L'important ne relève ni de la simple logique sportive ni du classement du championnat, dont l'équipe entrainée depuis l'été 2008 par Rudi Garciaoccupe une provisoire 3e place après sa victoire inaugurale (2-1) à Saint-Étienne, le 11 août. L'important dépasse le respect, ou pas, de la logique statistique d'un duel dont les Lillois ont remporté les cinq derniers volets joués hors du stade Marcel Picot de Nancy.
Ce soir, pour la première fois huit ans, le Lille Olympique Sporting Club va jouer un match de L1 à domicile (1). En ce 17 août 2012, alors que
C'est ça qui est important.
Du crépuscule de Grimonpreez-Jooris à l'aube de la Borne de l'Espoir, la nuit aura duré dix ans. C'est le délai moyen d'attente, en France, pour s'extraire de l'archaïsme et "entrer dans l'Histoire", comme le clama naguère un résident élyséen.
Modernité? Non: normalité. Un stade de cinquante mille places ou plus avec toit rétractable,
Avec ou sans toit, de Glasgow à Donetsk, de Porto à Saint-Pétersbourg, le "50000" est de fait devenu le minimum vital dans l'espace footballogique européen, le seuil existentiel dans l'indépassable problématique du foot-business: booster ses recettes (dix-huit millions annuels dans le cas du LOSC) afin de se qualifier (ou tenter de) chaque saison pour la Ligue des Champions, tout en restant dans les clous virtuels du fair-play financier ourdi par l'Uefa tel un complot schizoïde.
Un chiffre: la capacité moyenne des vingt-deux qualifiés d'office pour la prochaine édition de la Ligue des Champions avoisine les 54000 sièges. Même du côté de Chelsea, champion d'Europe en titre, la quête d'une enceinte plus vaste et rentable que Stamford Bridge est devenue l'objectif majeur des quatre ans à venir; est devenue l'objectif prioritaire: avec ses 42000 places, l'historique arène de Fulham Road ne fait plus l'affaire.
Vu comme ça, son "Grand Stade" fait de Lille un club moyen, pour l'instant. Disons "moyen supérieur". Autre élément d'analyse: le visage sociologique du mercato lillois. Tête de gondole des acquisitions:
Voilà pourquoi l'écho du Grand Soir doit résonner bien au-delà d'un simple Lille-Nancy. A l'horizon proche se profilent deux rendez-vous autrement décisifs. 29 août: Lille - FC Copenhague, match retour des barrages de la Ligue des Champions, à laquelle le club de Michel Seydoux vise une quatrième participation lors des huit dernières saisons (3). La revalorisation des gains issus du "market pool" assure en effet un minimum garanti de vingt millions d'euros aux clubs français pour une élimination en phase de poule; une manne dont le LOSC ne peut se passer en l'état.
Quatre jours plus tard, le 2 septembre: Lille - PSG, choc de la quatrième journée de L1, en direct sur Canal+. Il serait étonnant que les dirigeants parisiens, notamment la troïka El Khelaifi - Blanc - Leonardo, n'y puisent pas quelque motivation supplémentaire dans leur désir, même diplomatiquement réfréné, de quitter le Parc des Princes et ses 47000 places pour un lieu plus conforme au nouveau standing mondialisé du vainqueur de feue la Coupe des Coupes, en 1996.
Question subsidiaire: un grand stade fait-il un champion de France? De l'avis général, la réception le 2 septembre du PSG mercatique (Ibrahimovic, Thiago Silva, ex-AC Milan, Lavezzi, ex-Napoli...) par ce LOSC post-hazardeux devrait résumer la lutte pour le 74e titre de champion de France professionnel.
Si l'analyse footballogique n'est pas hostile à cette vision, d'autres hypothèses existent qui méritent d'être évoquées. Ce sera l'objet d'un (très) prochain post.
Juste après le "Grand Soir".
(1) "Délocalisé" au Stadium Nord de Villeneuve d'Ascq depuis le début de la saison 2004-05, le LOSC a joué, en 2005-06, ses trois matches "à domicile" de la phase de poule de la Ligue des Champions au Stade de France, ainsi que deux matches de L1 face à Lyon, les 1er mars 2008 (0-1) et 7 mars 2009 (2-0).
(2) Né en 1944 de la fusion de l'Olympique lillois et de Sporting Club de Fives, le LOSC fut sacré en 1946, 1954 et 2011.
(3) En France, seuls l'OL et l'OM ont fait mieux que le LOSC sur la même période, mais ils n'y seront pas cette année, faute d'avoir pu disposer à temps de leur propre cathédrale: à Marseille, le "Grand" Stade Vélodrome de 67000 places ne sera achevé qu'en 2014; à Lyon, le chantier de l'OL Land n'a toujours pas débuté, la livraison du futur Stade des Lumières n'étant pas programmée avant la saison 2015-16.
Construit à la va-vite, sans le moindre respect pour les habitants de villeneuve d'ascq avec de la corruption... Une petite expulsion de roms qui faisaient tache dans le paysage. Et tout va bien ...
http://www.marianne2.fr/Coup-d-envoi-pour-le-Grand-Stade-de-Lille-malgre-les-soupcons-de-corruption_a220299.html?com#comments
Les pressions sont telles contre les opposants à cette folie qu'il vaut mieux rester anonyme ...
Bonjour, Avant de se focaliser sur les 50000 places, il faut une équipe qui donne envie à ses supporters de se déplacer. Si c'est le cas alors OUI un grand stade peut faire un grand Club. Il n'y a pas de lézard, c'est encore et toujours l'argent qui mène la danse...malheureusement !
Bonne journée !
Rien à dire sur le billet très juste et impitoyable.
Que dire sur le stad ou j'étais hier soir? Sans âme, parpaing et poutrelles apparentes... Le lieu n'attire guère mais l'enceinte est impressionnante... Envie d'y voir des grands spectacles...
Que dire du losc? Trop de départs en 2 ans, l'équipe à perdu son fond de jeu, les automatismes ne sont pas la, rien n'a remplacé les appels de balle de gervinho et les accélérations d'hazard.... Restent balmont l'infatigable, mavuba le pilier.et Beria et chedjou les remparts.
. Martin s'enferme, de melo est mal placé, kalou reste en demi teinte, pedretti distribue un peu de jeu, pâyet est inconstant, rozenhal progresse, roux rentré trop tard... Un motif d'espoir: digne... Impeccable et très sur de lui
Qui vivre verra, je me suis abonné aux 2 pour le meilleur pour le pire...