n'est qu'un doux rêve...les blanc et fff font plus dans le bricolage...
J'avais de mon côté prédit un quatuor formé des Pays-Bas, de l'Allemagne, de l'Italie et de la France en demi finales ( curieux non cette ressemblance avec 1982 et 2006 avec les Pays-Bas qui remplacerait la Pologne et le Portugal ) , reste qu'à même pas 25 ans Benzema serait en avance sur Platini de 4 ans ( Euro 84 victorieux ) et de Trois ans sur Kopa ( Mondial 1958 ), il me semble que la maturité footballistisque se situant plutôt aux alentours des 27-28 ans il nous faille patienter 2 ou 3 ans, disons juste après le Mondial 2014 au Brésil ce qui devrait coincider peu ou prou avec l'Euro 2016…..en France.
Je crains que cet Euro ne soit qu'une brillante répétition et que l'un des 3 autres évoqués par moi plus haut ne vienne récupérer le trophée, et dans ce rôle là je verrai bien soit les Pays-Bas ( comme en 1988 ) soit l'Allemagne......mais vous avez raison la France ne devrait pas être si loin que ça du compte.